mardi, février 16, 2010

Ruppert et Mulot: séance de dédicaces

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Nous vous avons parlé il y a peu de l'excellent album Irène et les Clochards paru à L'Association fin 2009 (voir chronique plus bas). C'est donc avec un immense plaisir que nous vous annonçons la venue de messieurs Ruppert & Mulot pour une séance de dédicaces qui devrait être aussi décalée que leur oeuvre est innovante...
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Les inscriptions se font à la librairie ou par mail en nous écrivant à l'adresse info@multibd.com.
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Lien vers le site officiel de Ruppert & Mulot
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Notre Chronique:
Irène et les clochards ou l'autre visage de Ruppert & Mulot
En quatre ans et sept ouvrages, Florent Ruppert & Jérôme Mulot ont bien vite quitté leur statut de jeunes auteurs "révélation" pour celui d'auteurs incontournables. Leur oeuvre, puisque l'on peut déjà parler d'oeuvre, s'est construite autour d'une volonté de renouvellement constant et de recherches graphiques et narratives aussi ludiques que pertinentes. Débordant du cadre strict du livre et de la Bande Dessinée, ils utilisent internet comme espace de rencontre et de duels entre dessinateurs, les séances de dédicaces comme des occasions de "happenings" et vont jusqu'à monter de véritables performances où la participation du public servira de terreau à leurs projets en cours. Avec
Irène et les clochards, Ruppert & Mulot marquent une nouvelle étape dans leur parcours créatif puisqu'ils nous proposent de découvrir un drame où leur légendaire humour caustique sera mis entre parenthèse. Les deux auteurs n'en délaissent pas moins tous les thèmes qui leur sont chers. Au contraire. Avec le personnage d'Irène, jeune femme perdue dans notre société et dans son propre corps rongé par la maladie, ils s'offrent la possibilité d'exprimer sans retenue cette violence crue qu'ils représentent depuis leur début mais dans un cadre qui est ici profondément intime (pour ne pas dire viscéral). Irène, au travers de "rêves" éveillés, laissera son imagination prendre le pas sur la réalité pour mieux vaincre toutes les frustrations, les peines et les désillusions de son quotidien. Véritable "coup de poing" comme les albums Jolies Ténèbres de Vehlmann & Kerascoët et Blast de Manu Larcenet parus en 2009, Irène et les clochards est le premier volet d'un cycle qui ne laissera pas nos esprits sans ecchymoses.



dimanche, février 14, 2010

Les "Causeries" du Labo "Pierre Feuille Ciseaux"

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Les quatre "causeries" de la première édition du Laboratoire Pierre Feuille Ciseaux sont désormais en ligne. Il vous suffit de cliquer sur la photo ci-dessus pour écouter les débats que j'ai eu la chance de co-animer avec Xavier Guilbert & Fabien Texier et où furent conviés Etienne Davodeau, Marc-Antoine Mathieu, Ronald Grandpey, Cédric Manche, Florent Ruppert, Emmanuel Guibert, l'ami June, William Henne, Guillaume Long, Isabelle Pralong, Joanna Hellgren, Alex Baladi, Benoît Preteseille & Jean-Christophe Menu. N'étant pas un grand habitué des débats publics, j'espère que vous m'excuserez pour mes questions parfois un peu hésitantes. En introduction à la troisième causerie, vous pourrez aussi écouter une version très abrégée de ma conférence sur la Représentation du Trauma dans la Bande Dessinée autobiographique (dont je vous avais parlé ici). Bonne écoute! Nicolas.


mercredi, février 10, 2010

Radio GrandPapier: émission spéciale "Angoulême"

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La deuxième de Radio GrandPapier est désormais disponible en podcast ou en téléchargement sur le blog de l'émission que vous pouvez atteindre en cliquant sur l'image ci-dessus. Cette "spéciale Angoulême" est composée d'une présentation du Palmarès, de plusieurs entretiens menés lors du Festival (Matthieu Bonhomme, Serge Ewenczyk des éditions Cà et Là, Thomas Bernard & Morgan Charpentier des éditions Requins Marteaux), d'une nouvelle capsule d'Erwin (sur la création du Journal de Tintin) et de présentation d'albums (dont le Gaza 1956 de Joe Sacco qui était présent à Angoulême cette année). Bonne écoute. Nicolas.


A redécouvrir: "J'ai tué Adolf Hitler" de Jason

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A l'occasion de leurs 10 ans, les éditions Carabas rééditent l'excellent album J'ai tué Adolf Hitler dans une version au dos toilé. Avec ce récit, l'auteur norvégien Jason nous emmène sur les traces d'un tueur à gages à qui l'on propose un contrat inattendu; celui de remonter dans le temps et d'abattre Adolf Hitler. Le professionnel accepte mais divers imprévus rendront sa tâche particulièrement ardue. Cette chasse à l'homme bouleversera sa vie et celle de l'être cher qu'il a dû impliquer avec lui dans cette aventure. Jason maîtrise à la perfection l'enchaînement des rebondissements qui rythment cet album. Il nous fait passer de surprises en surprises pour conclure par un final aussi génial qu'émouvant. Et c'est ce dernier aspect qui me touche le plus dans son travail: il parvient à me faire vivre des aventures improbables d'où se dégagent des émotions pronfondément justes. Nicolas.
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Lien vers la présentation de J'ai tué Adolf Hitler
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J'ai tué Adolf Hitler de Jason, éditions Carabas

mercredi, janvier 13, 2010

Radio GrandPapier: la première!

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La "première" de Radio GrandPapier est désormais disponible en podcast et en téléchargement sur le site internet de l'émission. On y accueillait La Grenouille Noire et le duo Patar & Aubier, les réalisateurs de Panique au Village. La première photo présentée ci-dessus dévoile les invités en train de savourer les bières remportées lors du "Quizz BD". Notons aussi la présence de Stéphane Noël à leurs côtés et celle de David Libens, Philippe Vanderheyden & Vincent Degrez à l'arrière-plan. La seconde photo nous révèle les visages de Philippe et Vincent à quelques minutes du lancement du direct... La tension monte... 19h26... Plus que quatre minutes... Cédric Manche, Bert et Jean-François Henrion s'activent en régie tandis que David et Stéphane font un dernier point sur leur rubrique baptisée "Segments autobiographiques"... Ca y est... L'émission est à l'antenne... Et vous découvrirez le résultat en cliquant ICI. Bonne écoute!

mercredi, janvier 06, 2010

Radio GrandPapier

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J'ai le plaisir de vous annoncer la création de l'émission Radio GrandPapier où l'on parlera de bandes dessinées (alternatives & mainstream) le premier mercredi de chaque mois entre 19h30 et 21h30. Vous pourrez écouter la première émission dès aujourd'hui (mercredi 06 janvier) sur 92.1fm, en streaming sur le site de Radio Campus ou par podcast dès dimanche. Les invités de ce mercredi sont La Grenouille Noire et le duo Patar & Aubier, les réalisateurs de Panique au Village. De plus amples informations sur le blog de Radio GrandPapier.

