dimanche, juin 10, 2007

Chroniques: juin 2007

Voici deux chroniques que j'ai écrites pour la revue WhiteNight.

© 2007 Employé du Moi - Cà et Là

Max de Frankenstein
Je connais un savant fou dont l'apparence ne laisse aucunement présager qu'il le soit. Son cerveau est pourtant capable de réaliser le plus incroyable des défis de la science: donner la vie à des corps faits d'encre et de papier. Max de Frankenstein est capable d'insuffler une étincelle d'humanité au coeur de ses créatures. Mais qu'on ne se méprenne pas ici non plus; ces dernières n'ont rien en commun avec l'effrayante créature de Mary Shelley. Elles sont en tout point semblables à nous. Le secret de cet achèvement tient de ce que Max de Frankenstein ne vit pas retiré dans un laboratoire obscur. Il observe tout simplement ses contemporains depuis la terrasse d'un café.
Sa créature la plus aboutie à ce jour se nomme Antti. Ce dernier est un jeune finlandais en stage à Bruxelles qui découvrira les divers visages de la Capitale dont l'un occupera bientôt le centre de toutes ses pensées. Ce visage est celui d'une jeune femme nommée Juliette. A défaut d'être un Roméo, Antti tentera de déceler chez elle les signes d'un sentiment amoureux envers lui. Ces instants de doute sont le signe que Max de Frankenstein a parfaitement accompli son oeuvre. Car c'est le but de tous les savants fous de voir leurs créatures s'interroger sur elles-mêmes. Et rarement personnage n'aura semblé si vivant! "

Antti Brysselissä de Max de Radiguès à l'Employé du Moi



Le Cap - Santa Fe
Karlien de Villiers est née en Afrique du Sud en 1975. Liz Prince est née aux Etats-Unis en 1982. Elles sont toutes deux dessinatrices. La première évoque la relation conflictuelle qui la liait à sa mère aujourd’hui décédée, la seconde dévoile avec humour des fragments de son intimité. Toutes deux partagent en réalité avec nous bien plus que cela. En nous décrivant l’éclatement de sa famille, Karlien de Villiers dresse le portrait d’une Afrique du Sud blanche en crise. Elle tente de comprendre la profonde souffrance qui rongeait sa mère et celle qui consumait son pays. Car si la maladie de sa mère fut insidieuse, l’apartheid le fut tout autant.
Depuis le Massachusetts, Liz Prince parle d’elle mais elle parle à chacun. Ses strips ne consistent souvent qu’en une réplique, un trait d’esprit ou un détail apparemment insignifiant mais leur succession invite au dialogue. Une conversation s’installe progressivement entre elle et le lecteur. On rajoute nos anecdotes aux siennes et bientôt on se retrouve à parler de soi. On se livre à une inconnue qui sera devenue une amie avant d’avoir tourné la dernière page.
En réunissant Karlien de Villiers et Liz Prince au sein de leur jeune catalogue, les éditions Cà et Là nous proposent de découvrir trois très beaux ouvrages où chaque planche se lit avant tout comme une carte du monde.

Ma mère était une très belle femme de Karlien de Villiers - Tu m'aimeras encore si je fais pipi au lit et Delayed Replays de Liz Prince aux éditions Cà et Là

2 commentaires:

Russel a dit…

Bonjour, n'ayant pas trouver votre mail ou de quoi vous contacter, je le fais par le billet d'un commentaire.
Je suis actuellement à la recherche d'interessés pour alimenter (en chroniques, critiques, interviews, etc) mon site. Je ne demande pas énormément de temps (vous pouvez poster vos écrits autre part, d'ailleurs), et ce n'est malheureusement pas rémunéré. Si vous, ou d'autres, êtes interessés par mon offre. Voici mon mail : ptidark@hotmail.com

PS le site dans mon profil.

Merci

sylvie a dit…

je suis bien interessée par ma mère était... de Karlien de Villiers. merci pour le conseil, c'est une bd que je lirai certainement.