dimanche, janvier 20, 2013
Séance de dédicaces: Anders NILSEN ("Big Questions") & Hugo PIETTE ("Varulf")
mardi, décembre 04, 2012
Chef d'oeuvre incontournable du Neuvième Art: "Big Questions" d'Anders Nilsen
samedi, septembre 10, 2011
Rencontre avec Anders Nilsen et Zak Sally!
mercredi, janvier 26, 2011
XeroXed XX: Avant la Catastrophe
samedi, janvier 22, 2011
Les neuf vies du Neuvième Art: "Des chiens, de l'eau"
jeudi, novembre 08, 2007
XeroXed: le programme
Les carnets d'entretien avec Sammy Harkham (Poor Sailor) et James Kochalka (American Elf) sont toujours prévus au programme. Patience!
Je travaille aussi sur un entretien avec Nathalie Meulemans, la responsable de la maison d'édition des Enfants Rouges (pour une nouvelle section baptisée Editor's Cut).
Voilà pour les news!
dimanche, avril 08, 2007
Notes de lecture (VI): début avril 2007
Quel plaisir que d'enchaîner les lectures de cinq albums aussi réussis!
1. Atlas #3 de Dylan Horrocks chez Drawn & Quarterly (en anglais)
J'ai, hélas, raté le second fascicule de cette série. Je n'ai cependant pas été trop perdu à la lecture de ces nouvelles planches de Dylan Horrocks, l'auteur de l'excellent Hicksville (qui vient d'être réimprimé à l'Association). Ce nouveau fascicule se compose de deux parties. La première nous propose de découvrir la suite des aventures de Dylan Horrocks à Cornucopia, un pays (imaginaire) qui n'est pas sans rappeler la Syldavie du Sceptre d'Ottokar. Cette autofiction peut se lire comme un prolongement des concepts élaborés dans Hicksville et nous invite à découvrir le mystère qui se cache derrière la production de bandes dessinées d'un pays balkanique au régime "répressif". La seconde partie du fascicule est consacrée au deuxième épisode des aventures de Sam Zabel and the Magic Pen (Sam Zabel est un personnage de la série Pickle qui apparaît aussi dans Hicksville). Dylan Horrocks partage avec nous le quotidien surprenant de cet auteur de bandes dessinées. Celui-ci doit en effet rendre des comptes à la superhéroïne dont il est l'auteur; il est incapable de lui écrire une aventure qui ne sombrerait pas dans les clichés du genre.
Des idées très bien exploitées et un style graphique de plus en plus abouti sont donc au menu de ce troisième Atlas (malheureusement plus fin que le premier)
2. Curses (hard cover) de Kevin Huizenga chez Drawn & Quarterly (en anglais)
3. Big Questions #9: The Lost and Found d'Anders Nilsen chez Drawn & Quarterly (en anglais)
4. The End #1 d'Anders Nilsen chez Fantagraphics/Coconino Press (en anglais)
The End #1 est le dix-septième numéro de la superbe collection Ignatz lancée par Igort à travers le monde. Ce volume devrait donc être bientôt disponible en français chez Vertige Graphic/Coconino Press. Je dois avouer que j'ai eu un peu peur du contenu de cet album en découvrant sa couverture. Cette dernière n'était pas sans rappeler les quelques expériences narratives que j'avais moins appréciées (cf. + haut: Monologue for the Coming Plague). Cependant, et à ma grande surprise, cet album est une vraie réussite. Les huit premières planches présentent le quotidien de l'auteur depuis le décès de sa fiancée. Anders Nilsen y dévoile la profonde tristesse qui le saisit lors de chacune des activités durant lesquelles il s'aperçoit de l'absence de sa compagne. Ce récit intitulé Since you've gone I can do whatever I want, all the time est tout simplement superbe. La deuxième partie du fascicule, bien plus expérimentale, est elle aussi très convaincante. L'auteur parvient en effet à nous plonger dans un poème à la fois graphique et narratif d'une grande beauté. Il joue avec des motifs visuels qui évoquent les errances de son âme depuis la récente "déconstruction" de sa vie. J'envisage ainsi Monologue for the Coming Plague comme une première tentative manquée et The End #1 comme sa version maîtrisée et pleinement aboutie.