mercredi, décembre 09, 2009

Les Albums 2009 de la librairie

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Après La Mémoire dans les Poches en 2006, Là où vont nos Pères en 2007 et Spirou: Le Journal d'un Ingénu en 2008, l'équipe de la librairie Multi BD a le plaisir de vous annoncer que son choix pour l'Album de l'Année 2009 s'est porté sur le troisième tome de Rosalie Blum qui clôt la superbe trilogie de Camille Jourdy!
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LA CHRONIQUE:
Il n'y a rien de moins banal que les personnages "ordinaires" de Camille Jourdy!!!
Prenez par exemple Vincent Chamal, ce jeune trentenaire privé de toute aspiration professionnelle ou sentimentale à cause du chantage affectif d'une mère quelque peu dérangée... Rien ne le prédestine à sortir des clous et pourtant son quotidien deviendra une aventure de tous les instants lorsqu'il décidera de tromper son ennui en se lançant dans la filature d'une mystérieuse inconnue. Pas totalement inconnue en réalité et c'est bien là que réside son mystère... Vincent Chamal la connaît. Il en est certain. Mais d'où? Pourquoi le visage de Rosalie Blum le hante-t-il à ce point? Pourquoi sa mémoire lui joue-t-elle ce mauvais tour qui vire à l'obsession? Combien de temps pourra-t-il suivre cette femme énigmatique sans se trahir? Ce que Vincent Chamal ignore c'est que son étrange attitude a déjà éveillé la curiosité d'une tierce personne qui le surveille étroitement... Camille Jourdy croise ainsi les destins de ses personnages pour nous offrir une trilogie riche en rebondissements et en purs instants de plaisir. Des instants tendres et décalés comme l'équipe de la librairie les aime tant. (Nicolas)
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Présentation sur le site de l'éditeur
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Rosalie Blum tome 3 de Camille Jourdy, Actes Sud BD
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Les autres ouvrages sélectionnés par la librairie pour cette année 2009 sont présentés sur le site de Multi BD


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Il me serait aussi bien difficile de terminer l'année sans évoquer l'album Asterios Polyp paru aux Etats-Unis il y a quelques mois et qui devrait être traduit en français l'an prochain. David Mazzucchelli (Batman: Année Un, Daredevil: Born Again, Big Man) nous offre ici un ouvrage intimiste où il exploite avec génie toutes les subtilités de cette langue qu'est la Bande Dessinée. Il y met en scène le personnage d'Asterios Polyp, un brillant architecte qui ne parvient qu'à sauver trois objets précieux de sa maison en feu. Il devra cependant s'en séparer pour comprendre leur valeur et celle des proches qui leur sont associés... Un magnifique voyage! (Nicolas)
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Présentation sur le site de l'éditeur
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Asterios Polyp de David Mazzucchelli, Pantheon Books


mercredi, décembre 02, 2009

Trois "coups de coeur"

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Irène et les clochards ou l'autre visage de Ruppert & Mulot
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En quatre ans et sept ouvrages, Florent Ruppert & Jérôme Mulot ont bien vite quitté leur statut de jeunes auteurs "révélation" pour celui d'auteurs incontournables. Leur oeuvre, puisque l'on peut déjà parler d'oeuvre, s'est construite autour d'une volonté de renouvellement constant et de recherches graphiques et narratives aussi ludiques que pertinentes. Débordant du cadre strict du livre et de la Bande Dessinée, ils utilisent internet comme espace de rencontre et de duels entre dessinateurs, les séances de dédicaces comme des occasions de "happenings" et vont jusqu'à monter de véritables performances où la participation du public servira de terreau à leurs projets en cours. Avec Irène et les clochards, Ruppert & Mulot marquent une nouvelle étape dans leur parcours créatif puisqu'ils nous proposent de découvrir un drame où leur légendaire humour caustique sera mis entre parenthèse. Les deux auteurs n'en délaissent pas moins tous les thèmes qui leur sont chers. Au contraire. Avec le personnage d'Irène, jeune femme perdue dans notre société et dans son propre corps rongé par la maladie, ils s'offrent la possibilité d'exprimer sans retenue cette violence crue qu'ils représentent depuis leur début mais dans un cadre qui est ici profondément intime (pour ne pas dire viscéral). Irène, au travers de "rêves" éveillés, laissera son imagination prendre le pas sur la réalité pour mieux vaincre toutes les frustrations, les peines et les désillusions de son quotidien. Véritable "coup de poing" comme les albums Jolies Ténèbres de Vehlmann & Kerascoët et Blast de Manu Larcenet parus cette année, Irène et les clochards est le premier volet d'un cycle qui ne laissera pas nos esprits sans ecchymoses.
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Irène et les Clochards de Ruppert & Mulot, L'Association
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Historique : le premier ouvrage d'heroic fantasy à L'Association…
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L'Association clôt l'année 2009 comme elle l'a débuté; elle nous offre un nouvel album du génial auteur sud-africain Joe Daly. Après la traduction de l'halluciné Scrublands en 2007 et de l'hallucinant Red Monkey dans John Wesley Harding en janvier, voici qu'arrive déjà le premier tome de Dungeon Quest où le lecteur se plongera dans une aventure dont Lanfeust ou Thorgal ne pourraient sortir très valeureux. Ici, ca "marave" comme diraient Trondheim & Sfar dans leurs Donjon. Ici, on se latte à coups de pied de biche et de chaînes en attendant de trouver un "shillelag en galet" ou un "arc léger du pic barbu" pour augmenter ses "stats" de combat et infliger des dégâts plus importants. Car Dungeon Quest est une aventure de jeu de rôle qui démarre dans la petite ville résidentielle de Glendale où quatre jeunes déoeuvrés vont prendre leur destin en main pour partir dans une quête aussi extraordinaire qu'improbable. Après s'être faits la main sur quelques délinquants, Millenium Boy (le maître du jeu et "grand poète"), Steve (le maître voleur pas très "vif" pour un maître voleur), Lash Pénis (l'athlète herculéen et artiste torturé à ses heures) et la silencieuse archère Nedgirl affronteront taupards, squelettes pirates et autres créatures fantastiques dans des combats qui ne laissent place à aucune pitié. Ici, c'est la loi du plus fort et c'est bien dans les dialogues que Joe Daly impose la sienne. Chaque planche comporte en effet sa réplique culte, son moment fulgurant et jouissif de grand n'importe quoi, un peu comme si le Pascal Brutal de Riad Sattouf remplaçait Gandalf à la tête de la Communauté de l'Anneau... ou si Jean-Claude Van Damme était choisi pour incarner ce rôle à l'écran…
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Dungeon Quest tome 1 de Joe Daly, L'Association
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The Moo Factory : dix planches par jour, un mois durant…
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On se chagrine souvent que les auteurs franco-belges prennent plus d'un an pour peaufiner de beaux ouvrages… et puis soudain l'on découvre l'anomalie qui vient gripper les rouages de notre patience résignée. La Grenouille Noire (a.k.a. The Black Frog) bouscule nos vieilles habitudes en se posant comme défi de réaliser une série d'albums de trois cents pages dont chaque volume fut conçu en près de 30 jours. On me dira que le niveau des ouvrages doit en pâtir et je répondrai qu'il n'en est rien. Son dessin n'est pas bâclé, il est vif, aussi vif que ses noirs sont profonds. Car La Grenouille Noire est, pour paraphraser le titre du deuxième tome de Broussaille, ce que l'on peut appeler un "sculpteur de lumière". Comme Mike Mignola, Alex Toth, Hugo Pratt et de nombreux auteurs sud-américains tels Breccia, Trillo, Risso ou Munoz, il utilise l'obscurité comme une masse compacte pour modeler ses personnages et ses décors. Ses récits, ses fables, deviennent ainsi de véritables fresques qui nous plongent, comme les frontons du Parthénon, dans des épopées où se mêlent les simples mortels, les êtres fantastiques et toute notre humanité dans ce qu'elle a de plus vile et de plus sublime. Les carnets de la Grenouille Noire sont une Odyssée où l'auteur tient simultanément les rôles d'Homère et d'Ulysse. Il est à la fois le narrateur et le héros d'une quête aussi ancestrale que passionnante, celle d'exceller dans l'art de conter des histoires.
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Moo Factory (Les Carnets de la Grenouille Noire #1) de La Grenouille Noire, Ankama CFSL Ink
Conscient de Vacuité (Les Carnets de la Grenouille Noire #0) de La Grenouille Noire, Ankama CFSL Ink
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A bientôt,
Nicolas

