Blog consacré à la Bande Dessinée sous toutes ses formes. Espace de réflexion et de rencontre sur divers thèmes au travers d'analyses, de chroniques et d'entretiens avec des auteurs de divers horizons [comics/comix, mangas et bandes dessinées européennes]. (Bandeau titre: © Debbie Drechsler)

dimanche, juin 22, 2008

L'Oeuf ou la Plume? (I): VANYDA


Le carnet d'entretien L'Oeuf ou la Plume? dédié à Vanyda et édité à l'occasion de l'exposition que nous lui avions consacrée est désormais épuisé. Il est donc temps de découvrir la version "web" de cet entretien avec la jeune et talentueuse dessinatrice.

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Biographie de Vanyda

Née à Castelnaudary en 1979, Vanyda suit les cours de la section bande dessinée de l'Académie des Beaux-Arts de Tournai (1999-2001). Durant ses études, elle crée le fanzine PoRoPhOre avec François Duprat et David Bolvin. C'est au sein de ce projet que seront publiés les premiers chapitres du magnifique album L'immeuble d'en face qu'elle éditera plus tard à compte d'auteur (chez Bom Bom Prod) puis enfin en version augmentée aux éditions de la Boîte à Bulles (2004).
En 2001, elle s'installe à Lille et travaille en atelier avec quatre comparses: David Bolvin, Rod, Nicolas Delestret et François Duprat. Ce dernier lui livre le scénario d'une trilogie qu'elle illustrera pour les éditions Carabas. Cette série, baptisée L'Année du Dragon, vient d'être compilée en intégrale chez le même éditeur.
En 2006, Vanyda participe au collectif Corée publié par les éditions Casterman et achève le second tome de L'immeuble d'en face qui paraîtra l'année suivante. Cet album rencontre le même succès critique et public que le premier volume qui avait déjà été encensé, entre autres, par Frédéric Boilet (qui en signa la préface), Thierry Belle froid (RTBF) et le Publishers Weekly (pour sa version anglaise intitulée The Building Opposite).
Vanyda travaille actuellement sur le second tome de Celle que... (dont le premier volet vient d'être publié aux éditions Dargaud), sur le troisième tome de L'immeuble d'en face ainsi que sur plusieurs histoires courtes commandées par une nouvelle revue japonaise baptisée Marika (#2 & #3).

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Entretien avec Vanyda

Nicolas Verstappen : Celle que je ne suis pas est un projet relativement ancien, les premiers contacts avec les éditions Dargaud ayant été noués début 2003. Comment s’est opérée la lente mise en route de cette série ?

Vanyda : Ce projet est d’autant plus ancien qu’il reprend un personnage que j’avais créé alors que j’étais encore aux Beaux-Arts de Tournai pour un sujet sur « l’enfance ».
Lorsque Dargaud a proposé que l’on travaille ensemble, j’avais en tête ce personnage que je voulais développer, j’ai profité de l’occasion pour leur soumettre cette histoire. Mais c’est vrai que j’ai mis pas mal de temps avant d’y travailler vraiment. Je faisais en même temps L’Année du Dragon au dessin, L’immeuble d’en face que je dessinais et scénarisais ainsi que l’histoire courte sur la Corée qui est venue se rajouter à un moment... ça faisait beaucoup !
Ensuite, ça a été très étrange de commencer à « faire connaissance » avec tous ces nouveaux personnages. Je « vivais » au quotidien avec les personnages de L’immeuble d’en face et de L’Année du Dragon depuis plusieurs années déjà, et là, il fallait recommencer (presque) à zéro avec d’autres personnages. Même si chacune des quatre filles du groupe avaient déjà son caractère assez défini, il m’a fallu un peu de temps pour me mettre dans l’ambiance et l’intimité de ce groupe. Les premières pages qui ont été dessinées sont celles qui se passent à la piscine car je trouvais que cette scène incarnait bien l’esprit de ce groupe de copines.
Ce qui était perturbant aussi, au début, c’était la foule. Toutes ces élèves à dessiner... J’ai mis aussi un peu de temps avant de trouver mes marques pour « gérer » les cours de récré et autres salles de classe. Ça m’a demandé un peu de gymnastique au niveau de la mise en scène, moi qui avais l’habitude des intérieurs avec deux personnages.

NV : Cela vous a-t-il semblé évident que Celle que je ne suis pas paraisse dans la collection Kana consacrée aux auteurs japonais ? Envisagez-vous cet album comme plus proche du manga que vos ouvrages précédents (la temporalité plus étendue m’y semble un rien plus nippone) ?

