lundi, juin 29, 2009
BAM! BAM!
dimanche, juin 28, 2009
XeroXed (XV): MIRIAM KATIN

Couverture de l'album Seules Contre Tous paru aux éditions du Seuil---
ENTRETIEN AVEC MIRIAM KATIN
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Nicolas Verstappen : Vous avez démarré votre carrière dans la bande dessinée à l’âge de 58 ans. Etiez-vous déjà familière avec ce médium ou l’avez-vous découvert tardivement ?
Miriam Katin : Mes deux garçons (âgés aujourd’hui de 36 et 40 ans) ont fait mon éducation au travers des albums de Tintin et d’Astérix lorsque nous vivions en Israël. Aux Etats-Unis, ces séries étaient bien moins populaires et mes enfants ne s’intéressaient que très peu aux super-héros. En 1986, on me commanda une série de bandes dessinées d’après des publicités que nous avions produites en Israël pour le studio d’animation qui m’employait. Je m’y attelai et fus séduite par cette forme de narration. Mon premier travail personnel date cependant de 2000. Je travaillais alors avec de jeunes dessinateurs de Disney et MTV qui avaient entrepris d’éditer une anthologie de leurs travaux. Ils inclurent ma première histoire dans ce recueil baptisé Monkey Suit. Ce récit traitait de ma famille et de mon enfance. Ce sujet occupe mes pensées comme une sorte de flot narratif ininterrompu. Je ne suis pas une écrivain mais, sachant dessiner, j’ai trouvé au travers de la bande dessinée un moyen modeste de l’aborder.
NV : Pour quelles raisons aviez-vous quitté Israël pour les Etats-Unis en 1963 ?
Miriam Katin : Je venais de terminer mon service militaire et j’ai voulu quitter au plus vite cet endroit pour barouder quelques temps à travers le monde comme le font encore aujourd’hui les jeunes Israéliens.
NV : Durant ce service militaire obligatoire, vous avez travaillé comme « artiste graphique ». En quoi consistait ce poste au sein de l’Armée de Défense Israélienne ?
Miriam Katin : Mon service était obligatoire mais je l’ai apprécié de bout en bout. Jeune fille réservée aux parents sur-protecteurs venant d’une Budapest guindée, j’ai accueilli à bras ouverts à l’âge de 18 ans le sentiment de liberté qu’offre la vie de l’Armée. C’est ce que j’appelle la « romance terrible » de la vie militaire (l’odeur de la graisse pour fusil me plonge encore dans un état second où se mêlent mes souvenirs de jeunesse). Mon travail de graphiste est présenté dans la case inférieure gauche du récit Live Broadcast. Nous dessinions et écrivions des instructions militaires sur de grandes feuilles de vinyl noir avec de la peinture à l’huile blanche. Ce travail nous rendait parfois fou mais nous étions déjà un groupe un peu dérangé à la base.
NV : Vous avez principalement travaillé dans le domaine de l’animation. La technique du storyboard vous a-t-elle aidée dans votre travail en bandes dessinées ou avez-vous dû vous en éloigner ?
Miriam Katin : Ma tâche principale dans le domaine de l’animation était liée au design des décors. J’ai réalisé au cours de ces années de nombreux croquis et pour la plupart de personnes en mouvement. Je pense que mes bandes dessinées ont gardé cette dynamique du mouvement « réaliste ». Du moins, c’est ce qui est généralement noté dans les articles concernant mon travail.
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---NV : Votre trait se rapproche sensiblement de celui de Raymond Briggs. Fait-il partie de vos influences graphiques ?
Miriam Katin : Le nom de Raymond Briggs est revenu souvent dans des articles traitant de mon travail et j’ai donc fait quelques recherches sur le sien. Je ne connaissais aucune de ses œuvres ni celles des autres grands auteurs de bandes dessinées. J’étais une vraie novice dans cet univers.
NV : Vous travaillez au crayon plutôt qu’à l’encre. Pourquoi avez-vous opté pour cette technique ?
Miriam Katin : Cela s’est produit de manière toute naturelle. En travaillant sur les croquis préparatoires des quatre planches de mon premier récit, je me suis éprise de la qualité de la ligne du crayon. Sa sombre mélancolie et ses gris semblaient exprimer à merveille ce que je désirais partager. Lorsque Chris m’a suggéré de travailler en couleurs, je lui ai répondu que j’avais toujours envisagé ces lieux et cette époque en noir et blanc. Sans doute ai-je été profondément influencée par les photographies de ces années-là et de manière plus intime par les quelques clichés pris par mon père durant la guerre.
NV : Votre récit How the Irish defeated the Hebrews dans le Rosetta #2 s’inscrit dans une tonalité bien différente du reste de votre corpus. Vous y décrivez avec beaucoup d’humour les passions adultérines qui prennent place dans les thermes de la Mer Morte. Pourquoi avez-vous décidé de travailler à l’encre sur ce récit ?
Miriam Katin : J’ai toujours apprécié travailler à l’encre et au pinceau. Je me suis éloignée de cette technique avec le temps et c’est un véritable problème car le trait du crayon se reproduit beaucoup plus difficilement. Au travers de cette histoire, je voulais tout simplement faire un récit plus léger et voir si j’étais toujours capable de manier le pinceau. J’ai passé un très agréable moment sur ce projet. Durant ces années passées près de la Mer Morte (1981-1990), je travaillais souvent dans la guest house et le spa gérés par le kibboutz Ein Geddi. De nombreux anciens guerriers décrépis y venaient et mes collègues me firent remarquer qu’ils partageaient encore des liaisons bien « volages ». A quelques pas de l’ancienne ville de Sodome, l’air transportait une épaisse odeur de sel, de souffre, de passion et d’intrigue amoureuse.
