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dimanche, janvier 20, 2013

Séance de dédicaces: Anders NILSEN ("Big Questions") & Hugo PIETTE ("Varulf")

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Nous aurons le plaisir de recevoir l'auteur américain Anders Nilsen pour une séance de dédicaces de BIG QUESTIONS (paru chez Drawn & Quarterly en anglais et à l'Association en français) et Hugo Piette pour une séance de dédicaces de VARULF tome 1 (paru chez Gallimard/Bayou sur un scénario de Gwen de Bonneval) ce samedi 26 janvier 2013 entre 15h30 et 18h30 à la librairie Multi BD (122-124 boulevard Anspach B-1000 Bruxelles). Un événement à ne pas manquer!

mardi, décembre 04, 2012

Chef d'oeuvre incontournable du Neuvième Art: "Big Questions" d'Anders Nilsen


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Big Questions d'Anders Nilsen
Dans des plaines vastes et inconnues, vit une petite communauté d'oiseaux dotés de la parole et d'intelligence. Leur existence va être bouleversée par une série de phénomènes mystérieux: la disparition inexpliquée de certains d'entre eux, l'apparition d'un "oeuf" géant ou le crash d'un avion. Cette communauté, à laquelle on s'attache immédiatement, est en proie au doute, faisant surgir parmi ces oiseaux des conflits mais aussi des questionnements (la peur de l'inconnu, la responsabilité et la culpabilité, le sens de la vie) ou des actes de bravoure... Dans un univers beckettien et allégorique, Anders Nilsen a construit une fable philosophique à nulle autre pareille, intelligente et d'une grande force narrative! Son trait fragile, élégant et minutieux vient remarquablement servir la sensibilité du récit et se déploie dans des séquences d'une étrange et hypnotique beauté. Entamé il y a près de 15 ans, Big Questions est un livre rare, fascinant et magistral, de ceux qui renouvellent la Bande Dessinée et en deviennent les chefs d'oeuvre!!! (Philippe)
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Big Questions (version française) d'Anders Nilsen, L'Association
Big Questions (version originale anglaise) d'Anders Nilsen, Drawn and Quarterly
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Notre chronique de Des Chiens de l'Eau d'Anders Nilsen
Présentation de Big Questions sur le site de L'Association
Un entretien d'Anders Nilsen par Xavier Guilbert sur du9.org: en français
Un entretien d'Anders Nilsen par Xavier Guilbert sur du9.org: en anglais
Chronique radio de Big Questions sur Radio GrandPapier

samedi, septembre 10, 2011

Rencontre avec Anders Nilsen et Zak Sally!

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A l'occasion de leur passage en Europe pour le troisième laboratoire de bande dessinée Pierre Feuille Ciseaux, nous accueillerons les talentueux auteurs américains ANDERS NILSEN (notre chronique de Des chiens, de l'eau, Big Questions) et ZAK SALLY (Like a Dog, Recidivist) le vendredi 14 octobre de 15h30 à 18h30.
Une rencontre-événement à ne pas manquer!
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L'ouvrage Big Questions (qui vient de paraître chez Drawn and Quarterly) existe uniquement dans sa version originale anglaise pour l'instant. L'ouvrage Des chiens de, l'eau d'Anders Nilsen est disponible en français chez Actes Sud BD. Les ouvrages de Zak Sally sont en version originale anglaise.
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Les inscriptions se font à la librairie ou par mail en nous écrivant à l'adresse info@multibd.com. Librairie Multi BD, 122-124 bld Anspach, B-1000 Bruxelles.