Vanyda : Finalement, Celle que... ne sort pas dans la collection « Made In » de chez Kana, car, à l’usage, l’éditeur s’est aperçu que les lecteurs de manga ne lisaient pas ce qui avait un emballage « manga » mais qui n’était pas japonais, et inversement les lecteurs de franco-belge n’iraient pas chercher du côté de chez Kana, même si l’auteur est français. C’est un constat qu’ils ont fait récemment et ils ont préféré sortir l’album « hors collection », dans un format proche de L’immeuble d’en face.
Personnellement, ça n’a pas changé grand-chose pour moi. J’aimais bien l’idée d’être dans la même collection que Taniguchi ou Taiyo Matsumoto, mais si cela avait nuit à l’album, autant faire ce qui est le mieux pour qu’il trouve son public. Ils m’avaient proposé cette collection au début, car j’avais demandé du noir et blanc et à l’époque chez Dargaud, ils n’en faisaient pas. Comme le projet a mis quelques temps à se faire, les choses ont eu le temps d’évoluer, notamment au niveau des formats qui se sont diversifiés (comme chez beaucoup d’éditeurs d’ailleurs).
La temporalité plus lente est peut-être le résultat d’un découpage (presque) sans chapitre contrairement à L’immeuble d’en face. C’était aussi une volonté de jouer sur l’ambiance de cette période particulière qu’est l’adolescence, avec son spleen et sa mélancolie...
Je pense que l’inspiration nippone est présente car cette période de l’adolescence est quelque chose de fréquemment traité dans les manga (notamment les fameux « shôjo », manga pour filles) qui ont bercé mon enfance par leurs adaptations animées (Candy, Georgie, Embrasse-moi Lucille, etc). Cependant, j’ai voulu ancrer cette histoire dans une réalité plus sociologique (et française !) et initiatique que ne le sont en général les manga. Je me souviens avoir été touchée par des récits comme Changements d’adresses de Julie Doucet ou Bitchy Bitch de Roberta Gregory (des inspirations qui ne se voient peut-être pas dans le premier tome, mais sans doute plus dans les deux prochains... ou pas :-\ ).
Sinon, j’ai lu dernièrement Hollywood Jan de Bastien Vivès et Sanlaville, et j’ai trouvé que c’était un peu le pendant masculin de Valentine. :)


NV : Vous appréciez « les films qui regroupent en général une galerie de personnages ». Cela se ressent dans L’immeuble d’en face mais moins dans Celle que je ne suis pas. Etait-il important pour vous de rester plus proche de Valentine et de ne pas suivre une construction en « récits croisés » ?

Vanyda : Je pense qu’il était important pour ce projet de rester proche de Valentine car une partie de son malaise vient du fait qu’elle a l’impression que les autres filles vivent très bien leurs vies et qu’elles n’ont pas les mêmes problèmes qu’elle. Je pensais qu’il était plus intéressant de mettre le lecteur dans la même situation et de ne pas voir l’intimité et les états d’âmes de ses copines. Pour autant, je trouvais important que les autres personnages soient quand même développés et attachants. Même si certains vont moins apparaître par la suite, comme le veulent les aléas de la vie d’un collégien ou d’un lycéen, dépendant dans ses fréquentations, de la composition de sa classe et de ses orientations scolaires. Avec ce parti pris, il était plus compliqué de se livrer à un « récit croisé ».

NV : Dans le premier tome de Celle que je ne suis pas, on suit Valentine au collège. Dans Celle que je voudrais être, on la suivra au lycée. Ce tome clora-t-il votre récit ou vous laissez-vous une porte ouverte comme pour votre série L’immeuble d’en face qui semble se poursuivre au fil de votre inspiration ?

Vanyda : La série Celle que... est prévue en 3 tomes (le dernier sera Celle que je suis). Comme pour L’immeuble d’en face, je n’ai pas un scénario ultra-défini, mais une idée assez précise des étapes par lesquelles les personnages doivent passer. L’expérience de ma vie de tous les jours vient nourrir les chapitres ou scènes de mes bandes dessinées au fur et à mesure que je dessine, mais chacune de mes histoires a sa fin programmée. En gros, je sais où je vais, mais je ne sais pas encore par quel chemin. :)

NV : Dans tous vos albums, vous abordez le quotidien sous forme de fiction. Debbie Drechsler m’écrivait à ce propos : « J’ai pris conscience que si j’écrivais une autobiographie fidèle, mes récits en pâtiraient. J’ai donc repris des éléments qui s’étaient réellement passés et j’ai construit et façonné à partir d’eux des histoires qui fonctionnaient mieux que ce que la « vérité brute » ne l’aurait fait (à mon sens) ». Partagez-vous ce sentiment ?

Vanyda : Tout à fait ! Mon but est de raconter une histoire, et mon expérience ou mes ressentis ne sont que les matériaux pour raconter ces histoires. Je me sers aussi beaucoup des choses que j’observe ou qu’on me raconte, car ma propre vie n’est pas ce que j’ai envie de raconter...

NV : Vous semblez garder une certaine distance avec l’autobiographie (et la bande dessinée alternative européenne). Est-ce une forme de méfiance face à des dérives parfois nombrilistes ?

Vanyda : Je ne sais pas si c’est une méfiance. Je dirais que c’est plus un goût. J’aime les personnages de fictions, et le rapport qu’ils peuvent induire avec les lecteurs. Je trouve fascinant la façon dont le lecteur peut s’approprier un personnage et son histoire. Le rapport qui s’établit avec un récit autobiographique est très différent. Aimer ou détester un personnage revient à aimer ou détester une « vraie » personne (la plupart du temps l’auteur lui-même, d’ailleurs). Ce n’est pas ce que je recherche.
Peut-être que j’aborderai un sujet plus (auto-)biographique si un jour je parle de l’histoire de mon père et de ma famille d’origine laotienne. Ce serait sans doute plus sous la forme d’un reportage/témoignage. Mais je ne sais pas si j’aurai le courage de m’attaquer à un tel sujet !
Sinon, je crois que mon graphisme fait que, naturellement, il y a une distance avec la « bande dessinée alternative européenne ».

NV : Vous travaillez à un rythme de quinze pages par mois, ce qui est relativement rapide par rapport à la production franco-belge. Cela a-t-il découlé naturellement de votre style ou avez-vous travaillé votre approche graphique dans une volonté de vous permettre des paginations plus conséquentes ?