NV : Y a-t-il eu une sorte de déclic qui vous a mené de l’idée d’écrire Seules contre Tous à la mise en chantier de ce récit ?
Miriam Katin : Après plusieurs histoires courtes consacrées à mon enfance, une question restait latente : « Vous êtes née en 1942 en Hongrie. Vous êtes juive. Comment avez-vous survécu ? Il doit y avoir une histoire... » Oui, il y a bien une histoire mais ma mère étant encore en vie (et en bonne santé), il m’avait semblé impossible d’aborder ce sujet. Au bout de quelques temps... et suite à l’insistance de mon éditeur... et après m’être demandée ce que je pouvais bien attendre... j’ai dessiné un découpage préparatoire pour une histoire de 35 pages. Chris Oliveros m’a alors suggéré d’étendre ce récit pour en faire un livre.
NV : La bande dessinée offre la possibilité à l’auteur victime d’un trauma de conjuguer à sa guise les mots, les images (lorsque les mots sont trop douloureux) et les ellipses. Elle lui offre aussi une certaine intimité avec son lecteur. La bande dessinée n’était-elle pas une des formes les plus appropriées à l’expression du drame que vous avez vécu ?
Miriam Katin : Je crois que votre analyse est juste mais c’est une chose dont je n’avais pas conscience à mes débuts. Mon troisième récit, intitulé Parfait et publié dans Viva la Monkeysuit en 2001, traite d’un incident lié à la pédophilie lorsque j’étais enfant à Budapest. Au départ, j’ai pensé que je cherchais simplement une histoire forte et peut-être que c’était le cas à l’époque. Pour Seules contre Tous, ce fut quelque chose de très différent. De nombreuses personnes me parlant de la question de la catharsis, je dû me rendre à l’évidence qu’elles avaient vu juste.
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Miriam Katin : L’alcool a toujours été présent dans ma vie. Dans l’Europe de mon enfance, il n’était pas lié à une interdiction stricte pour les enfants comme c’est le cas aux Etats-Unis. Durant mon service militaire, la consommation d’alcool était devenue coutumière. J’ignore si nous buvions pour « oublier », pour nous « aider à vivre avec ». Mon mari pense que c’était le cas. Une chose est sûre cependant. Lorsque je rends visite à ma mère, nous buvons un apéritif sans attendre et ce quelle que soit l’heure de la journée (à l’exception du petit-déjeuner). Dernièrement, nous nous servons du Scotch. Elle a 90 ans et nous passons un agréable moment. Ce n’est qu’après avoir terminé Seules contre Tous que j’en suis arrivée à la conclusion qu’il s’agissait là à la fois d’un rituel et d’une célébration.
NV : Vincent Bernière m’a signalé que votre première rencontre avec Art Spiegelman fut relativement froide. Quel fut votre sentiment à cet égard ?
Miriam Katin : A la première rencontre, à la seconde, à la troisième... J’étais si impatiente et honorée de le rencontrer que je ne savais pas à quoi m’attendre. Et à quoi aurais-je dû m’attendre ? Si je devais comparer son accueil à celui plus chaleureux des autres auteurs, je dirais que le sien était très différent. Peut-être est-il dérangé par le fait que l’on compare (bien qu’il ne pourra jamais y avoir de comparaison avec son œuvre) ou plutôt mentionne son nom à chaque fois que l’on m’interviewe. Je suis aussi nouvelle dans le métier et je suis donc peut-être considérée comme une dilettante ou une intruse.
NV : Vous avez d’abord été « horrifiée » par l’idée qu’une bande dessinée sur la Shoah comme Maus puisse exister. Vous avez changer d’avis plus tard. Comment définiriez-vous la relation que vous entretenez avec cette œuvre ?
NV : Le récit de type autobiographie est au centre de travail. Qu’en est-il de la fiction ?
Miriam Katin : J’ai travaillé sur deux histoires qui n’était pas liées à ma vie dans le deuxième volume de l’anthologie Rosetta. La première était basée sur un scénario de Suat Ng Tong et l’autre évoquait les passions amoureuses au bord de la Mer Morte. Mon reportage sur Obama est plus difficile à définir. Cependant j’ai bien une idée ou deux pour la fiction. Mais il y a cette histoire... Une histoire qu’il m’est pénible de raconter et sur laquelle je dois me pencher avant toute chose... Mon mari pense que je n’y parviendrai jamais. Je dois parler de mon père que j’aimais tant et qui est décédé en 1996. J’étais très proche de lui. Ses quelques apparitions dans Seules contre Tous furent les pages les plus difficiles à rendre sur un plan émotionnel. Mon mari dit que je tente de tout faire pour éviter d’entamer mon prochain livre qui devrait lui être consacré en grande partie. Il a peut-être raison.
NV : En quoi les souvenirs de votre père sont-ils un sujet si difficile à aborder ?