mercredi, novembre 25, 2009

"H27" ou Bruxelles en plein chaos

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Suite à une succession inquiétante de décès causés par le virus H27, la ville de Bruxelles est placée en quarantaine. Plus aucune personne n’est autorisée à pénétrer dans la capitale ou à en sortir… La population vit dans l’angoisse face à l’incapacité du gouvernement et des autorités locales à endiguer une épidémie d’une rare virulence. Victimes des mêmes symptômes terrifiants que ceux du virus Ebola, les malades décèdent dans les deux ou trois jours qui suivent leur infection. Cloîtrés dans leurs maisons, les Bruxellois voient défiler sous leurs fenêtres les équipes médicales mais surtout les camions transportant les corps, chaque jour plus nombreux, de ceux qui contractèrent le H27. Dans leur colocation, quelques amis étudiants tentent de se serrer les coudes et de trouver de quoi se ravitailler lors de brèves expéditions dans cette ville qui ne sera plus jamais familière. Il leur sera pourtant difficile de ne pas sombrer dans la paranoïa qui affecte tout un chacun. Surtout lorsque l’un d’entre eux sera pris d’une fièvre alarmante…
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En octobre 2007, la grippe A/H1N1 est encore loin de devenir un sujet d’actualité dont la diffusion dans les médias se fera de manière « pandémique »… Younn Locard débute pourtant à l’époque l’écriture du récit nommé « H27 » dont le thème résonne aujourd’hui de manière très particulière. Publiée progressivement sur le site GrandPapier, l’histoire de Younn Locard nous dévoile au jour le jour l’évolution des relations qui unissent un groupe dans une situation de crise extrême… Comme dans l’excellent Walking Dead de Kirkman, Moore & Adlard, l’auteur interroge chacun sur ce qu'il serait capable de faire pour assurer sa survie. Mais ici, il nous interroge nous, Belges et Bruxellois…
Un excellent bouquin à découvrir sans attendre (car qui sait ce qui nous arrivera dans 2 ou 3 jours)...
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H27 de Younn Locard paru à l'employé du Moi
Présentation de H27 sur le site de l'employé du Moi
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A bientôt,
Nicolas

vendredi, novembre 20, 2009

Cachet XeroXed pour le "George Sprott" de Seth

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C'est avec beaucoup de plaisir que je vous présente ce beau cachet conçu par SETH, l'un des auteurs majeurs de la Bande Dessinée contemporaine. Après des ouvrages aussi importants que La Vie est belle malgré tout, Wimbledon Green ou Palooka Ville, l'auteur canadien nous revient avec un joyau baptisé George Sprott: 1894-1975. Sous son format hors-norme hérité de sa pré-publication partielle dans le prestigieux New York Times, ce magnifique livre-objet nous propose de partir à la découverte de l'étrange personnalité d'un dénommé George Sprott. Construite sur le modèle de Citizen Kane et influencée par le Jimmy Corrigan de Chris Ware, la narration se développe autour des témoignages variés de ceux qui côtoyèrent de près ou de loin ce présentateur de télévision qui se fît connaître par le récit des explorations arctiques qu'il disait avoir menées. Fiction ou réalité? Ou subtil mélange des deux? George Sprott est l'un des "grands" albums de cette année 2009.
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(Le cachet exclusif pour la librairie Multi BD est limité à 150 exemplaires. Il n'influe en rien sur le prix de vente de l'album - George Sprott est disponible en français chez Delcourt et en anglais chez Drawn & Quarterly)
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A bientôt. Nicolas.

samedi, octobre 24, 2009

Pierre Feuille Ciseaux: première édition...

Dans un post précédent, j'annonçais le laboratoire Pierre Feuille Ciseaux sous le titre "Le Beau Labo". Après y avoir participé, je reviens sur mes mots. Cet événement, ce fut avant tout "un beau cadeau". Alors je commencerai par des remerciements. Merci June de m'avoir convié à co-animer les "causeries" avec Xavier Guilbert (du9.org) et Fabien Texier (plan-neuf.com). Merci à David, à Lionel & Adeline (de la Saline royale) et à tous les volontaires de l'Asso Chifoumi qui ont abattu un travail tout simplement titanesque. Merci à tous ces auteurs qui, animés par leur talent, leur génie et surtout leur disponibilité et leur simplicité, ont placé cette semaine hors du temps. Merci à eux d'avoir accepté de répondre sans détour à nos questions (malgré notre organisation un peu brouillon au démarrage). Merci à Cédric, William, Isabelle, Florent, Emmanuel, Sarah pour leurs mots encourageants après ma conférence. Merci à ceux que j'oublie. Merci à Xavier pour ces longues discussions passionées. Merci à tous, vraiment, pour ces moments précieux et ces merveilleuses rencontres. Chères lectrices, chers lecteurs, je crois que vous l'avez compris, vivement la seconde édition!!!
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Voici un bref aperçu en photos de la première édition de Pierre Feuille Ciseaux... De nombreuses photos sont aussi disponibles sur d'autres sites répertoriés sur l'espace officiel de l'événement.
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1. La Saline royale, c'est avant tout un cadre somptueux où peut de se déployer toute l'énergie de la créativité... un peu comme un grand bol contenant ce qu'il faut de café...