Vanyda : Ce rythme de travail a découlé naturellement du style que j’ai adopté au fur et à mesure (et des délais que l’on m’impose parfois, aussi). En fait, en travaillant en parallèle sur L’Année du Dragon et L’immeuble d’en face, je me suis bien rendue compte que je me sentais plus à l’aise dans le format « petit, noir et blanc ». J’ai donc gardé ce format pour tous mes projets actuels.
Je n’aime pas rester trop longtemps sur un dessin, je préfère privilégier la narration, et sans doute que mon style graphique découle de ça. Mon envie n’est pas de dessiner, mais bien de raconter une histoire en dessins (même si j’adore dessiner, bien sûr !) Mais, même avec un dessin plus fouillé qui prendrait plus de temps, j’aurais sans doute aimé avoir ce genre de pagination (les éditeurs peut-être un peu moins).

NV : Vous avez été influencée par l’animation et la bande dessinée nippone (Asatte Dance, Next Stop...). J’ai l’impression que ce que vous avez retiré avant tout de cette rencontre tient d’une narration particulière (temporalité plus étendue, silences, plans insert). Partagez-vous ce sentiment ?

Vanyda : Bien sûr, en plus d’un certain graphisme, ce qui m’a surtout plu dans les manga, c’est leur narration particulière. La temporalité en effet plus lente que celle des classiques « 46 pages couleurs franco belge », notamment grâce à la plus grosse pagination, on peut ainsi se permettre de mettre des silences ou de faire des pages d’ambiance. J’aime aussi beaucoup leur découpage assez cinématographique.
Par contre je n’utilise pas beaucoup « l’insert », sauf occasion très particulière. Et puis je n’use pas de toutes les caractéristiques particulières de la narration manga, comme les pages éclatées sans bord de case. J’ai une mise en page beaucoup plus sage, héritée sans doute de mes lectures franco-belges... :)

NV : L’apprentissage de l’utilisation des trames vous a-t-il semblé évident ou particulièrement complexe ?

Vanyda : J’utilise les trames comme un « motif » sous Photoshop. Du coup, ça ne m’a pas semblé plus difficile que de la couleur par ordinateur, par exemple. J’ai appris sur le tas au fur et à mesure, et j’affine ma technique petit à petit.

NV : Vos originaux ne contiennent aucun contour de cases (ce qui est je crois assez unique dans la profession). Pourquoi rajoutez-vous ces contours ultérieurement ?

Vanyda : La vraie raison est qu’avec une règle et un feutre, je fais des traces partout, c’est terrible, ça bave ! De plus de cette manière, je peux re-cadrer certaines images, les agrandir ou les rétrécir sans que le bord de case ne me gène. Une fois mes dessins corrigés, je trace les contours sans user de feutre, ni en mettre partout ;)
Sinon, je ne pense quand même pas être la seule dans ce cas. Je crois que Rod (Frère d’âmes aux éditions Les Enfants Rouges) qui est à l’atelier avec moi utilise la même façon de faire.

NV : Et puis une dernière question pour satisfaire ma curiosité. Il y a, pour moi, très peu d’auteurs (aussi jeunes) capables d’une telle maturité dans le rendu des psychologies des personnages. L’un des seuls, avec vous, est Adrian Tomine. Quel est votre rapport à son œuvre ?

Vanyda : En fait je n’ai lu que Les Yeux à Vif d’Adrian Tomine, et à l’époque ça m’avait complètement chamboulée (j’étais encore aux Beaux-Arts). J’avais eu du mal à me remettre au boulot après l’avoir lu. L’autre bande dessinée qui m’avait fait le même effet à l’époque est Pourquoi je déteste Saturne [de Kyle Baker]. Je n’ai pas pu sortir une histoire valable pendant plusieurs semaines après ça.... L’histoire avec les deux sœurs m’avait beaucoup marquée, je trouvais cette histoire parfaite. Ca m’a d’abord bloquée, puis inspirée.
Sinon pour le reste, je ne sais pas quoi répondre (à part « merci » ^_^). Mais, ayant été très timide, je sais que j’ai passé un temps fou, à observer le monde autour de moi, et à essayer de comprendre comment les relations humaines fonctionnaient.

NV : Merci à vous !

[Entretien réalisé par courrier électronique entre Mars et Avril 2008 pour le carnet L’œuf ou la plume #1.]



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mercredi, juin 18, 2008

Een beetje van alles (XIII): Les extases de Nietzche

Arnaud Quéré & Philippe Ségard, les auteurs d'Echec et Automates (Carabas), nous proposent une série de strips qui m'ont envoûté par leur charme. La poésie qui s'en dégage est des plus plaisantes. Les Extases de Nietzshe sont à découvrir sans attendre en cliquant sur l'image ci-dessous!

Copyright 2008 - Arnaud Quéré


mardi, juin 03, 2008

Séance de dédicaces & exposition: L'employé du Moi


C'est donc presque un mini-festival que nous vous proposerons ce samedi 14 juin 2008 puisque 13 auteurs viendront dédicacer le nouveau collectif de l'employé du Moi. Leur nombre ne pouvait mieux tomber puisque CRRISP! est un recueil d'histoires d'horreur sélectionnées sur le site GRANDPAPIER. Max de Radiguès (Antti Brysselissä) dédicacera par la même occasion Little White Jack, son nouvel (et superbe) album consacré à la vie imaginée d'un guitariste de rue anonyme et pourtant bien connu des Bruxellois. Une exposition de planches originales de CRRISP! et de Little White Jack viendra complèter l'événement.
Adresse: MultiBD - La Bulle d'Or, 124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles, tel/fax: 00.32.(0)2.513.72.35.