Miriam Katin : Je ne suis pas certaine de la réponse. Les photographies de la guerre que je reproduisais dans Seules contre Tous me plongeaient irrémédiablement dans une profonde tristesse. Je crois que c’est de penser à la grande injustice de sa souffrance qui me met dans un tel état. De plus, même si mon père survécut, les circonstances ne lui permirent jamais de réaliser pleinement ses aspirations professionnelles. Cela m’a toujours attristée.
NV : Vous envisagez aussi de parler dans un prochain récit du choc que provoqua pour vous l’installation de votre fils Ilan à Berlin à cause de votre « système de pensée fondé sur l’Holocauste ». Est-ce là aussi une approche cathartique lié à ce problème ou une façon d’apporter, au travers de ce récit, une conclusion à un cheminement effectué en amont ?
NV : Comment envisagez-vous votre citoyenneté aujourd’hui. Vous sentez-vous américaine, israélienne, hongroise ?
Miriam Katin : A la fois américaine et israélienne. On ne perd jamais sa nationalité israélienne mais je ne renoncerai jamais non plus à ma nationalité américaine car ce pays fut le pays le plus accueillant de tous.
[Entretien réalisé en janvier 2009 via courrier électronique pour le carnet XeroXed #15 offert à l'achat du collectif Le Tour du Monde en Bande Dessinée volume 1 paru aux éditions Delcourt.]
---dimanche, mai 31, 2009
Entre Hergé & Magritte...
jeudi, mai 28, 2009
A découvrir: la trilogie "Rosalie Blum" de Camille Jourdy
Il n'y a rien de moins banal que les personnages "ordinaires" de Camille Jourdy!!! Prenez par exemple Vincent Chamal, ce jeune trentenaire privé de toute aspiration professionnelle ou sentimentale à cause du chantage affectif d'une mère quelque peu dérangée... Rien ne le prédestine à sortir des clous et pourtant son quotidien deviendra une aventure de tous les instants lorsqu'il décidera de tromper son ennui en se lançant dans la filature d'une mystérieuse inconnue. Pas totalement inconnue en réalité et c'est bien là que réside son mystère... Vincent Chamal la connaît. Il en est certain. Mais d'où? Pourquoi le visage de Rosalie Blum le hante-t-il à ce point? Pourquoi sa mémoire lui joue-t-elle ce mauvais tour qui vire à l'obsession? Combien de temps pourra-t-il suivre cette femme énigmatique sans se trahir? Ce que Vincent Chamal ignore c'est que son étrange attitude a déjà éveillé la curiosité d'une tierce personne qui le surveille étroitement... Camille Jourdy croise ainsi les destins de ses personnages pour nous offrir une trilogie riche en rebondissements et en purs instants de plaisir. Des instants tendres et décalés comme l'équipe de notre librairie les aime tant. (Nicolas)
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Présentation sur le site de l'éditeur
dimanche, mai 24, 2009
24 HEURES de GRANDPAPIER: quelques photos
De nombreuses planches des 24 Heures sont déjà présentées sur GrandPapier.org.
dimanche, mai 17, 2009
24 HOUR COMICS de GRANDPAPIER
Le site GRANDPAPIER.org va devenir durant 24 heures le centre névralgique de l'événement. Vous pourrez y lire les pages postées en temps réel de la totalité des auteurs participants. Des webcams placées dans presque tous les différents lieux vous permettront de vivre ces 24 heures avec les auteurs, où qu'ils soient. Un blog sera entretenu où vous pourrez voir chaque heure des photos de la station bruxelloise et de ses activités. Enfin Radio Campus Bruxelles retransmis en streaming depuis le site vous donnera le son avec des émissions/interviews d'auteurs pendant toute la durée de l'événement!
Á Bruxelles, ça se passe à l'ULB (université libre de Bruxelles), dans le foyer culturel sur l'avenue Paul Héger à 1050 Bruxelles. Non loin de radio Campus qui suivra l'événement en direct. Á Montréal, ça se passe CHEZ ORANGETANGO, 88 rue Queen, Montreal, QC ...
Ça se passe du samedi 23 mai au dimanche 24 mai. De midi à midi (GMT), donc de 8 heures à 8 heures pour Montréal, de 14 heures à 14 heures pour Bruxelles, etc......
Voir la liste des participants en fin de cet email.
GRANDPAPIER.org
--english--
Only six days left before the 24 hour comics of grandpapier.org starts!
Comic artists taking part in this event will have to draw 24 pages in 24 hour. And to get things nastier, just before starting they will receive a special constrain. Live from Brussels, Montreal, Beirut, White River Junction, Poitiers, Paris, San Antonio and even Papette! All together over 70 comics artist are ready to take up this challenge!
Grandpapier.org will become for 24 hour the HQ of the event. You'll be able to read pages posted in real time from all the participants. Webcams in every places will let you see the comic artists as they work. A blog dedicated to the Brussels station will give you hourly pictures and summary of what's happening. Finally the local radio (radio campus Brussels) streamed through the website will give you fresh interviews and discussion on comics all 24 hour long.
The event will be held in Brussels at the university: ULB (université libre de Bruxelles), Paul Héger av. 1050 Brussels.
In Montreal at CHEZ ORANGETANGO, 88 Queen st. Montreal, QC
Wherever you are save the date, from Saturday May 23 @ 2PM Brussels time (GMT+2, thats 8AM on America's east coast) to Sunday May 24, same time...
Participants list at the end of this email.