5. The ACME Novelty Library #17 par Chris Ware chez Fantagraphics Books (en anglais)
Ce dix-septième volume de la prestigieuse série du génial Chris Ware présente le deuxième épisode consacré à son nouveau personnage nommé Rusty Brown et à ses proches. "Proches" n'est sans doute pas le terme le mieux adapté puisque comme dans Jimmy Corrigan le thème central de cette série est celui du manque affectif. Cependant, Chris Ware ne nous propose pas un réchauffé de Jimmy Corrigan puisqu'il s'attarde sur la représentation du mal-être adolescent. Les couleurs sont plus chaudes (alors que la ville est paradoxalement sous la neige) et les personnages plus attachants. Sans doute cette identification relativement rapide est liée au fait que nous partageons avec ces adolescents quelques souvenirs pénibles des affres de cet âge ingrat. L'auteur apparaît d'ailleurs dans la peau d'un professeur de dessin de la grande soeur de Rusty Brown. Cette implication directe a participé à la mienne. Une autre différence majeure avec son précédent projet tient de l'espace géographique dans lequel se déroule l'action. Chris Ware s'attache à la description d'une région bien particulière des Etats-Unis puisqu'il nous plonge dans une ville perdue en plein centre du pays. Les mentalités y sont différentes des deux côtes américaines et le désespoir semble gagner ses habitants bien plus vite que partout ailleurs. On n'est pas dans l'Elephant de Gus Van Sant ni dans le Bowling for Columbine de Michael Moore mais presque...
Chris Ware continue donc à produire une oeuvre magistrale, pour mon plus grand bonheur!
vendredi, septembre 01, 2006
Notes de lectures (I): fin août 2006
La Sirène des Pompiers d'Hubert & Zanzim (Dargaud/Poisson-Pilote) (sur Bulle d'air)
Un one-shot dans la collection Poisson-Pilote, c'est une bonne nouvelle en soi. Une nouvelle qui s'annonce d'autant plus agréable si l'on sait que cet album est scénarisé par Hubert (dont j'avais bien aimé le Miss Pas Touche #1). L'installation de l'album est assez accrocheuse, l'univers bien installé. Paris, fin XIXième. Gustave Gélinet, un jeune peintre dont les débuts ont été fort critiqués, connaît soudain un succès foudroyant grâce à un tableau représentant une sirène. Cette toile surprend tous les critiques par la qualité de son rendu réaliste. Fulmel, le détracteur le plus féroce de Gélinet, est persuadé que le peintre est dénué de toute imagination artistique et qu'il ne peut donc avoir réalisé cette oeuvre au thème mythologique. Fulmel a à la fois tort et raison. Si Gélinet est bien l'auteur de la toile, il n'a pas imaginé la créature. La sirène existe bel et bien, cachée à l'abri des regards indiscrets dans l'atelier de l'artiste. Mais la curiosité du critique d'art, les ambitions du peintre et les désirs de la sirène vont mettre la pérénnité de ce fragile secret en péril. Le récit s'annonce donc prometteur mais il souffre hélas d'un problème de rythme. Ou plutôt de "souffle". J'ai le sentiment qu'il y a certaines longueurs et quelques rebondissements mal gérés. La lecture reste agréable dans l'ensemble et le trait de Zanzim s'accorde bien au ton mais l'album ne m'aura pas séduit comme le premier Miss Pas Touche.
Le Sang des Voyous de Loustal & Paringaux (Casterman) (sur Bulle d'air)
Loustal nous revient avec de grandes images. Des images qui marquent par la justesse des plans choisis. Toujours le plan de Loustal complète le texte de Paringaux, le souligne par un rappel ou le sublime. C’est une nouvelle leçon d’«écriture bande dessinée » que nous offre ce duo à qui l’on doit déjà Kid Congo et La Nuit de l’Alligator. La forme est donc parfaitement maîtrisée et fait honneur au « Neuvième Art ». Mais l’esthétique n’est pas tout et le récit doit encore convaincre. Il nous fait emprunter les pas de Louis, un tueur à gages dont la route s’achèvera bientôt. Louis est malade. Ses jours sont comptés. Il trouvera cependant la force de quitter le mouroir où il gît pour tenter d’accomplir un dernier contrat, un contrat qu’il a passé avec lui-même. Si Moebius signalait qu’on pouvait imaginer « une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé, ou de flamme d’allumette soufrée », Paringaux a conçu la sienne en forme de rose. Des épines de cuivre et des pétales de sang jailliront inexorablement tout au long de la traque menée par Louis. Bon, je vais arrêter mes métaphores à deux francs cinquante et vous dire que j’ai beaucoup aimé. Je pourrais aussi dire que j'ai trouvé un petit côté Dark Knight Returns à cet anti-héros vieillissant dont le corps en ruine est animé par une détermination aveugle. Mais là aussi je ne vais pas me perdre dans une comparaison du même tonneau que mes métaphores. Bref, du grand Art. Seul bémol: j'ai eu un sentiment de "déjà vu" pour certaines séquences de l'album. J'ai dû trop souvent regarder les films de Kitano...