mercredi, janvier 26, 2011

XeroXed XX: Avant la Catastrophe

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Je sais... J'ai pris un peu d'avance sur le planning... Les pinailleurs me feront remarquer que je publie le vingtième carnet XeroXed alors que trois numéros sont encore en attente (à savoir les XeroXed #12, 18 et 19 consacrés respectivement aux entretiens de Sammy Harkham, Anders Nilsen et Sarah Glidden). Leurs nouveaux ouvrages tardent à paraître en français et 2010 est arrivé avec son lot d'événements à célébrer! Alors rien de tel qu'un vingtième carnet pour marquer les 20 ans de la librairie, mes 10 ans dans le métier et les 10 ans de la maison d'édition de l'employé du Moi! Le XeroXed XX est donc un petit feu d'artifice pour fêter tout cela à la fois et le fêter dignement avec des auteurs de notre terroir ou venus des quatre coins du monde, connus ou méritants de l'être, toutes et tous des plus talentueux. C'est un honneur pour moi -et je les en remercie encore ici- d'avoir pu les réunir dans ce collectif. Leurs oeuvres font partie de celles qui ravivent continuellement ma passion pour le Neuvième Art...
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Je ne pourrais parler de ce vingtième carnet sans remercier Max de Radiguès qui m'a laissé jouer avec son concept d'illustrations Avant la Catastrophe. Cette série de dessins "d'après nature" évoque des lieux ou des paysages, souvent sereins et lumineux, qu'une légende assombrit en figeant cet instant quelques heures, quelques mois ou quelques années "avant la Catastrophe". De la "Catastrophe", on ne sait rien. Elle semble seulement inéluctable. Son spectre menaçant confère à chaque dessin un sentiment de mélancolie car chaque instant semble déjà appartenir au passé, à une époque d'insouciance que l'on sait révolue. Le XeroXed XX nous apporte une nouvelle donnée sur cette Catastrophe; elle sera planétaire. Au Japon, aux Etats-Unis, en France, en Belgique ou en Angleterre, 24 auteurs (et demi) ont entraperçu cet événement à venir. Ils nous livrent dans ce carnet des illustrations inédites d'instants fragiles et précieux qui risquent, peut-être, de disparaître. Ils se nomment (par ordre d'apparition dans le XeroXed XX):

Debbie DRECHSLER (Daddy's Girl à l'Association)
Sarah GLIDDEN (How to understand Israel in 60 days or less chez DC/Vertigo)
Sacha GOERG (Rubiah à l'employé du Moi)
Jeffrey BROWN (Clumsy chez Ego comme X)
Anders NILSEN (Des chiens, de l'eau chez Actes Sud BD)
RUPPERT et MULOT (Irène et les clochards à l'Association)
Liz PRINCE (Tu m'aimeras encore si je fais pipi au lit? chez Cà et Là) 
Miriam KATIN (Seules contre tous au Seuil)
Sébastien LUMINEAU (Une vingtaine aux Requins Marteaux) 
Gabby SCHULZ (sous le nom de Ken DAHL, Monsters à l'employé du Moi)
Arnaud QUERE (Mon copain Anne chez Des Ronds dans l'O)
James STURM (Le jour du marché chez Delcourt)
David LLOYD (V pour Vendetta & Kickback)
Kan TAKAHAMA (L'eau amère chez Casterman) 
Cédric MANCHE (Panorama chez Atrabile)
Sammy HARKHAM (Poor Sailor chez Gingko Press)
Alec LONGSTRETH (Phase 7 à l'employé du Moi)
Esteban ZOUGGARI (première publication à l'âge de 3 ans) 
Lewis TRONDHEIM (Les Petits Riens chez Delcourt)
BERT (Ploum Ploum à l'employé du Moi)
Jonathan LARABIE (Jonathan Larabie en Bulgarie aux Taupes de l'Espace)
Max DE RADIGUES (L'âge dur à l'employé du Moi)
Morgan NAVARRO (Flipper le Flippé aux Requins Marteaux)
Pierre MAUREL (3 déclinaisons à l'employé du Moi)
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Que rajouter? Que c'est gratuit! Le XeroXed XX est offert à l'achat d'un album du catalogue de l'employé du Moi à la librairie Multi BD (122-124 boulevard Anspach B-1000 Bruxelles). Je tenais ainsi à mettre en avant et à soutenir cette maison d'édition alternative bruxelloise qui nous propose, depuis dix ans, des livres d'une grande qualité "où le récit demeure essentiel". Les récents L'âge dur de Max de Radiguès, Monsters de Ken Dahl, Robin Hood de Simon Roussin et le prochain album de Pierre Maurel (Blackbird à paraître en mars) sont là pour vous en convaincre... s'il le fallait encore! Je vous invite aussi à lire l'article de La Libre Belgique intitulé L'édition en mode d'employé du Moi où la structure est présentée en détail à l'occasion de leur collaboration avec le quotidien ce mercredi 26 janvier.  
Le tirage du XeroXed XX est de 150 exemplaires. Ne tardez pas trop...