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mercredi, mai 28, 2008

Chronique: "Fell tome 1" d'Ellis & Templesmith

Fell tome 1 d'Ellis & Templesmith, Delcourt
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Lorsque l'inspecteur Fell est transféré à Snowtown pour une faute gardée secrète, il est loin d'imaginer que ses supérieurs l'envoient dans un avant-poste de l'Enfer... ou presque. Dans cette zone de non-droit, les forces de l'ordre ont baissé les bras depuis longtemps mais Fell est bien décidé à ne pas suivre la même pente. Il veut croire qu'on peut sauver des vies dans ce Purgatoire et il devra pour cela se plonger dans plusieurs affaires de crimes sordides (pour ne pas dire crapuleux) au risque d'y perdre la raison. Marqué au fer rouge du sceau de Snowtown par une habitante superstitieuse, il devrait désormais être protégé des puissances néfastes qui jouent contre lui. On lui souhaite du moins... Avec Fell, Warren Ellis nous amène aux portes d'un univers sombre et décadent dont les auteurs d'Outre-Manche (comme Garth "Preacher" Ennis ou Alan Moore) détiennent la clef depuis le début des années '80. Fell est un petit bijou du "policier noir" dont les dialogues caustiques sont tout simplement jubilatoires!


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Chronique: "Terre de Feu tome 1" de David B. & Micol

Terre de Feu #1 de David B & Micol, Futuropolis
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Ayant fait la promesse à Christophe Blain qu'il ne reprendrait pas avec un autre dessinateur les personnages de La Révolte d'Hop-Frog (chez Poisson Pilote), David B a détourné son univers pour en poursuivre l'exploration au côté d'Hugues Micol. L'auteur de L'Ascension du Haut-Mal, frustré de ne pouvoir imaginer de nouvelles aventures pour ses deux héros Hiram Lowatt et Placido, a en effet décidé de suivre le parcours de Nathan Lowatt, le frère du premier. Tous les ingrédients de la série "originale" sont donc réunis pour ce western cette fois sud-américain. On y retrouve ainsi une galerie d'hommes érudits se livrant à la barbarie en quête d'une gloire douteuse, massacrant des peuplades indiennes que la magie et les dieux semblent bien en mal de protéger. Le premier tome de Terre de Feu est un superbe album où les scènes crues d'une aventure épique viennent rythmer une succession de palabres et de contes magnifiquement écrits.
A lire si vous avez aimé Les Cinq Conteurs de Bagdad!


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Chronique: "La Communauté, entretiens première partie" de Tanquerelle & Benoît

La Communauté (entretiens première partie) de Tanquerelle & Benoît, Futuropolis
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Hervé Tanquerelle, connu principalement en tant que dessinateur de la série du Professeur Bell (avec Joann Sfar), doit aujourd'hui être considéré comme un auteur à part entière. Avec La Communauté, il signe un très bel ouvrage d'entretiens dessinés consacré au parcours d'un groupe d'étudiants qui, dans la foulée de mai 68, ont décidé d'embrasser pleinement leur aspiration de "retour à la Terre". Avec humour et sans complaisance aucune, Tanquerelle nous éclaire sur les premières années de ce mouvement et sur quelques-uns de ses acteurs les plus remarquables. Les membres de la communauté sur laquelle s'attarde l'auteur n'ont en effet rien de l'étiquette "sex, drugs & rock'n'roll" courante à l'époque. Loin des universités et de leur éducation bourgeoise, ils tentent, avec un pragmatisme étonnant, de s'intégrer dans un monde rural pour y fonder un nouveau modèle de société. Ils devront pour cela passer par plusieurs phases d'initiation plutôt cocasses comme les marathons d'apéritifs chez les paysans du coin ou les quelques étapes délicates qui permettent de saigner le cochon... La mise-en-scène aboutie de Tanquerelle, alliée à des lavis dignes d'Emmanuel Guibert, rend la lecture de cet entretien des plus agréables en plus d'être véritablement passionnant!

A lire si vous avez aimé Les Mauvaises Gens d'Etienne Davodeau !

La présentation de cet album sur le site des éditions Futuropolis


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dimanche, avril 27, 2008

L'Oeuf ou la Plume #1: VANYDA

En parallèle à la série des carnets d'entretien XeroXed consacrés aux auteurs anglo-saxons, j'ai lancé une nouvelle collection de petits livrets baptisée L'Oeuf ou la Plume? et qui a pour objectif d'aller à la rencontre d'auteurs francophones. Le premier carnet est dédié à Vanyda à l'occasion de l'exposition qui se tient jusqu'au 04 mai chez MultiBD (124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles).
Ce carnet est offert à l'achat de Celle que... je ne suis pas et comprend un entretien exclusif avec Vanyda ainsi que des dessins préparatoires inédits.
Le livret est numéroté à 100 exemplaires et est signé par Vanyda.

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dimanche, avril 20, 2008

Emile BRAVO: séance de dédicaces

Cliquez sur l'image pour vous obtenir plus d'informations sur la séance de dédicaces d'Emile Bravo et sur notre concours Spirou: le Journal d'un Ingénu (20 Making of "collector" à gagner)...