GRANDPAPIER.org
-- participants--
--de/from Beyrouth : Fadi ’the fdz’, Ghassan Halwani, Hatem Imam, Omar Khouri, Lena Merhej, Jana Traboulsi
--de/from Bruxelles : Bapton, Etienne Beck, Bert, Olive Booger, Abdel Bouzbiba, Claude Cadi, carl, Renaud De Heyn, Alexandre De Moté, Max de Radiguès, Brice Dumas, Rémi Lucas, Frédéric George, Sacha Goerg, Florent Grouazel, Benoît Guillaume, William Henne, Hero, Carl Johanson, Zoé Jusseret, Christophe Poot, David Libens, Roxane Lumeret, Joanna Lorho, Joseph Falzon, Cédric Manche, Noémie Marsily, Thomas Mathieu, Pascal Matthey, Alain Munoz, Stephane Noël, Morgan Navarro, Monsieur Pimpant, Pieriv', Bastien Quignon, Natacha Sicaud, Younn Locard, Thierry van Hasselt, Louis Vanardois, Zviane
--de/from Montréal : Mélanie Baillairgé, Jimmy Beaulieu, Pascal Blanchet, Pierre Bouchard, Julie Delporte, Ariane Denommé, Francis Desharnais, Catherine Genest, Pascal Girard, Vincent Giard, Elise Gravel, Michel Hellman, Laurence Lemieux, Catherine Lepage, Sébastien Trahan, David Turgeon
--de/from Papeete : Bulu
--de/from Paris : Aleksi Cavaillez, Damien Roudeau
--de/from Poitiers : Juhyun Choi, Otto T
--de/from San Antonio : Cole Johnson
--de/from White River Junction : Robyn Chapman, Jen Vaughn, Liza Petruzzo
L’employé du Moi "
mardi, mai 05, 2009
"100 Bullets": chef d'oeuvre du thriller noir & cachet XeroXed
---100 Bullets est un petit bijou du thriller noir. Ce récit haletant (qui vient de se conclure aux Etats-Unis) vous plongera au coeur d'une machination dont les ressorts sans faille ne cesseront de vous surprendre. A ne pas manquer!" (Nicolas)
jeudi, avril 16, 2009
Previews: Cachet XeroXed #5 - Jason Lutes
mardi, mars 17, 2009
Séance de dédicaces: Boulet & Bouzard
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Les inscriptions se font par e-mail à l'adresse info@multibd.com (ou directement à la librairie, 124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles).
Previews: "XeroXed #16: James Sturm & Rich Tommaso"
dimanche, mars 15, 2009
Fanzine (IV): "Quebecopies"
---Des fanzines venus tout droit des contrées de Québec sont désormais disponibles à la librairie. Rendez-vous sur le site de l'éditeur Les Raboussiers pour découvrir leurs productions.
mardi, mars 10, 2009
Cachet XeroXed #4: Jeffrey Brown
vendredi, mars 06, 2009
Cruel Chef d'Oeuvre
---Les éditions Dupuis créent l'événement en ces premiers jours de mars avec la parution dans leur catalogue d'un ouvrage aussi surprenant qu'inclassable. Derrière les magnifiques dessins aux couleurs chatoyantes de Jolies Ténèbres se cache en effet une férocité sans nom. On pourrait croire de prime abord tenir entre ses mains une bande dessinée naïve sur l'Innocence mais il n'en est rien. Car Fabien Vehlmann dissèque cette notion d'Innocence, incarnée ici par une fillette au destin tragique, en la fractionnant en autant de petites créatures aux traits enfantins qui personnifient nos aspects les plus sombres. Ce récit pourrait ainsi être envisagé comme une relecture moderne du Petit Chaperon Rouge dans laquelle les auteurs auraient réuni tout ce qui fut expurgé des contes classiques pour enfants depuis l'avènement des studios Disney. Cette oeuvre crue et d'une force rare s'adresse donc à un public averti, prêt à en découdre avec ses émotions les plus vives. Un ouvrage à ranger à côté de Pourquoi j'ai tué Pierre d'Olivier Ka & Alfred ou Daddy's Girl de Debbie Drechsler et aussi incontournable que ces derniers.
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Deux chroniques sur le net:
"La belle surprise de mars" pour le Wart Mag (lien)
"Jolies Ténèbres est un chef d'œuvre, un vrai" pour le Bodoï (lien)
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Jolies Ténèbres de Vehlmann & Kerascoët, Dupuis
samedi, février 28, 2009
Photocopie, mon amour
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Trois fanzines ont rejoint l'espace qui leur est dédié à la librairie en ce mois de février. Le Soap #37 (qui marque hélas la fin de cette belle aventure), le livret Avant la Catastrophe de Max de Radiguès et le Cheval de Quatre #3 (ou numéro "quatre moins un") sont désormais disponibles.
mercredi, février 25, 2009
Le Retour de "Pinocchio"
---L'excellent Pinocchio qui s'est vu décerner le Fauve d'Or au dernier Festival d'Angoulême vient d'être réimprimé et une troisième édition est déjà sous presse! Ne manquez surtout pas cette interprétation cruelle et décalée du conte de Carlo Collodi par le génial Winshluss (alias Vincent Paronnaud, co-réalisateur du film Persepolis) qui utilise avec virtuosité une palette de styles graphiques variés pour transcender chacune des séquences de ce somptueux récit!