Monologues for the Coming Plague d'Anders Nilsen (Fantagraphics).
Avec cet album (uniquement en v.o. anglaise), Anders Nilsen nous emmène bien loin de son superbe Des Chiens, de l’Eau (Actes Sud). L’album volumineux compile deux carnets de croquis où se succèdent plusieurs séries de dialogues improbables. On y retrouve des oiseaux à la répartie surprenante (comme dans ses Big Questions), un débat délirant sur la sémiotique et des mini-récits totalement décalés. Quelques séries de dessins fonctionnent sur un système de running-gag assez réussi, d’autres pas du tout. L’ensemble est dessiné de manière très naïve et minimaliste (un dessin par page). C’est donc vite lu (mais ce n'est pas un reproche) et assez peu convaincant au final (surtout pour 18.95 $). Cette déconstruction est sans doute liée à la période de troubles qu’a vécu l’auteur suite au décès de sa compagne. L’album autobiographique qu’Anders Nilsen a écrit suite à ce drame devrait bientôt être disponible (Don’t Go Where I Can’t Follow chez Drawn & Quarterly) et s’annonce plus intéressant.
Cosmos de Kim Sung Yun (Dargaud/Made In) (sur Bulle d'air)
J'ai été assez séduit par la couverture et les quelques planches rapidement feuilletées de cet album coréen. Les couleurs directes posées avec beaucoup de talent avaient tout pour séduire. Hélas, ce recueil d’histoires courtes ne m’a finalement pas convaincu outre mesure. J’ai décroché un peu plus à chaque histoire, sans doute à cause du côté un peu « fouillis » de cette compilation. Notons cependant que l’utilisation de la couleur est assez remarquable tout comme le rendu de quelques scènes érotiques. L’auteur s’amuse aussi avec quelques expériences narratives intéressantes. J’espère que toutes ces qualités pourront s’exprimer de manière plus aboutie dans un prochain album.
Le Retour à la Terre #4 de Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet (Dargaud/Poisson-Pilote) (sur Bulle d'air)
A la sortie d’un nouveau Retour à la Terre, je me retrouve dans une situation terrible. Pareil pour Sandra. Qui de nous aura le privilège de le lire en premier en rentrant à la maison ? Je suis parvenu à mettre le grappin dessus, Sandra préférant se le réserver pour clore notre soirée-lecture. J’ai bien aimé même si j’ai un peu moins ri que pour les précédents. Mais j’imputerai cela à la fatigue car l’alchimie continue à opérer entre Ferri et Larcenet. Je me suis quand même bien amusé avec Sandra lorsque nous avons passé en revue nos gags préférés. La série garde donc un bon niveau et reste l’une de mes favorites tant ces tranches de vie de couple me semble bien observées. Et je ne crois pas que je dois m’éterniser sur ce titre qui a déjà très bien été défendu et mis-en-avant.
Lucha Libre #1 de Bill & Jerry Frissen avec Tanquerelle, Fabien M., Ines Vargas, Gobi & Witko (Humanoïdes Associés) (sur Bulle d'air)
Ce petit fascicule au format "américain" m'aura fait passer un très agréable moment. Et mon problème pour cette chronique, c'est que Lucha Libre, ça ne se résume pas; ça se lit! Mais bon, je vais faire un effort pour les plus sceptiques. Disons que cet univers déjanté où une bande de cinq copains aux masques de catcheurs mexicains affrontent des loups-garous en plein quartier résidentiel paumé de Los Angeles tandis que deux martiens s'exclament, l'air grave, devant un dinosaure errant dans la ville: "Le grand Ballet cosmique se met en place...". Il y a un côté Bill Plympthon qui... Non. J'ai dis que j'arrêtais les comparaisons... C'est tout simplement un bon gros délire qui tient la route (eh oui). Car cet univers a sa propre cohérence (si si) et surtout un ton qui permet de s'y plonger et ne plus vouloir en sortir. Le tout est servi par une "dream team" composée de Jerry Frissen, le scénariste des Zombies qui ont mangé le Monde (un Belge qui sait rire de sa belgitude, ça fait du bien à l'heure où Delcourt sort ses "blagues belges"), Bill & Gobi (au dessin bien pêchu), Tanquerelle (dit "le Talentueux" qui signe des gags en une planche), Witko (l'auteur de Muerto Kid aux Requins Marteaux qui signe lui aussi des histoires courtes) ainsi que Fabien M. et Ines Vargas. J'attends la suite avec impatience. GOJIRA!