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mercredi, avril 02, 2008

Exposition VANYDA (& séance de dédicaces)

L'inscription à la séance de dédicaces se fait par mail uniquement à l'adresse multibd@yahoo.fr ou lors de votre prochain passage à la librairie. Toutes les inscriptions à la séance de dédicaces vous seront confirmées par courrier électronique.

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mercredi, février 20, 2008

Fanzine (III): LaboziNe #3

Le troisième numéro du Labozine vient de paraître. Et il existe aussi désormais un blog du Labo Zie !

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mardi, février 19, 2008

Newsletter de la Bulle d'Or

Il est possible de s'inscrire à la newsletter de la librairie où je travaille en cliquant sur l'enveloppe ci-dessous. Vous recevrez des informations sur les événements, les expositions, les séances de dédicaces, les coups de coeur et les différentes productions de la Bulle d'Or (dont font partie les carnets XeroXed et bientôt les carnets L'Oeuf ou la Plume?)...

La Bulle d'Or/MultiBD, 124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles

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vendredi, février 08, 2008

XeroXed #5: James Kochalka

© 2008 XeroXed, James Kochalka & Ego comme X

Le cinquième carnet XeroXed est paru hier! Il reprend un entretien avec James Kochalka ainsi que quatre illustrations inédites de son chat Spandy. Ce livret est offert à l'achat de la version française du superbe American Elf (paru chez Ego comme X).
La première version du XeroXed #5 (avec couverture sur film transparent) est limitée à 50 exemplaires...


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Fanzine (II): "Cheval de Quatre" #1

© Cheval de Quatre
Le fanzine Cheval de Quatre #1 est désormais disponible dans l'espace alternatif de la Bulle d'Or.
Pour de plus amples informations sur cette initiative très prometteuse, cliquez ICI

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mercredi, février 06, 2008

Thank you, Linda !


© 2008 Linda Medley

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mardi, février 05, 2008

Pauline Martin: entretien augmenté

L'entretien "Correspondances" avec Pauline Martin vient d'être publié sur le site de du9 dans une version augmentée. On y retrouvera ainsi une nouvelle série de questions concernant son livre Ce que je sais de ma maman (paru en novembre 2007 chez Albin Michel Jeunesse) . Cliquez sur l'image pour accéder au lien.



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vendredi, janvier 18, 2008

Publisher's Cut (I): Les Enfants Rouges

Le métier de libraire "spécialisé" en bande dessinée demande de faire des choix de plus en plus difficiles. Face à la production toujours croissante de nouveaux titres, il n'est pas aisé de décider quels livres et quelles collections resteront dans le fond et ceux et celles qui devront en être retirés pour laisser place aux nouveautés. Cette situation m'a poussé à m'interroger sur la situation des jeunes éditeurs qui tentent de se faire une place dans un marché qui semble saturé. La passion du livre suffit-elle dépasser les multiples difficultés que l'on peut rencontrer face aux puissantes machines qui font feu de tout bois (en apparence du moins)? Pour le savoir, j'ai tenu à créer un nouvel espace sur XeroXed.be qui sera consacré à ces quelques éditeurs qui ont eu le courage de tenter cette périlleuse aventure. Nathalie Meulemans, fondatrice de la maison d'édition des Enfants Rouges, partage avec nous son parcours et ses aspirations dans ce premier entretrien Publisher's Cut. Cette rencontre, je l'espère, vous permettra aussi d'en savoir un peu plus sur un catalogue qui, en moins de deux ans, se montre déjà digne d'un grand intérêt.

© Les Enfants Rouges

Nicolas Verstappen : Vous avez été libraire durant près de 15 ans. Etait-ce dans une libraire généraliste ou une librairie « spécialisée » en bandes dessinées ?

Nathalie Meulemans : Le "Comic Strip Café" était une librairie spécialisée en bandes dessinées et un café. Venant d’une famille de restaurateurs et ayant un attrait pour les cafés, j’ai eu envie de créer ce lieu par goût de la convivialité. Les discussions et les rencontres autour de la bande dessinée y étaient plus faciles. Là se retrouvaient amateurs de bd et clients du café.

NV : Comment décririez-vous votre parcours de lectrice ? Quels sont les albums qui en marquèrent les tournants les plus importants ?

Nathalie Meulemans : Le chemin est long et les goûts évoluent. J’ai commencé par Franquin, Gotlib et Giménez dont je copiais les dessins. Mes premières années à la librairie (en 1991), j’aimais bien les séries fantastiques ou d’anticipation. Je suivais de près les albums des Humanos. Puis viens ma « période » Casterman. Je craquais sur Boucq, Comès, Baru, Constant, Dumontheuil, Moynot, De Crecy et quelques autres chez Delcourt aussi avec Nuit Noire de Chauvel. Ma préférence allait vers les ambiances noires semi-réalistes. Vers la fin des années ’90, j’ai découvert Daniel Clowes et Charles Burns. J’avoue que pendant une période il m’était difficile de lire tout ce qui sortait en librairie mais j’essayais de rester ouverte à tous les styles afin de conseiller au mieux les lecteurs. Quand j’ai lu Chris Ware, je me rappelle l’avoir conseillé à plusieurs reprises et quand les lecteurs revenaient en disant « c’est génial », je me disais OK, mais maintenant que vais-je lui conseiller !? C’était sans compter sur Alan Moore, Jason Lutes, Adrian Tomine et bien d’autres. J’ai trouvé aussi dans le « manga », des titres passionnants comme Amer Béton, Domû, puis plus récemment Monster. C’est super de pouvoir rester dans l’histoire et suivre des personnages sur autant de volumes et en redemander. Je continue à lire des séries « manga » comme on peut être accro à des series TV. C’est un peu la récré !