vendredi, février 20, 2009
Cachet XeroXed #3: Kan Takahama
---Si Jirô Taniguchi est considéré par beaucoup (et peut-être à tort) comme le plus "européen" des auteurs nippons, Kan Takahama pourrait bien être son équivalent féminin. Dans ses histoires courtes de l'Eau Amère, la talentueuse dessinatrice nous dévoile la complexité des rapports humains au moment de ruptures souvent difficiles mais parfois étrangement tendres. Un personnage de cet album exprime bien ce sentiment par l'expression: fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve. Cette phrase est le fil conducteur d'un recueil tour à tour drôle et émouvant où la contemplation et la passion se mêlent pour révéler une atmosphère dont le caractère reste en réalité profondément japonais. Kan Takahama relève la saveur des émotions au travers de personnages ordinaires qui, par leurs rencontres, quitteront le sentier de la résignation. Un petit bijou.
Cachet XeroXed #3 de Kan Takahama
Après Adrian Tomine & Dash Shaw, la dessinatrice japonaise a gentiment accepté de nous faire parvenir une illustration inédite pour orner son album sous la forme d'un cachet limité à 100 exemplaires. Ce cachet n'influe en rien sur le prix de l'album. Comme pour les carnets d'entretien XeroXed, ce supplément est entièrement gratuit et disponible chez Multi BD à Bruxelles.
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©2009 Kan Takahama & XeroXed.be
L'Eau Amère de Kan Takahama, Casterman (Sakka/Auteurs), 12.50€
mercredi, février 18, 2009
On a repoussé les murs, une fois de plus...
mercredi, février 11, 2009
XeroXed (XIV): DASH SHAW
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Son dernier roman graphique intitulé Bottomless Belly Button a été encensé par la critique américaine (« le meilleur roman graphique de l’année » pour le New York Magazine) et son webcomic BodyWorld, actuellement publié sur son site internet, vient d’être signé par le prestigieux éditeur Pantheon Books. A 25 ans, Dash Shaw est au cœur de toutes les attentions tant le talent de ce jeune prodige laisse entrevoir de nouvelles œuvres magistrales.
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Site internet de Dash Shaw : dashshaw.com
Site internet de son éditeur français: caetla.fr
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Bottomless Belly Button (nombril sans fond) , ça et là, 2008.
En anglais:
Love eats Brain: A Zombie Romance, Odd God Press, 2004
Goddess Head (short stories), Teenage Dinosaur Press, 2005.
The Mother’s Mouth, Alternative Comics, 2006.
Bottomless Belly Button, Fantagraphics Books, 2008.
Mome #10, 11, 12 & 13 Fantagraphics Books, 2008-2009.
La famille Looney
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C. Entretien avec Dash Shaw
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La version originale de cet entretien (en anglais) est disponible sur le site de du9
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NV : Comment avez-vous élaboré le scénario des 720 pages de Bottomless Belly Button ? Envisagiez-vous dès les prémisses de ce projet qu’il serait aussi imposant ?
Dash Shaw : Je n’avais pas de scénario à proprement parler mais plutôt un plan de séquences. Je dessinais des scènes et je décidais ensuite si elles figureraient ou non dans l’album et à quel endroit. Le niveau du dessin a participé à rendre cette expérience plus proche de celle de l’écriture où l’on peut facilement rédiger un paragraphe et ensuite le supprimer ou le déplacer ailleurs. Pour BodyWorld, je ne peux pas travailler selon ce principe mais pour Bottomless Belly Button j’ai eu l’occasion de tenter l’expérience.
Je savais dès le départ que Bottomless Belly Button aurait un tempo très lent mais qu’il se lirait très rapidement. Comme les bandes dessinées japonaises mais avec une forme plus étendue. Ou comme de regarder successivement chaque image d’une bande de film. Ce type de narration demande une pagination conséquente.
NV : L’écriture est aussi importante dans votre œuvre au travers des onomatopées. Vous utilisez de nombreux mots et signes pour traduire les odeurs, les goûts et les textures (la vapeur, la poussière dans l’air, les sons de l’océan…). Est-ce une manière de palier à l’absence de ces « effets » dans la bande dessinée ?
Dash Shaw : Ces mots et ces signes permettent d’inventorier des phénomènes naturels qui se répètent au fil de Bottomless Belly Button. Ils ont diverses fonctions comme celle d’établir des liens entre certains éléments ou de servir d’effet sonore particulier. En cela , ils se rapprocheraient des bandes dessinées japonaises qui possèdent des onomatopées bien plus spécifiques. Ces mots et ces signes sont principalement présents pour créer un environnement. Je ne pense pas que je compense. Le fait que les bandes dessinées n’aient ni son ni odeur me plaît car l’utilisation d’un mot est parfois plus plaisant. Lire les mots « bruit du garage qui s’ouvre » est différent d’entendre ce son ou de voir cette porte s’ouvrir.
Dans mon webcomic BodyWorld, j’accentue l’effet de la pluie tombant sur différentes choses en utilisant des mots comme « pluie qui tombe sur le trottoir » ou « pluie qui tombe sur les cendres ». Cela crée un « effet sonore » mais cela lie également les trois scènes de pluie réparties dans l’album. Les mots permettent d’apporter énormément de choses à la Bande Dessinée.