2. L'utilisation du mégaphone était rendue indispensable par les dimensions hors norme du site (je salue ici le vaillant bénévole qui annonça nos "causeries" tout au long du week-end).

3. L'architecte Claude-Nicolas Ledoux a pensé à installer d'étranges oeils-de-boeuf sur tous ses bâtiments afin de permettre au flot créatif des auteurs de s'écouler en dehors de l'enceinte...

4. Installation des sièges des invités aux "causeries". Merci "Dada", merci cher(e)s bénévoles.

5. Mauvaise photo d'un homme de l'ombre: Lionel de la Saline royale. Je n'ai pas de photo d'Adeline (la femme de l'ombre) mais son efficacité ne sera pas oubliée...

6. Un homme face à son destin: June. L'image est emblématique. Je l'ai vu souvent, de loin, parcourant des kilomètres pour relier les points névralgiques de cet événement. PFC rules, my friend!

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1. Le concert dessiné d'Angil accompagné de Guillaume Long pour la partie graphique.

2. JC "Rock & Roll" Menu.

3. Le sommet de ce concert. Guillaume Long dessine 6 cases sur base de contraintes établies par JC Menu en jouant tour à tour avec les ombres chinoises du micro et d'Angil. Le tout sur un morceau de ce dernier (dont j'ai acheté le très très bon 45 tours baptisé Angil was a Cat).

4. Nancy Peña et Flavien Girard dans un nouvel exercice oubapien et oumupien à la fois.

5. Jérôme Mulot (à gauche) et Florent Ruppert (à droite) répètent une dernière fois leur conférence/happening avant la présentation officielle. Ils projettent sur l'écran derrière eux la situation qui se produira trois minutes plus tard (Jérôme buvant dans son verre, Florent saisissant un stylo, etc...). Une fois dans la même position que celle de l'image projetée, les auteurs lancent une nouvelle image annoçant la position qu'ils tiendront plus tard. Bien entendu, le dérapage ne se fait pas attendre... Un très bon moment.
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1. De gauche à droite: Alex Baladi, Andreas Kundig et Benjamin Novello de la Fabrique de Fanzines, vaillants au poste.

2/3. Les éléments essentiels de la Fabrique: une tourne-disque et la "machine".
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1. L'atelier de sérigraphie All-Over. Impression du "Jeu des Sept Familles" dessiné durant la semaine.

2. Les outils de travail. Tous les jeux ont été courageusement découpés au cutter par des auteurs motivés (William Henne et Benoît Preteseille s'alternaient le dimanche pour parvenir à terminer le bel objet avant la clôture de Pierre Feuille Ciseaux).

3. Détail d'une planche au séchage entre deux passages couleur.
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1/2. La Fanzinothèque installée dans le superbe espace d'exposition de la Saline.
3. La librairie (appelée aussi "le frigo" tant la température y était basse).
4. Exposition des planches "sous contraintes" réalisées durant la semaine.
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1/2. L'exposition 10x10 sur Post-It des éditions Atrabile. Les bénévoles se souviendront toute leur vie d'avoir participé au collage des centaines de petits carrés jaunes sur les murs...

3. Je vais reprendre l'expression consacrée: "Florence s'est faite RuppertetMulotisée"...

4. Je ne pense pas que Florence ait réagi de la sorte...

5. La plus belle réalisation à mes yeux: le découpage de Post-It par Loo Hui Phang (la scénariste des superbes Panorama & J'ai tué Géronimo dessinés par Cédric Manche).

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Je sais, il y a peu de photos "people" mais je n'aime pas trop prendre les gens sur le vif... dans leur intimité... car tout cela était intime bien qu'ouvert au public durant le week-end. C'est ça Pierre Feuille Ciseaux: une expérience unique où tous semblent avoir livré leur confiance entre les mains d'une association qui, 20 ans après l'Association, a fait naître un nouvel hydre.

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PS: je vous ai épargné les vidéos dont celle d'Aurélie William Levaux, Isabelle Pralong & Joanna Hellgren formant les choeurs d'Angil sur la reprise de Trick Me de Kelis. Si, si. Un instant mémorable... mais qu'elles veulent sûrement oublier...

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Merci encore à tous et à bientôt. Nicolas.


jeudi, octobre 15, 2009

Modification de l'horaire de la séance de dédicaces "Clones"

La séance de dédicaces de Clones/The Surrogates de ce jeudi 22 octobre débutera à 16h (et non plus à 15h) et se terminera à 19h (et non plus à 18h30).

samedi, octobre 10, 2009

Séance de dédicaces: "Clones" de Venditti & Weldele

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Nous aurons le plaisir d'accueillir les auteurs américains Brett Weldele & Robert Venditti ce jeudi 22 octobre. Avec Clones (The Surrogates en anglais), ils nous offrent l'un des meilleurs titres de la Bande Dessinée d'anticipation (qui vient d'être adapté au cinéma sous le titre éponyme - lien vers la bande d'annonce du film).
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Les deux auteurs dédicaceront de 15h à 18h30. Les inscriptions sont prises à la librairie (Multi BD, 122-124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles) ou par courrier électronique (à l'adresse info@multibd.com) mais ne sont pas acceptées par téléphone.
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La chronique de "Clones/The Surrogates"
2054. Afin d'éviter d'être victime d'accidents, de blessures ou de maladies, une grande partie de la population humaine ne quitte plus son domicile mais envoie un "clone" robotique affronter les risques du "monde extérieur". Grâce aux progrès de la technologie, chaque clone est directement guidé par la pensée de son propriétaire qui peut ainsi expérimenter par procuration tous les excès que son corps de chair et de sang ne pourrait supporter. Un jour pourtant, deux clones sont retrouvés inanimés dans la rue suite à un acte de sabotage. Quelqu'un est parvenu à court-circuiter les androïdes de façon à les rendre totalement inopérables. Pour l'inspecteur Harvey Greer, cette affaire qui menace l'équilibre du système sera des plus difficiles à résoudre. L'apparence des androïdes ne reflètent en rien la véritable identité de ceux qui les contrôlent à distance. Pour éviter les discriminations à l'embauche, de nombreuses femmes et personnes d'origine étrangère ont en effet opté pour des clones ayant les traits d'hommes "blancs". Pour se doter d'un physique plus avantageux, d'autres ont choisi des androïdes inspirés par des modèles ou des mannequins... C'est donc toute une société qui s'est plongée dans le jeu des apparences pour le meilleur et pour le pire. Mais la vérité devra être dévoilée et se montrer dans toute sa nudité. Contraint d'abandonner son clone pour ne pas être la prochaine victime d'un homme qui sème la terreur dans la population, l'agent Greer risque d'être le premier à faire les frais d'une réalité qui n'aura de cesse de le malmener.Thriller Noir aux dialogues brillants et caustiques, Clones/The Surrogates s'impose comme un excellent récit d'anticipation. Intelligent, critique, sombre et haletant, Clones est une plongée effrénée dans les dérives futures de la société que nous bâtissons aujourd'hui. Le rapprochement établi par les éditions Delcourt entre cet album et le film Blade Runner de Ridley Scott ou encore le roman Le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley est donc assez bien vu.
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Nicolas