London Calling #1 de Sylvain Runberg & Phicil (Futuropolis/"32") (sur Bulle d'air)
Là aussi, ce fut un petit rayon de soleil. Trop bref hélas! Il y a une vraie frustration quand on referme la dernière page de ce premier chapitre (sur neuf prévus). Le découpage de Phicil, l'auteur de Georges Frog #1, est d'une grande fluidité. Son dessin rajoute au plaisir des yeux. Tout comme les très belles couleurs de Drac. Le scénario de Sylvain Runberg nous plonge dans le Londres du début des années '90. Nous découvrons la capitale au travers des yeux de Thibault, un jeune Français de 20 ans qui a décidé de s'y installer avec un ami. Il garde en mémoire l'excellent souvenir d'un voyage qu'il y a fait précédement. Mais la situation a bien changé depuis son permier séjour et le Londres qu'il va retrouver est moins accueillant que prévu. Les complications s'enchaînent durant le voyage mais ne semblent pas émousser la volonté de Thibault qui est animé par l'effervescence propre à la scène musicale de l'époque. Un vrai plongeon dans la nostalgie. Et puis c'est pas cher (4.90€) !
A+
mercredi, novembre 09, 2005
Chronique (II): DES CHIENS, DE L'EAU

copyright: Anders Nilsen/Actes Sud 2005
Anders Nilsen fait partie de la nouvelle génération d’auteurs alternatifs américains. Avec ses acolytes du groupe The Holy Consumption (Paul Hornschemeier, Jeffrey Brown et John Hankiewicz) et Sammy Harkham, il redéfinit les codes du comix au travers d’une approche qu’Igort qualifie d’« anti-spectaculaire ». Sa série autoéditée The Big Question traduit bien celle-ci par une mise en page épurée (contours de cases tendant à disparaître) et un décor réduit à sa plus simple expression. Anders Nilsen joue avec cet espace libre pour développer des dialogues philosophiques décalés mais aussi de superbes séquences muettes, tantôt surréalistes, tantôt oniriques. Ces éléments se retrouvent dans son album Dogs and Water publié chez Drawn & Quarterly et adapté en français par Actes Sud. Je parle ici d’adaptation et non pas de traduction car la version française a été augmentée de deux chapitres consacrés au personnage de Sisyphe qui encadrent le récit original. Celui-ci peut susciter la perplexité. Un personnage emmitouflé dans un anorak erre dans une contrée inhospitalière et violente avec un ours en peluche pour seul compagnon et interlocuteur. Le reste n’est que supposition. Anders Nilsen veut nous voir perdu comme son personnage. Il nous abandonne dans un univers sauvage et désolé où l'on ne croise que des ruines, des pillards, des chiens errants, des cadavres ou quelques survivants qui ne le resteront probalement pas longtemps. Les diverses rencontres qui ponctuent le récit ne nous éclairent pas plus sur ce qui a poussé notre "héros" en ces lieux. Les dialogues s’effacent au moment où l’on s’attend à une réponse. Seul compte un fil ténu, celui des liens qui se tissent et de ceux qui se brisent. Ce fil, on le retrouve dans le dernier chapitre intitulé Sisyphe et le Minotaure au travers de la furtive apparition d’Ariane. Il nous guide vers la sortie du labyrinthe que l’auteur avait refermé sur nous. En cela, les deux chapitres rajoutés dans la version française nous aident à mieux apprécier le sens de ce récit. Plusieurs éléments se répondent ainsi pour apporter une lumière nouvelle sur le concept d'apprivoisement et le sentiment de fatalité qui sont omniprésents dans l’ouvrage. Ils rendent ainsi ce dernier plus accessible. Version noire et crue du Petit Prince de Saint-Exupéry, Des Chiens, de l’Eau est un nouveau petit joyau de la collection bd des éditions Actes Sud. Il est à classer aux côtés de l'Homme sans Talent de Tsuge qui procure ce même sentiment de langueur une fois la dernière page refermée.
P.S.: Je vous conseille aussi de découvrir chez Actes Sud l'incontournable Notes pour une Histoire de Guerre de Gipi.
P.P.S.: La rédaction de chroniques n'est pas mon fort; je fais de mon mieux pour ne pas vous infliger mon style ampoulé. Merci pour votre indulgence.