NV : Vous vous référez plusieurs fois à la Bande Dessinée japonaise dans votre utilisation du rythme et des onomatopées. Vous utilisez par ailleurs des successions de cases assez typiques du manga comme la transition « d’aspect à aspect » ou « sans rapport apparent ». Avez-vous été influencé par la production nippone ?
Dash Shaw : Oui. J’ai grandi en pleine explosion des mangas et des animes ici aux Etats-Unis. Je me souviens m’être rendu dans un vidéoclub qui venait de rentrer Akira et Dominion Tank Police. La semaine suivante, j’y retournai et ils avaient rentré The Guyver et ce fut ainsi semaine après semaine… Ce mouvement ne cessa de croître. D’un coup, il y avait près d’un million de personnes à Otakon et on assistait à l’éclosion rapide de petites conventions consacrées aux animes un peu partout aux Etats-Unis.
Bottomless Belly Button en particulier est le résultat d’un croisement entre le manga de la première période de l’ère post-Tezuka et des comics alternatifs américains comme ceux de Chester Brown et Chris Ware. Ce livre fait plus de 700 pages mais il se lit en moins de quatre heures. Il se passe en réalité très peu de choses dans cette histoire. Il est donc à la fois un ouvrage très long et très court. Cette expérience de lecture est inspirée sans conteste de la Bande Dessinée japonaise.
NV : Sammy Harkham m’écrivait qu’il désirait faire ressentir à ses lecteurs que son Poor Sailor était une histoire racontée sur le mode passé, comme si tout était déjà arrivé. J’ai eu le même sentiment en lisant Bottomless Betty Button et je crois que cela tient du choix de cette encre au ton brun. Etait-ce le sentiment que vous désiriez procurer ?
Dash Shaw : Je ne parlerais de mode passé mais j’exprime en effet les choses en partant du principe que les lecteurs connaissent déjà la suite des événements, comme s’ils lisaient le récit pour la seconde fois. Mes bandes dessinées sont généralement conçues dans l’idée que l’on puisse saisir l’entièreté du livre de manière immédiate. Ce brun évoque peut-être le sépia ou une couleur délavée mais je l’envisage comme rappelant celle du sable. J’aime particulièrement le rendu de cette encre sur les couvertures.
NV : Vous utilisez de la gouache sur film acétate pour la mise en couleurs de plusieurs de vos récits. D’où vous vient cette technique généralement liée au cinéma d’animation et pour quelle raison avez-vous préféré le noir et blanc (ou le « sable et blanc ») pour The Mother’s Mouth et Bottomless Belly Button ?
Dash Shaw : Plusieurs chapitres de The Mother’s Mouth ont été conçus en couleurs sur du film acétate mais ont été imprimés en niveaux de gris. J’ai aussi travaillé la couleur sur des histoires plus courtes et des sections d’un récit plus long. Dans le temps, cette technique du film acétate était courante en bande dessinée comme sur le Batman : Année Un brillamment mis en couleurs par Richmond Lewis. Plusieurs intérieurs de couvertures des THB de Paul Pope ont aussi été réalisés de cette façon. En fait, de nombreux auteurs utilisent cette technique. Pour ma part, je combine des couches d’acétate avec une mise en couleurs par ordinateur.
Je ne crois pas qu’une colorisation de Bottomless Belly Button aurait donné un résultat probant. Chaque livre a son atmosphère et son propre aspect visuel. Le projet qui suivra BodyWorld sera divisé en deux parties. La première sera dessinée à l’encre et la seconde en couleurs mais avec une technique différente de celle de BodyWorld.
NV : Vous utilisez aussi de nombreux diagrammes dans vos récits comme Kevin Huizenga dans ses Glenn Ganges. L’utilisation de ces motifs vous est-elle apparue comme naturelle ?
Dash Shaw : J’aime les cartes et les diagrammes ainsi que les combinaisons mot/image comme on les retrouve dans la bande dessinée. Kevin Huizenga et moi utilisons des diagrammes mais nous sommes cependant des auteurs très différents.
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Plan de BodyWorld et règles du DieBall
NV : Dans BodyWorld, il existe un sport qui se nomme le « dieball ». Il se pratique avec un dé géant à 10 faces. Ce dé (dans sa taille réelle) est souvent utilisé lors de parties de jeux de rôles. Avez-vous participé à ce type de jeux et peut-on y déceler une influence sur votre manière de construire vos univers souvent présentés par des cartes géographiques ?
Dash Shaw : J’ai joué à Donjons et Dragons de façon intensive. J’étais le Maître du Donjon et je jouais tous les jours après l’école ainsi qu’une longue partie d’environ cinq ou six heures le dimanche. J’ai arrêté de jouer au début de l’antépénultième année de mes secondaires pour focaliser toute mon énergie dans la bande dessinée. J’ai tout appris de Donjons et Dragons depuis la création d’un environnement et de personnages jusqu’à l’élaboration d’un scénario. Mes parties mettaient les personnages et la sociabilité en avant. Je sais qu’un grand nombre de dessinateurs ont joué à Donjons et Dragons et l’on peut probablement établir des rapprochements. Je n’ai cependant pas porté le même intérêt que d’autres à tout ce qui touchait aux monstres et aux créatures étranges. Je ne me rappelle pas en avoir dessiné énormément. Je créais principalement des cartes, des personnages et des scénarii.