Nouveaux cachets XeroXed: "Walking Dead" tome 9 & "Berlin" tome 2

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A l'occasion de la parution du neuvième tome de la série-culte Walking Dead, XeroXed édite un cachet exclusif de Charlie Adlard basé sur un dessin inédit. Ce cachet, qui n'influe pas sur le prix de vente de l'album, est limité à 150 exemplaires!
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A l'occasion de la parution du second volet de l'incontournable triptyque de Jason Lutes, j'ai aussi le plaisir de vous proposer un cachet exclusif de l'auteur basé sur un dessin inédit. Ce cachet, qui n'influe pas sur le prix de vente des deux tomes de Berlin, est limité à 200 exemplaires!
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Ces albums avec cachet sont disponibles chez Multi BD (122-124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles)
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PS: je sais, je suis très "superlatif" pour le moment... mais bon... j'adore ces deux séries... Nico.

jeudi, octobre 01, 2009

Pierre Feuille Ciseaux: le beau Labo

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Je ne vais pas faire une longue présentation du magnifique projet et des rencontres de Pierre Feuille Ciseaux vu que toutes les informations pratiques sont données sur le site officiel.
La présence d'auteurs comme Emmanuel Guibert, Etienne Davodeau, Ruppert & Mulot, Jean-Christophe Menu, Pascal Rabaté, Marc-Antoine Mathieu, William Henne, Cédric Manche et bien d'autres devrait suffire à vous convaincre de suivre attentivement les différents aspects de cet ambitieux défi. Je tiens d'ailleurs à remercier l'ami June qui a associé XeroXed.be à ce projet et m'a invité à participer aux débats qui seront menés aux Salines et à y présenter une conférence (la pression monte... il faudra que j'assure devant tous ces auteurs dont j'admire tant le travail...).
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Au plaisir de vous croiser là-bas!
A bientôt,
Nicolas

Votez GrandPapier!

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Bonjour à tous,
Le Vif/L'Express organise un grand concours pour élire les meilleurs blogs dans différents domaines (Actualité, Lifestyle et Culture). Le site de GrandPapier est repris dans la sélection culturelle alors n"hésitez pas à défendre cette excellente plate-forme de publication de bandes dessinées alternatives en ligne!
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Le lien pour voter sur le site du Vif: ICI
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A bientôt,
Nicolas.

dimanche, septembre 27, 2009

XeroXed (XVI): JAMES STURM & RICH TOMMASO

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XEROXED XVI: JAMES STURM & RICH TOMMASO
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Depuis ses débuts, James Sturm a toujours montré la volonté d’évoquer les aspects les plus sombres de la société américaine et plus particulièrement de son Histoire au travers de sa trilogie God, Gold and Golems dont seul le dernier volet a été publié au Seuil sous le titre Le Swing du Golem. Cet album est considéré comme l’une de ses œuvres les plus importantes de par l’exigence de sa mise en scène et du traitement du sujet difficile de l’antisémitisme. Il signe aujourd’hui le scénario de Satchel Paige (Black Star chez Delcourt), une biographie de l’un des plus talentueux lanceurs de l’histoire du baseball contraint de jouer dans les ligues noires du fait de sa couleur de peau durant la Ségrégation. Rich Tommaso, jeune dessinateur encore peu connu en Europe, nous livre lui aussi quelques aspects de sa collaboration sur Black Star : la véritable histoire de Satchel Paige.
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Lien vers l'entretien en anglais sur du9.org
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Lien vers le site du Center for Cartoon Studies
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Cet entretien est accompagné de croquis préparatoires de Rich Tommaso pour l'album Black Star, la véritable histoire de Satchel Paige.
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ENTRETIEN AVEC JAMES STURM
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Nicolas Verstappen : Vous vouez une véritable passion pour l’Histoire des États-Unis à laquelle vous avez consacré la plupart de vos œuvres. Peut-on entrevoir dans cette approche de la mémoire un acte politique visant à mieux faire connaître les erreurs commises par le passé et éviter ainsi qu’elles ne soient répétées dans l’avenir ?

James Sturm : Je pense que tout pays, ou même individu, tire parti d’une meilleure connaissance de son histoire. La manière dont une personne ou une nation se perçoit dépend des histoires qu’elle raconte. Les mythes, qui sont souvent des éléments importants de l’Histoire populaire, peuvent transporter un pays mais peuvent aussi être néfastes de par leur portée plus restreinte.

NV : Vos albums The Revival (1996), Hundreds of Feet Below Daylight (1998) et Le Swing du Golem (2000) sont aujourd’hui présentés comme votre « trilogie américaine » sous le titre générique de God, Gold and Golems. Est-ce que l’idée même d’une trilogie était déjà présente en 1996 ?
James Sturm : Après The Revival, j’ai commencé Hundreds of Feet Below Daylight. Durant les premières étapes de la conception de cet ouvrage, je songeais déjà avec impatience au Swing du Golem. L’idée de la trilogie m’est donc venue alors que j’avais accompli près de 40% de cette aventure.

NV : Peut-on envisager votre scénario pour les Quatre Fantastiques (Fantastic Four : Unstable Molecules chez Marvel) comme un quatrième volet de votre « histoire » des États-Unis ? Vous y traitez d’aspects importants de ce pays au travers de son rapport à la culture populaire et à la période du Maccarthysme.

James Sturm : Je n’envisage pas ce scénario comme un quatrième volet même s’il est bien conçu comme une fiction historique et qu’il suit chronologiquement les trois premiers. Il est vrai cependant que ces quatre récits nous donnent à voir une histoire plus « officielle » (que nous soyons face à des faits avérés ou à de super-héros !).

NV : Avant de collaborer avec Guy Davis sur ce projet, vous aviez songé à Craig Thompson pour le dessin. Pourquoi avoir pensé à lui ?

James Sturm : C’est un ami commun qui m’a suggéré Craig. J’avais déjà rencontré ce dernier lors d’un ou deux festivals aux États-Unis et je l’ai contacté. Craig s’est montré intéressé et m’a rejoint sur ce projet. Après avoir travaillé sur quelques planches, nous sommes arrivés à la conclusion que mes petits croquis préparatoires ne laissaient aucune place à l’expression de son style. J’ai été ravi qu’il ait cependant eu l’occasion de réaliser les couvertures de la série. De même que je fus enchanté de ma très agréable collaboration avec Guy Davis (qui me fut recommandé par Marvel).

NV : A la fin de ce volume des Quatre Fantastiques vous annoncez un second volume (The Mad Thinkers) de même qu’un troisième (The Negative Zone). Qu’en est-il de ces chapitres ?
James Sturm : C’était une pure fantaisie de ma part. Je n’ai jamais eu l’intention de les écrire…
NV : Vous avez signalé dans une interview pour le Comics Journal que vous n’aviez pas dessiné vous-même ce récit de super-héros car son public se limiterait à celui qui s’intéresse à ce genre. Pourquoi avez-vous décidé de ne pas dessiner Black Star et avez-vous choisi Rich Tommaso pour cette collaboration ?