NV : Quel fut le déclic qui vous a poussé à vous lancer dans l’aventure de l’édition ?

Nathalie Meulemans : Était-ce vraiment un déclic ? Je crois que cela devait mûrir depuis un moment. Le désir de me diversifier un peu au sein de la librairie, sans doute. J’ai d’abord commencé par ouvrir une petite galerie-expo-rencontres-atelier afin d’élargir l’activité de la librairie et de créer des contacts plus larges. Mais je n’ai pas eu la patience et l’énergie de dynamiser les quelques personnes qui ont répondu présentes... difficile de tout gérer ! Mais l’envie de me lancer dans l’édition était là ; quelques auteurs que je sentais prêts à me suivre ont fait le reste.


© Les Enfants Rouges


NV : Pourquoi le nom des Enfants Rouges ? Est-ce lié au « marché des Enfants Rouges » du quartier du Marais ?

Nathalie Meulemans : Oui, la première fois que je me suis promenée dans ce quartier, j’ai découvert le marché des Enfants Rouges, j’ai été séduite. C’est en cherchant un nom me correspondant pour la maison d’édition naissante, que Les Enfants Rouges fut une évidence. L’historique de ce marché est très intéressant. Pour résumer, un orphelinat existait dans ce quartier et les enfants étaient vêtus d’une cape rouge. Bien des années plus tard, le nom existe encore en hommage à ces gamins.

NV : Avez-vous lancé votre maison d’édition en considérant que vous pouviez couvrir un espace de la production qui était négligé par les autres éditeurs ?

Nathalie Meulemans : Non, certains restent dans leurs domaines qu’ils défendent très bien en publiant toujours de très bons auteurs, d’autres présentent des choses très variées, touchent à tout, d’autres « copient » un peu mais en moins bien. Il y a de la place pour tous puisque la création n’a pas de limite. Les éditeurs sont là pour la découvrir partout à travers le monde et pour faire un bout de chemin avec les auteurs. Je ne pense pas qu’il y ait un espace de la production qui ait été négligé, mais plutôt que Les Enfants Rouges publient encore autre chose. La relation auteur-éditeur est importante pour moi, on va passer plusieurs mois côte-à-côte, alors la décision de publier une bande dessinée passe par cette relation autant que par le choix du projet.

NV : Comment cet aspect relationnel se développe-t-il ? Vous recontrez les auteurs plusieurs fois pour de longues discussions avant même de les inviter à rejoindre votre catalogue ?

Nathalie Meulemans : Non, parfois je les vois après avoir signé. Mais par téléphone ou mail on sent si les mois de travail vont se dérouler dans une bonne harmonie ! C’est souvent le projet que je vois, rarement l’auteur et son projet. Quand je reçois un dossier et si il me plaît, on discute. La confiance et le respect mutuels sont indispensables. Récemment j’ai eu l’occasion de contacter des auteurs pour un projet commun autour de nouvelles écrites par Joseph Incardona (qui a aussi participé à Ce qu’il en reste). J’ai donc envoyé ses histoires à des auteurs que je n’avais jamais rencontré. Certains m’avaient envoyé des projets qui ne correspondaient pas à la ligne éditoriale des Enfants Rouges, mais le contact était là. Aujourd’hui, Dans les Cordes est en route. Joseph est un auteur avec lequel les projets se succèdent. Nous sortons en janvier Fausse Route un récit que Vincent Gravé s’est « accaparé » pour en faire une roman-graphique de 232 pages en noir et blanc. Un bijou. Je crée le lien entre un écrivain de roman-noir et un auteur-dessinateur, puis chacun décide d’entrer dans le domaine de l’autre pour unir leur talent et aboutir à la même oeuvre. C’est magique. Je prends beaucoup de plaisir à me retrouver avec les auteurs. Quand un projet est terminé, il y a l’excitation de la sortie, les salons, les dédicaces, puis il arrive un moment où on se perd un peu de vue. C’est important de garder le contact, alors on décide de refaire un nouveau livre !

NV : Vous suivez jusqu’à présent des auteurs francophones. Envisagez-vous de publier en français des ouvrages et des auteurs étrangers ?

Nathalie Meulemans : Il y a déjà au catalogue un titre d’un auteur italien : Love Stores d’ Elfo. Nous allons d’ailleurs en publier un second. Un roman-graphique sur les événements qui ont marqué le début de la révolution étudiante et ouvrière en Italie à de la fin des années 60 au début des années 70. Le titre est La faute à ’68 et sortira fin avril pour fêter les 40 ans de contestations de toute une génération. Et, j’envisage, bien sûr, si cela se présente, de publier d’autres auteurs étrangers...


© Les Enfants Rouges

NV : Dans la présentation de votre site, vous parlez d’une « préférence pour le roman-graphique, le noir et blanc et la bichromie ». Publier en noir et blanc et en bichromie n’est donc pas pour vous qu’un choix « économique » mais il est aussi esthétique. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette approche graphique ? Son aspect plus direct (où la couleur n’est pas utilisée pour tricher ou camoufler) ?