Je ne comprends pas que Donjons et Dragons souffre encore d’une réputation de jeu misanthropique car il pousse, selon moi, à une plus grande sociabilité. Au travers de ce jeu, des personnes se rassemblent autour d’une table pour parler. Je crois que c’est un jeu important que l’on devrait apprendre aux enfants. On devrait les encourager à y jouer.
J’ai imaginé le « Dieball » vers quatorze ou quinze ans car j’aimais l’idée que l’on puisse utiliser un dé géant dans un sport. Je l’ai développé pour BodyWorld car il y trouvait sa place. Il y a toujours un nouveau sport un peu étrange dans ce genre d’univers, n’est-ce pas ? Comme le « Quidditch » dans Harry Potter mais à la différence que le « Dieball » peut se pratiquer dans le monde réel. J’espère que ce sera le cas un jour !
NV : Dans son essai sur les bandes dessinées et le jeu de rôle, Dylan Horrocks observe le développement récent d’une « narration géographique » basée sur la construction d’environnements virtuels dans lesquels le public est invité à l’exploration et même à « jouer ». On retrouve cet aspect de participation du lecteur dans Bottomless Belly Button et d’autres de vos œuvres.
Dash Shaw : Lorsque je suis assis à ma table à dessin, je veux éprouver le sentiment d’être transporté dans un autre lieu. Je veux que l’acte de dessiner me procure une pleine satisfaction et je construis tout autour de ce principe. Je veux être dans un autre environnement et suivre des personnages qui sont plaisants à dessiner ou qui me font rire. Si ce n’était pas le cas, je serais moins prolifique et beaucoup plus torturé. Pour le moment, je dessine chaque jour et cela me rend à la fois heureux et comblé. J’ai le sentiment de prendre des congés pour visiter des régions aussi différentes les unes que les autres.
The Mother's Mouth bientôt traduit en français chez çà et làNV : Xavier Guilbert note sur du9 que la structure de Bottomless Belly Button évoque les « trois unités de la tragédie classique (la maison familiale comme lieu principal, la semaine comme unité de temps, le divorce comme action centrale) ». Pensez-vous que cette structure a servi de cadre central au moment de tisser ensemble vos diverses séquences ?
Dash Shaw : Cela sonne bien. Je ne songeais cependant pas précisément à la structure de la tragédie mais la question de la structure occupait bel et bien mes pensées. J’ai toujours une structure très claire dans ma tête. Comme je l’ai signalé plus tôt, mes bandes dessinées sont généralement conçues dans l’idée que l’on puisse saisir l’entièreté du livre de manière immédiate. Il y a donc bien une structure sous-jacente pour pouvoir concrétiser ce concept. Mon objectif est de faire paraître cette narration intuitive et improvisée lorsque le lecteur est plongé dans Bottomless Belly Bottom mais qu’elle lui semble solide et cohérente lorsque qu’il en ressort.
J’ai limité le nombre de lieux afin de mettre l’accent sur les personnages et leurs parcours. Je n’avais jamais songé à cela avant mais il est vrai qu’on peut y voir une scène de théâtre sur laquelle se déroule une représentation.
En ce qui concerne la comparaison au genre « tragique », je reconnais que l’ouvrage est relativement triste. J’espère cependant avoir pu apporter à ce récit des teintes très variées. Je m’efforce constamment de créer un large éventail de tonalités ou d’émotions/atmosphères contrastées car je pense que cela fait défaut à la majorité des comics. La plupart de ces derniers font résonner la même note encore et encore jusqu’à la fin du récit. J’espère que Bottomless Belly Button est une petite montagne russe de plusieurs émotions.
NV : Comment avez-vous décidé d’affubler le personnage Peter dans Bottomless Belly Button d’une tête de grenouille et de gants évoquant ceux de Mickey Mouse ? Aviez-vous déjà en tête la superbe scène où Kat voit son visage « humain » au détour d’une case ?
Dash Shaw : J’ai conçu ce livre comme si chaque personnage s’était dessiné lui-même. C’est en quelque sorte le postulat de base de l’ouvrage : ce récit est une trame où s’entrecroisent plusieurs bandes dessinées autobiographiques. Chaque personnage dessine son propre récit autobiographique et tous ces récits sont reliés entre eux pour former une tapisserie plus vaste. Peter, qui se considère comme étant complètement mis à l’écart par sa famille, se dessinerait comme un être étranger. J’ai songé que la grenouille conviendrait car elle évoque le Prince-Crapaud aux yeux de Peter qui a une vision « romantique » de sa condition,. Ce qui est drôle avec ce personnage, c’est qu’il possède une piètre estime de lui-même mais de manière assez compréhensible. Il pense que son père ne l’aime pas et, en effet, son père ne l’apprécie guère. C’est comme si quelqu’un vous demandait « est-ce que ce vêtement me grossit ? » et que vous répondiez « oui ». Les autres personnages se dessinent aussi mais avec un aspect plus « humanoïde ».
Quant à cette fameuse case avec le visage « humain » de Peter, elle m’a tout simplement semblé tomber juste. L’effet aurait pu être navrant si elle avait été placée à la fin du livre, comme une conclusion. Cette case, enfouie au milieu du livre, tombait juste. Plusieurs personnes ont d’ailleurs lu Bottomless Belly Button sans la remarquer.
De plus, j’ai conçu cet ouvrage à partir de séquences diverses que j’ai ajoutées ou supprimées. L’apparition de cette scène dans le récit final n’était donc pas rigoureusement planifiée. Elle m’a plue au moment de la dessiner et j’ai donc décidé de l’inclure.