James Sturm : Je suis très lent lorsqu’il s’agit de dessiner des planches et Rich était le dessinateur le plus doué disponible à l’époque. Je dessine les œuvres qui me sont les plus personnelles et qu’il m’est impossible d’imaginer entre les mains d’un autre.

NV : Votre style tend avec les années vers une plus grande épuration de la ligne. Comment envisagez-vous cette évolution ?

James Sturm : Je dépense tant d’énergie à me débattre avec mon dessin que je n’ai aucune idée de la manière dont il évolue.
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NV : Ce rapprochement progressif vers une « ligne claire » est-il cependant influencé à vos yeux par des auteurs européens (Hergé, Chaland…) ou des maîtres du comic strip américains (comme dans le cas de Seth) ?

James Sturm : Je ne considère pas le style de la « ligne claire » européenne comme une influence. Par contre, Seth est l’une de mes références. Il est l’un de mes auteurs favoris. J’aime aussi me tourner vers des graveurs ou des artistes des années 30 comme Raphael Soyer, Peggy Bacon, Thomas Hart Benton ou Denys Wortman. Pour être tout à fait honnête concernant mon style, j’ignore si je simplifie mon dessin pour une meilleure lisibilité ou parce que je ne suis pas assez doué pour exécuter un travail plus illustratif. Même si mes croquis préparatoires sont plus détaillés qu’avant, je me sens contraint de tout réduire à des éléments essentiels au moment d’attaquer ma case finale.

NV : L’apparition de la bichromie dans Le Swing du Golem est-elle liée à une crainte du vide laissé par des lignes plus fluides ?

James Sturm : Le baseball est avant tout question d’atmosphère et la touche de couleur m’a aidé à rendre cet aspect. Sans l’utilisation de cet aplat, je serais contraint de faire appel à des ombrages plus importants. Je travaille pour le moment sur un album entièrement en couleurs où les cases sont de petits squelettes conçus pour porter une « chair colorée ».

NV : Quel sera le sujet de ce nouvel album ?

James Sturm : J’y évoque une journée dans la vie d’un tisserand juif de tapis en Europe de l’Est au début des années 1900. Ce livre, baptisé Market Day, sera publié par Drawn & Quarterly.

NV : Il est intéressant de noter que vous décidez d’aborder la couleur sur un album consacré à une période que nous percevons principalement en noir et blanc (de par le cinéma et la photographie). Pourquoi ce choix de la couleur ?

James Sturm : Il était important pour moi que ce monde soit perçu comme étant contemporain. La couleur m’a semblé essentielle à cet égard.

NV : Ce passage des États-Unis à l’Europe est-il un moyen de revenir sur la génération de Juifs qui précède celle des émigrants du Swing du Golem ?

James Sturm : Je n’envisage ici aucun lien avec le Swing du Golem. Le personnage central est mon alter-ego qui se débat avec ses problèmes familiaux, artistiques ou commerciaux. Placer ce récit en terre yiddish me permet de me plonger d’une manière plus profonde dans un contexte particulier et m’évite ainsi de me perdre dans mon propre drame.

NV : Ce concept m’évoque celui utilisé par Sammy Harkham dans son récit Lubavitch, Ukraine 1876 où il se met aussi en scène dans un contexte assez proche. Y a-t-il un lien quelconque entre vos démarches ?

James Sturm : Un lien ? Nous sommes tous deux des dessinateurs juifs américains. Plus sérieusement, il serait présomptueux de ma part de tenter de détailler les intentions de Sammy.

NV : Sammy Harkham ayant donné quelques cours dans votre Center of Cartoon Studies, je me demandais si vous aviez eu l’occasion de confronter vos démarches. Il m’a décrit la sienne comme tenant de l’envie de réaliser une bande dessinée à la fois « historique, expérimentale et autobiographique ».

James Sturm : Sammy est en effet passé à White River Junction lors de la première année du Center for Cartoon Studies mais j’avais déjà débuté mon travail sur Market Day au moment de découvrir son excellent Lubavitch, Ukraine 1876. D’autre part, je ne définirais pas mon approche comme étant expérimentale.

NV : Pour en revenir à Black Star, on peut noter une autre forme d’épuration dans l’absence totale de phylactères. Pourquoi avoir fait ce choix ?

James Sturm : J’ai lu de nombreux ouvrages sur l’histoire « orale » des États-Unis durant la période des lois ségrégationnistes de Jim Crow. Il se dégageait quelque chose de poignant des témoignages directs de ceux qui avaient vécu ces événements. Dans mon esprit, la suppression des phylactères permettait de rendre au mieux la nature de nos sources, de faire résonner la voix des gens qui expérimentèrent une telle oppression. De plus, les histoires orales que j’ai lues condensaient un grand nombre d’informations tout en conservant leurs aspects dramatiques et leur intensité. En travaillant sur un texte narratif, je suis aussi parvenu à développer mon récit au travers d’une pagination réduite.

NV : Vous utilisez aussi un découpage très sobre pour la plupart de vos albums. Que vous apporte le système de trois rangées égales de cases ?

James Sturm : Je n’utilise pas ce système dans tous mes ouvrages mais il est vrai que je m’appuie fermement sur cette structure. Il est bien plus simple de composer son découpage à partir de cette base. J’apprécie cependant des compositions de pages plus organiques et plus élaborées mais je sais que ce n’est pas dans ce domaine que mes quelques talents résident.

NV : Pour de nombreux lecteurs américains, les règles du baseball ne doivent avoir aucun secret. Avez-vous songé au lectorat européen et international lorsque vous avez mis en scène les nombreuses séquences sportives de Black Star ou du Swing du Golem ?

James Sturm : J’ai été surpris par le chaleureux accueil dont a bénéficié le Swing du Golem en Europe. J’ai tenté de rendre les séquences de baseball accessibles aux lecteurs qui ne s’intéressent pas à ce sport tout en étant assez authentique pour que les amateurs les trouvent crédibles.

NV : Depuis de nombreuses années déjà, vous enseignez la bande dessinée. Quels aspects en particulier ?

James Sturm : J’enseigne les procédés de base de la pratique de la bande dessinée et j’en profite pour y glisser un peu d’histoire en citant des artistes dont le travail me semble être une bonne source d’inspiration. Mon objectif en tant qu’enseignant est d’aider les étudiants à trouver une forme d’intimité avec leurs propres processus créatifs. Au Center for Cartoon Studies, nous demandons aux étudiants de passer par tous les stades de l’élaboration d’une œuvre jusqu’à celui de l’impression. J’espère que chacun d’entre eux quitte le Centre avec une compréhension plus approfondie de ce qu’il faut mettre en œuvre pour parvenir à obtenir une bande dessinée de qualité.