Nathalie Meulemans : Effectivement le noir et blanc triche moins. J’aime les noirs profonds, les contrastes, les ombres, les traits pleins, les hachures, on peut tout se permettre. Les matériaux sont nombreux, ce qui donnent pour chacun un rendu différent. Le noir et blanc est très riche mais, certains lecteurs n’envisagent pas la bande dessinée sans couleurs. La bichromie est une alternative, elle peut être traitée de différentes façons, en aplats ou avec des nuances. Dans Waterloo qui sortira en février, Patrick Pirlot a utilisé une technique de clair-obscur à la façon de certains expressionnistes. Le résultat est époustouflant. La bichromie peut aussi « servir » un trait noir très précis et créé la profondeur et la chaleur dans la narration. C’est le cas dans Quatre, qui en noir et blanc aurait pu paraître trop « glacial ». Le lecteur suit une histoire sur quatre saisons et la bichromie l’accompagne et l’aide à passer l’hiver...
Quand je pense à la bande dessinée en noir et blanc, je pense à Charles Burns, Daniel Clowes, Adrian Tomine, Jason Lutes, Jaime Hernandez. Nous retrouvons ces influences dans l’oeuvre de Tanxxx avec qui nous avons publié Double Trouble. Pour Dans les Cordes, un album à paraître en avril, cinq auteurs dessinent une nouvelle écrite par Joseph Incardona. Du noir et blanc pour tous les goûts. Feutres - pinceau - stylo-plume - Rotring - Pastel - lavis d’encre de chine - ordinateur - des influences allant de Ted Benoit et Savard pour l’un à Franck Miller et Matsumoto pour un autre.

NV : Quelle part de votre temps de travail d’éditrice est occupée par la promotion de vos ouvrages ? Dans une telle période de (sur)production, n’est-il pas difficile de les faire vivre en librairie ?

Nathalie Meulemans : Difficile de répondre précisément à la première partie de la question. Sans doute pas assez. La promotion des albums est un domaine dans lequel j’aurais bien besoin d’aide, une personne dont ce serait le métier (mais n’ayant pas les moyens, un(e) bénévole serait le(a) bienvenue) ! C’est vraiment un travail de longue haleine fait de suivi et de relances... Je ne suis pas très forte à ce jeu... Je préfère me concentrer sur la lecture, sur la relation avec les auteurs puis sur la maquette. Pour la seconde partie : surproduction, oui, visibilité difficile, oui, je devrais donc communiquer davantage ! J’aime bien le bouche à oreille, ça fonctionne mais, c’est sur du long terme et les libraires (dans leur grande majorité) ne gardent pas les titres en facing, voire même dans leurs rayons très longtemps. Je crois qu’il faudrait davantage de festivals dédiés aux éditeurs indépendants, aux petites structures. Des festivals gratuits où les auteurs auraient la parole, la possibilité de vraiment rencontrer les lecteurs. Puis sans une bonne diffusion/distribution, c’est dur d’être vu. A quand une vraie structure qui représenterait des éditeurs indépendants en défendant chaque titre ? Ca aussi c’est un métier !

NV : Cette remarque tend à laisser penser qu’une structure comme celle du « Comptoir des Indépendants » ne répond pas à toutes vos attentes.

Nathalie Meulemans : J’ai bien sûr pensé au Comptoir, mais une chose m’a arrêtée : la structure manque de représentants en province. Pendant mes années de librairie, j’ai toujours eu de très bons rapports (téléphoniques) avec l’équipe, mais je pense qu’aujourd’hui, malgré de nouveaux outils mis en place, rien ne remplace les visites de représentants. Elles seront toujours plus efficaces. Les libraires aiment que l’on s’occupe d’eux, qu’on les écoute, que l’on prenne leurs problèmes en compte. Un échange sur « bon de commande », ça n’est pas la même chose ! La structure est là, il ne manque pas grand chose..... A l’inverse dans d’autres structures, malgré une équipe de représentants, si celle-ci n’est pas spécialisée en bande dessinée (et la bande dessinée d’auteur en particulier), la mise en place d’un titre est aussi difficile. Ils doivent apprendre à connaître les libraires ayant un rayon de labels indépendants et passer les voir régulièrement, mais on en est loin.....

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NV : Comme vous l’avez signalé plus haut, vous portez un soin très particulier aux maquettes de vos ouvrages (ainsi qu’à la qualité de l’impression tout en jouant avec des formats variés). Le coût de fabrication doit donc être relativement élevé. Parvenez-vous à maintenir un équilibre financier sur base de ces considérations ?

Nathalie Meulemans : Merci d’abord pour vos remarques. J’en profite aussi pour remercier les auteurs qui font beaucoup pour que les albums soient réussis. Nous travaillons ensemble pour que la réalisation finale corresponde à leurs désirs, du choix du format et celui du papier à l’élaboration de la maquette. Le suivi de la fabrication chez l’imprimeur est très important (on est loin du sans-faute, mais je suis pour l’instant assez contente de leur travail). L’équilibre financier... quand je fais faire des devis pour pouvoir donner un prix de vente, j’essaie de trouver cet équilibre, mais là on rejoint une question précédente, celle de la visibilité. On a beau faire des albums de qualité, dont on est fiers, il n’en reste pas moins que si personne ne les voie, l’équilibre est rompu ! De plus, nous faisons de petits tirages, ce qui n’est pas très avantageux en terme de coût à l’unité, mais c’est un choix, je n’aime pas que les albums restent stockés trop longtemps chez le distributeur, je préfère réimprimer. Je suis quand même satisfaite de l’accueil que nous avons reçu pour notre première année, les libraires, critiques et lecteurs reconnaissent ce travail. Puis il faut du temps pour réaliser un livre, publier entre dix à douze titres par an est aussi bien une question d’équilibre que de choix.