Nicolas Verstappen

Pour celles et ceux qui voudraient suivre l'actualité de la librairie (prochaines parutions de livrets, chroniques, rencontres...), il suffit simplement de s'inscrire à notre newsletter en cliquant sur ce lien.

samedi, janvier 22, 2011

Les neuf vies du Neuvième Art: "Des chiens, de l'eau"

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Un nouvel "espace" a vu le jour il y a quelques mois dans le rayon consacré aux bandes dessinées alternatives de la librairie Multi BD. Philippe vous y propose une sélection personnelle de six ou sept ouvrages publiés chez divers éditeurs indépendants. Vous retrouverez dans ces deux étagères des titres singuliers et de qualité qui seront mis en lumière par des chroniques et cèderont ponctuellement leur place à de nouveaux venus. Cet espace vous permettra de (re)découvrir quelques joyaux (injustement) méconnus et de leur offrir une nouvelle vie! Nous vous proposons dès à présent de vous immerger dans le magnifique Des chiens, de l'eau d'Anders Nilsen, l'un des six ouvrages présentés actuellement.
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La chronique de Philippe: Ce récit atypique nous emmène dans un voyage sans but, l'errance d'un homme et de son ours en peluche (!) au travers de paysages sans fin, irréels. Un parcours burlesque entre épreuves, solitude, désespoir et notre perpétuelle quête de réconfort et de chaleur humaine. Des chiens, de l'eau est une fable sur l'absurdité de la condition humaine et sur cette route de l'Existence que l'on suit obstinément, sans jamais trop la comprendre ni savoir où elle va nous mener. Anders Nilsen livre une oeuvre remarquable, métaphorique et hors norme; une sorte de rêve éveillé et intemporel.
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Des chiens, de l'eau d'Anders Nilsen, Actes Sud BD
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- Lien vers une chronique de Des chiens de l'eau par Nicolas.

jeudi, novembre 08, 2007

XeroXed: le programme

Anders Nilsen a accepté un entretien! Un carnet Xeroxed consacré à l'auteur de Des Chiens, de l'Eau et de The End #1 devrait donc paraître dans les mois qui viennent.
Les carnets d'entretien avec Sammy Harkham (Poor Sailor) et James Kochalka (American Elf) sont toujours prévus au programme. Patience!
Je travaille aussi sur un entretien avec Nathalie Meulemans, la responsable de la maison d'édition des Enfants Rouges (pour une nouvelle section baptisée Editor's Cut).
Voilà pour les news!

dimanche, avril 08, 2007

Notes de lecture (VI): début avril 2007

© Huizenga/Horrocks/Ware/Nilsen - Fantagraphics/Coconino/D&Q


Quel plaisir que d'enchaîner les lectures de cinq albums aussi réussis!

1. Atlas #3 de Dylan Horrocks chez Drawn & Quarterly (en anglais)
J'ai, hélas, raté le second fascicule de cette série. Je n'ai cependant pas été trop perdu à la lecture de ces nouvelles planches de Dylan Horrocks, l'auteur de l'excellent Hicksville (qui vient d'être réimprimé à l'Association). Ce nouveau fascicule se compose de deux parties. La première nous propose de découvrir la suite des aventures de Dylan Horrocks à Cornucopia, un pays (imaginaire) qui n'est pas sans rappeler la Syldavie du Sceptre d'Ottokar. Cette autofiction peut se lire comme un prolongement des concepts élaborés dans Hicksville et nous invite à découvrir le mystère qui se cache derrière la production de bandes dessinées d'un pays balkanique au régime "répressif". La seconde partie du fascicule est consacrée au deuxième épisode des aventures de Sam Zabel and the Magic Pen (Sam Zabel est un personnage de la série Pickle qui apparaît aussi dans Hicksville). Dylan Horrocks partage avec nous le quotidien surprenant de cet auteur de bandes dessinées. Celui-ci doit en effet rendre des comptes à la superhéroïne dont il est l'auteur; il est incapable de lui écrire une aventure qui ne sombrerait pas dans les clichés du genre.