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Le strip Two PLaces
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NV : Vous présentez Bottomless Belly Button comme une « trame où s’entrecroisent plusieurs bandes dessinées autobiographiques ». Cette idée est-elle le développement de votre strip baptisé Two Places écrit en 2006 ?
Dash Shaw : J’ai commencé à travailler sur Bottomless Belly Button en 2005. C’est par la suite que j’ai écrit le strip Two Places qui explicitait ce concept et qui est paru dans la revue The Drama.
NV : Plusieurs de vos premiers strips (comme Two Places) ont un format carré. De même que certains de vos albums. Comment s’explique cette particularité ?
Dash Shaw : The Drama, l’anthologie Meathaus 7 : Love Songs et Visual Opinion (la revue de School of Visual Arts de New York), avaient toutes trois un format carré. Ayant participé à ces projets, j’ai conservé ce format pour plusieurs autres de mes histoires.
NV : BodyWorld est une série que vous publiez directement sur internet. Envisagiez-vous qu’elle pourrait être un jour éditée sous la forme d’un livre et que son aspect en serait profondément modifié ?
Dash Shaw : Au départ, j’avais imaginé que BodyWorld serait soit une série mensuelle pour Dark Horse soit une bande dessinée sur internet. Dark Horse publie Star Wars et je me suis dit que ce serait fabuleux s’ils éditaient BodyWorld tous les mois d’autant que j’étais certain de pouvoir respecter les délais. Ils n’étaient cependant pas intéressés par ce projet et ne m’ont jamais recontacté (jusque tout récemment). Mon optique est d’essayer de travailler sans penser aux questions d’édition. J’ai alors simplement envisagé d’en faire un « webcomic ». De cette manière, je contrôle tous les aspects de mon travail et je ne dois dépendre de personne. De plus, j’aime les webcomics et j’ai souvent pensé en publier un. J’ai donc planifié sa publication en préparant deux chapitres à l’avance et j’ai débuté la mise en ligne le premier janvier 2008.
La version « livre » de Pantheon tentera de recréer le format de lecture de l’ordinateur. Ce sera un album vertical (avec une page supérieure et inférieure à la place d’une page de gauche et de droite) et les cartes se déplieront comme les différents onglets d’un navigateur internet.
Voici mon opinion concernant la lecture de BodyWorld. Si vous voulez jouer le jeu et profiter de l’expérience originale publiée en épisodes, il vaut mieux lire la version internet. Si vous voulez lire le récit d’une traite, la version imprimée sera la plus appropriée. Elle fera plus de 300 pages et il sera plus agréable de la lire sur papier. Après sa publication en épisodes, la version imprimée sera le produit final.
Une fois BodyWorld terminé, j’aurai besoin de me dédier à d’autres projets pour un temps. Je retournerai certainement au webcomic à nouveau mais avec pour objectif de créer une œuvre qu’il sera impossible d’imprimer. Je suis content que BodyWorld soit imprimé mais j’éprouve une certaine frustration que le résultat ne soit pas un webcomic car c’est le travail sur ce support qui m’intéressait. Mon prochain webcomic sera donc conçu dans un format que l’on ne pourra pas reproduire sur papier. J’y insérerai peut-être des séquences animées ou j’utiliserai un personnage protégé par le copyright. Les webcomics étant gratuits et libres, je POURRAIS sérieusement envisager l’adaptation d’un film en roman graphique ou l’utilisation d’un personnage protégé par le droit d’auteur. Cela offre des possibilités passionnantes dont je veux pouvoir tirer profit dans l’avenir.
Entretien réalisé en novembre 2008. Traduit de l’anglais.
© 2008 Nicolas Verstappen/Dash Shaw.
© 2008 Nicolas Verstappen/Dash Shaw pour la couverture. © 2008 cà et là pour la biographie.
vendredi, février 06, 2009
Thanks guys !
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dimanche, février 01, 2009
Les Lauréats d'Angoulême 2009
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---Pinocchio de Winshluss chez les Requins Marteaux
Cet album est en cours de réimpression. Il sera à nouveau disponible sous peu. Nous enverrons une newsletter spéciale le jour de sa sortie.
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---Tamara Drewe de Posy Simmonds chez Denoël Graphic
Spirou: le Journal d'un Ingénu d'Emile Bravo chez Dupuis
Le Petit Christian tome 2 de Blutch à l'Association
Lulu Femme Nue partie 1 d'Etienne Davodeau chez Futuropolis
Martha Jane Cannary partie 1 de Blanchin & Perrissin chez Futuropolis
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---Le Goût du Chlore de Bastien Vivès chez Casterman (KSTR)
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---Le Petit Prince de Joann Sfar chez Gallimard-Fétiche
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---Opération Mort de Shigeru Mizuki chez Cornélius
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---Mon Gras et Moi de Gally chez Diantre! éditions
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---Groenland Manhattan de Chloé Cruchaudet chez Delcourt (Mirages)
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©2009 Wart Mag & Lewis Trondheim pour "Le Fauve" et les logos










































































