NV : Ce qu’il en reste est un album un peu particulier puisqu’il est édité de manière limitée (numéroté et signé). Pourquoi avoir choisi de le publier avec cette spécificité ?

Nathalie Meulemans : Au départ Ce qu’il en reste avait été envisagé comme un livre à part entière, mais au moment de la maquette, des questions se sont posées. En écrivant, Loïc Dauvillier a appris à connaître ses personnages, à leur donner corps. Un peu comme si il nous invitait à rentrer dans leur intimité. Le récit global ne tient que sur des bouts de rien, des scènes de vie et le coté intime est primordial. Mais était-il suffisant ? Après de longues discussions, nous avons décidé de faire vivre cet album avec un tirage de 1000 exemplaires et il ne sera réimprimé que lorsque Théo sera prêt. Théo n’est pas une suite comme on a coutume de l’entendre. Ce sera un livre dont on vient de rencontrer les personnages, et qu’on a envie de connaître.

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NV : Vous vous êtes aussi lancée dans la publication d’une revue « gratuite » de bandes dessinées. En quoi cela vous semblait-il important ?

Nathalie Meulemans : Oui, avec Loïc Dauvillier (auteur et éditeur des éditions Charrette), il nous est apparu évident qu’il manquait, dans notre petit milieu, une revue destinée à la nouvelle création ou un support libre d’expression pour les auteurs. Nous avons donc imaginé Ping-Pong. Petit format de 48 pages en quadri, tirage de 5000 exemplaires et GRATUIT. Nous finançons son impression. Mais nous espérons des coups de pouce de libraires, de salons ou toute manifestation se rapportant à la bande dessinée en leur proposant un « encart » publicitaire. La distribution est assurée par « Le Comptoir des Indépendants » chez tous les libraires qui en font la demande. Ping-Pong permet de publier des auteurs qui n’ont pas leur « place » dans les magazines classiques de BD (accaparés par la pré-publication de gros éditeurs). C’est aussi une possibilité pour les auteurs confirmés de publier des histoires courtes inédites. Il n’y a pas de thème dans Ping-Pong. Les auteurs peuvent présenter des projets en noir et blanc, bichromie ou quadrichromie entre une et huit pages ! Le numéro 3 sortira fin février, quelques semaines avant le festival de Floirac qui soutient notre revue pour ce nouveau numéro. Nous espérons pouvoir continuer longtemps notre revue, mais nous avons besoin pour cela, d’un peu d’aide extérieure. J’ai également fait une demande d’aide à la région Paca. J’espère que le projet les séduira ! Et si parmi vous, lecteurs, certains sont animés par le même désir que nous de mettre au jour la création en bandes dessinées, vos dons sont les bienvenus (contact)!



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mercredi, janvier 16, 2008

Entretien avec Shaun Tan en V.O.

© 2008 "du9"/Shaun Tan
L'entretien XeroXed avec Shaun Tan est désormais disponible en version originale sur le site de du9 (ainsi que dans sa version française) .


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mardi, janvier 15, 2008

Previews Xeroxed #5: James Kochalka

© 2008 James Kochalka/Nicolas Verstappen

Et voici la première de couverture du cinquième carnet XeroXed. Il sera consacré à James Kochalka et reprendra un entretien avec l'auteur américain ainsi que quatre illustrations inédites de son chat Spandy. Ce livret sera offert à l'achat d'un album de James Kochalka à l'occasion de la sortie de la version française d' American Elf chez Ego comme X (le 25 janvier 2008).
La première version du XeroXed #5 (avec couverture sur film transparent) sera limitée à 50 exemplaires.

© 2008 James Kochalka/Ego comme X

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vendredi, janvier 11, 2008

Linda Medley: séance de dédicaces

© 2008 Cà et Là & Linda Medley
C'est avec beaucoup de plaisir que nous accueillerons la dessinatrice américaine Linda MEDLEY à l'occasion de la sortie de son magnifique album Château L'Attente qui a ravi l'ensemble de l'équipe de la librairie.

Plus d'informations sur cet album à la fois sélectionné au Festival d'Angoulême et au Prix des Libraires Canal BD sur le
site des éditions Cà et Là.

La séance de dédicaces aura lieu le lundi 28 janvier entre 15h et 18h30 à la Bulle d'Or (124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles). Les réservations sont obligatoires, par mail uniquement (à l'adresse
goldenchronicles@yahoo.fr) ou directement à la librairie.

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mercredi, janvier 09, 2008

Nouvel espace alternatif

Suite à l'agrandissement de la librairie (n°122 & 124 du boulevard Anspach), le rayon alternatif de la Bulle d'Or a été déplacé (de quelques mètres seulement, je vous rassure). C'était l'occasion rêvée pour étendre l'espace consacré aux éditeurs indépendants et surtout de mettre en avant ceux qui oeuvrent vaillamment dans notre plat pays. Les albums de l'employé du Moi et quelques fanzines locaux sont ainsi mis à l'honneur dans deux meubles qui leur sont dédiés.

© l'employé du Moi



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