NV : Quel sont les auteurs et les œuvres que vous introduisez dans vos cours ?

James Sturm : Nous étudions trop d’auteurs de manière approfondie au Centre pour les citer tous ici. Je n’en mentionnerai que quelques uns : Art Spiegelman, Carl Barks, Jack Kirby, David B., Roy Crane, Chris Ware, Robert Crumb, Harvey Kurtzman.

NV : Qu’avez-vous appris sur la bande dessinée au cours de ces années d’enseignement ? Vos cours ont-ils influencé votre propre travail ?

James Sturm : C’est en travaillant sur des bandes dessinées que j’ai le plus appris sur ce médium. C’est la raison pour laquelle, en tant que professeur, je demande à mes étudiants de fournir un maximum de travaux finalisés. Je peux aider mes étudiants à dessiner une carte mais ils devront voyager seuls dans ces territoires inconnus. Je suis certain par contre que j’ai tiré de nombreux enseignements, souvent positifs, au travers de mes cours comme celui d’atteindre le même niveau d’exigence que celui que j’attends de mes étudiants. Je citerai cependant deux aspects négatifs : je passe moins de temps à dessiner et je suis gêné par certains aspects de la création artistique dont j’ai pris conscience.

NV : J’aimerais conclure cet entretien en évoquant un petit ouvrage méconnu dont vous êtes l’auteur. Lorsque j’ai acheté le livret Return to Normal contenant six illustrations d’aéroport après le 11 septembre, j’ignorais d’ailleurs que vous en étiez l’auteur. Comment avez-vous abordé ces illustrations muettes au style naïf mettant en scène des personnages barbus (juifs ou musulmans) qui s’apprêtent à prendre un avion ?

James Sturm : Je réagis au monde et je l’intègre au travers de récits et il m’a semblé naturel de répondre aux attentats du 11 septembre par une histoire. Return to Normal se base sur des livres sur les avions et les aéroports que je lisais à mes enfants à l’époque des attaques. La lecture de ces ouvrages changea totalement après les attentats. J’ai donc voulu poser quelques images, construire une narration très ouverte et permettre au lecteur (et à moi-même) de se figurer ce monde nouveau et déconcertant qu’est celui du post-11 septembre.
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ENTRETIEN AVEC RICH TOMMASO
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Nicolas Verstappen : Comment est née cette collaboration avec James Sturm et quelles furent vos premières pensées face à un projet historique bien différent de vos œuvres personnelles ?

Rich Tommaso : James et moi tombions régulièrement l’un sur l’autre dans divers festivals et il me parlait à chaque fois de son désir de créer un Centre d’Etude de la Bande Dessinée. Il est finalement parvenu à monter ce projet qui a décollé bien plus rapidement que nous ne pouvions l’imaginer. Il m’a alors demandé si j’acceptais de donner une de mes planches originales au Centre avec un croquis supplémentaire. J’ai accepté et deux semaines plus tard il me recontactait en me demandant : « que dirais-tu de dessiner une bande dessinée biographique historique sur Satchel Paige pour Hyperion Books ? » Je n’accepte généralement pas les collaborations mais sachant que James en écrirait le scénario, j’ai accepté. Ce projet s’annonçait passionnant et je me suis senti prêt à passer une année dessus. D’autant que l’état de mes finances me préoccupait beaucoup à l’époque...

NV : Dans votre liste des meilleurs albums de 2008, trois bandes dessinées sur les sept sont d’origine française (Gus, Hanté et Le Combat Ordinaire). Pouvez-vous nous parler de l’intérêt que vous portez à la production européenne et de son influence sur votre travail ?

Rich Tommaso : Ce qui m’impressionne et me transporte avant tout chez des dessinateurs français comme Sfar, Trondheim et Blain (principalement), c’est qu’ils donnent le sentiment de passer un incroyable moment sur leurs planches, comme s’ils adoraient réellement dessiner des albums. Les Américains donnent le sentiment inverse en se plaignant sans cesse de ce que ce travail peut être pénible, déprimant et solitaire. C’est peut-être la raison pour laquelle ces auteurs français sont plus prolifiques que la plupart de leurs collègues d’Outre-Atlantique. De plus, leur style rend superbement la fluidité du dessin à main levée que certains parviennent à atteindre dans leurs carnets de croquis mais sont incapables de capturer dans un récit destiné à être publié. Je fais partie de ces dessinateurs qui s’asseyent, cogitent trop sur tous les aspects de leur travail et produisent très rarement. C’est une chose que je veux changer à l’avenir. J’aimerais dessiner et écrire des bandes dessinées de manière plus intuitive, comme si j’étais plus jeune, profitant de mon énergie plutôt que de réécrire mes séquences jusqu’à les rendre indigestes...

NV : Quelle expérience avez-vous tirée de cette collaboration avec James Sturm ?

Rich Tommaso : Elle a très clairement aiguisé mes capacités de dessinateur. Je ne serais jamais parvenu à rendre avec autant de précision des poses de baseball sans l’insistance de James qui m’a mené à les retravailler jusqu’à obtenir un résultat convaincant. Elle m’a aussi permis de trouver le courage de m’attaquer à une œuvre historique. C’est une envie que je gardais en moi depuis plusieurs années. J’avais plusieurs idées en tête mais je n’avais jamais osé me lancer... jusqu’à ce jour. La discipline à laquelle je me suis astreint sur ce projet m’a aussi permis de travailler de manière plus efficace. J’étais bien plus concentré car je dessinais chaque jour sans avoir à m’interrompre pour un travail alimentaire harassant.

NV : Avez-vous utilisé le Swing du Golem de James comme référence pour votre approche des séquences de baseball ? Pour capturer l’atmosphère qui lui est propre ?

Rich Tommaso : Dessiner des séquences de baseball était un défi très difficile d’autant que 60 pages du roman graphique présentaient des personnages qui y jouaient ! J’ai dû dessiner les mêmes poses (prises par plusieurs joueurs) encore et encore et encore. James fut d’une grande aide pour capturer des gestes de mains et des positions spécifiques. Il en sait bien plus sur ce sport que moi. Je me suis penché sur le Swing du Golem mais aussi sur des tonnes de photographies, des mangas de baseball et des matchs télévisés. C’est une entreprise difficile lorsque vous n’avez jamais vraiment pratiqué cette discipline. Je travaille actuellement sur une histoire courte liée au tennis et il est bien plus simple pour moi de capturer les mouvements car je joue au tennis et je le regarde régulièrement à la télévision.

NV : Vous mentionnez les mangas de baseball comme référence de documentation mais votre découpage est bien loin de celui des albums japonais consacrés au sport. Le système de trois rangées égales de cases tient d’une volonté d’intensité plus psychologique ? De mieux rendre les faces à faces ?

Rich Tommaso : Non. Je crois que la décision de James d’éviter les plans serrés à des fins dramatiques est avant tout liée au difficile sujet de cet album qui traite du racisme. La ségrégation et l’oppression subies par les Noirs dans le Sud des États-Unis devaient être traitées d’une manière sérieuse et ne devaient donc pas être présentées dans un album qui aurait mis en avant le « divertissement ».

NV : L’absence de phylactères a-t-elle influencé votre travail graphique ? A-t-elle facilité le découpage des séquences ?

Rich Tommaso : Elle n’a pas tellement influencé mon dessin mais elle a facilité mon travail de crayonné et d’encrage. C’est la première fois que je ne devais plus me préoccuper de dessiner autour des phylactères. Nous avons cependant dû retravailler quelques séquences pour une question de fluidité. Certaines d’entre elles ne s’emboîtaient pas de manière harmonieuse.

NV : Vous avez aussi donné quelques cours au Center for Cartoon Studies. De quel type d’enseignement étiez-vous chargé ?

Rich Tommaso : J’ai enseigné au Centre lorsqu’il a ouvert en 2005 jusqu’en 2007, année durant laquelle j’ai déménagé à Atlanta. Je donnais des cours pratiques sur le dessin, les techniques d’encrage et le matériel nécessaire. J’ai aussi donné un cours sur les ombrages du corps humain et du visage (selon la source de lumière ou l’effet de dégradé désiré). J’ai aussi enseigné le lettrage en compagnie de Steve Bissette durant quatre semaines. Nous abordions le lettrage dans le cadre de la conception de logos, de phylactères, de pagination ou d’effets sonores. En dehors de ces cours pratiques, j’ai donné une conférence sur les auteurs de formation et de style classiques de Roy Crane à Jaime Hernandez. Mais au bout du compte, je dirais que je n’ai pas enseigné très régulièrement durant ces deux années. Juste de temps à autre...
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[Entretiens réalisés en mars 2009 via courrier électronique pour le carnet XeroXed #16 offert à l'achat de l'album Black Star, la véritable histoire de Satchel Paige paru aux éditions Delcourt. Copyright 2009 - Nicolas Verstappen, James Sturm & Rich Tommaso]

lundi, septembre 14, 2009

POWERS de Bendis & Oeming

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Avec un premier semestre plutôt pauvre en grosses et belles surprises, j'en suis revenu à mes premières amours. Des bandes dessinées, toujours américaines, mais dont les genres ont été détournés par quelques auteurs dont l'impertinence n'a d'égale que le talent. Avec leur série POWERS, Brian Michael Bendis & Michael Avon Oeming font partie du lot.
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La chronique: Depuis les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki les 6 et 9 août 1945, notre monde a changé de visage. Nous entrions dans l'Ere de l'Atome pour ne plus jamais en sortir. La démonstration de puissance du gouvernement américain allait engendrer une escalade à l'armement nucléaire qui contaminera l'ex-URSS et les autres grands puissances mondiales jusqu'à tenter la Corée du Nord, le Pakistan ou l'Irak (bien qu'étonnamment les preuves manquent toujours dans ce dernier cas...). Cette technologie de "persuasion massive" modifiera de manière définitive le rapport que nous entretenons avec les notions de "stabilité" et de sécurité" au niveau des états mais sans doute aussi de notre vie de tous les jours. Elle nous interroge également sur la "moralité" de son utilisation. Sous le titre évocateur de POWERS et en revisitant le thème des héros munis de pouvoirs dépassant l'entendement, la série de Brian Michael Bendis et Michael Avon Oeming aborde cette question de front. Les super-héros ont beau défendre la Justice, ils n'en restent pas moins citoyens soumis à la Loi. La création d'une section spéciale au sein de la police afin d'enquêter sur les possibles dérives de ces surhommes va donc de soi. Il se pose cependant un problème: comment de simples représentants de l'ordre pourraient-ils gérer l'arrestation d'un "Justicier" reconnu coupable d'un crime alors que ce dernier vole probablement plus vite que les balles et peut se défaire de tout type de menottes avec une facilité déconcertante. Ces tâches délicates seront pourtant confiées aux agents Christian Walker et Deena Pilgrim. Le brillant scénariste Brian Michael Bendis (Torso et la meilleure saga de Daredevil depuis Frank Miller) nous plongera dès lors au coeur de la relation qui unit ces deux partenaires face à une mission des plus périlleuses. Avec un réalisme cru, l'auteur nous dépeint leur quotidien, leur complicité et puis toutes ces crises de confiance qui peuvent naître au sein des équipes les plus soudées.
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POWERS est donc une passionnante série policière teintée d'une ambiance de Film Noir et rehaussée d'excellents dialogues dont Bendis a fait sa marque de fabrique. POWERS est aussi une série atypique consacrée à un univers de super-héros qui, dans la lignée des WATCHMEN, d'Astro City ou du Batman: The Dark Knight Returns, détourne un genre pour mieux nous interroger sur la manière dont nous usons des "pouvoirs" que nous nous sommes octroyés. POWERS est avant tout un véritable bonheur pour tous ceux qui, comme moi, aiment se laisser emporter dans une histoire construite sur les failles de personnages ordinaires confrontés à un destin qui les dépasse.

dimanche, septembre 13, 2009

Debbie


Un petit post rapide pour vous signaler la création du nouveau site de l'une des personnes que j'estime le plus dans le petit monde du Neuvième Art. Debbie Drechsler, illustratrice de presse et auteur de Daddy's Girl et Summer of Love à l'Association, lance donc sa nouvelle page web (cliquez sur l'image) où l'on peut retrouver un portfolio mais surtout un lien vers son blog qui regroupe ses croquis effectués lors de ballades en forêt.

Pour ceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre, voici le lien vers l'entretien XeroXed de Debbie Drechsler en français (aussi disponible en anglais sur du9.org).
Et puis je tiens à remercier encore une fois Debbie d'avoir accepter de signer le logo du site XeroXed.be. Thank you so much!

lundi, juin 29, 2009

BAM! BAM!

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Will Eisner & Charles M. Schulz... Deux géants auxquels je voue une admiration sans borne. Deux génies qui ont participé à élever la Bande Dessinée au statut de Neuvième Art au travers d'oeuvres comme Le Spirit, Un Pacte avec Dieu & les Peanuts. Ce fut donc un honneur pour moi de rédiger deux portraits biographiques les concernant pour le nouveau Hors-Série du Beaux Arts Magazine. Et puis d'écrire aussi quelques (modestes) commentaires de planches originales superbement reproduites dans ce numéro consacré aux "Secrets des Maîtres de la BD". Au mileu des histoires courtes inédites de Moebius (de l' Arzach, mon bon monsieur) et de Dave Cooper, je ne pouvais rêver meilleure compagnie...
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Mes sincères remerciements à Vincent Bernière pour sa confiance renouvelée, à Pascal Matthey et à tous ceux qui m'ont répondu après lui pour me permettre de mettre la main sur un ouvrage nécessaire à l'élobration de l'article sur les Peanuts.
Nicolas.