Des idées très bien exploitées et un style graphique de plus en plus abouti sont donc au menu de ce troisième Atlas (malheureusement plus fin que le premier)


2. Curses (hard cover) de Kevin Huizenga chez Drawn & Quarterly (en anglais)
Curses est paru en français sous le titre de Malédictions (voir ma chronique: ICI) chez Vertige Graphic/Coconino Press. Nombreux d'entre vous auront constaté mon affection particulière pour cet album. Je me suis donc empressé de l'acheter dans sa version "hard cover" publiée par Drawn & Quarterly afin de la faire trôner dignement dans ma bibliothèque. Je fus surpris de découvrir des récits supplémentaires à l'édition française. Ainsi on peut lire Case 0003128-27, Not Sleeping Together, The Hot New Thing et Jeezoh en plus des cinq histoires de la compilation de Vertige/Coconino. Ces récits ne représentent en tout qu'une petite trentaine de planches. Ces dernières sont parues précédemment dans la revue Or Else (chez D&Q) et elles ne sont pas aussi intéressantes que Green Tea ou 28th Street. Cette édition est sinon très bien réalisée; belle maquette, beau papier, bon format. Avis aux amateurs!


3. Big Questions #9: The Lost and Found d'Anders Nilsen chez Drawn & Quarterly (en anglais)
Dans sa série Big Questions, Anders Nilsen travaille sur un récit qui se rapproche bien plus de son superbe Des Chiens, de l'Eau (voir ma chronique: ICI) que de son moins réussi Monologue for the Coming Plague (voir ma chronique: ICI). Comme dans Dogs and Water, l'auteur nous plonge dans un univers en perdition. Un pilote de chasse écrase son avion en pleine steppe mais sur le toit de la seule bâtisse en bois à des kilomètres à la ronde. Perdu dans cette contrée inhospitalière, il devient un objet de fascination pour les volatiles des environs. Des moineaux le prennent pour un dieu volant, les merles estiment le temps qu'il faudra attendre avant de manger sa carcasse. Ces palabres animalières nous éloignent par contre des longs silences de Dogs and Water mais heureusement Anders Nilsen est un excellent dialoguiste. Ainsi les conversations de ses personnages sont souvent savoureuses. Bien entendu, le décès de la fiancée de l'auteur trouve un écho particulier dans ce numéro où l'on peut dénicher quelques références au mythe d'Orphée; l'oiseau Algernon tentant de ramener Thelma hors des ténèbres. J'ai savouré cet album ainsi que le suivant qui est de la main du même auteur mais dans un style tout différent.

4. The End #1 d'Anders Nilsen chez Fantagraphics/Coconino Press (en anglais)

The End #1 est le dix-septième numéro de la superbe collection Ignatz lancée par Igort à travers le monde. Ce volume devrait donc être bientôt disponible en français chez Vertige Graphic/Coconino Press. Je dois avouer que j'ai eu un peu peur du contenu de cet album en découvrant sa couverture. Cette dernière n'était pas sans rappeler les quelques expériences narratives que j'avais moins appréciées (cf. + haut: Monologue for the Coming Plague). Cependant, et à ma grande surprise, cet album est une vraie réussite. Les huit premières planches présentent le quotidien de l'auteur depuis le décès de sa fiancée. Anders Nilsen y dévoile la profonde tristesse qui le saisit lors de chacune des activités durant lesquelles il s'aperçoit de l'absence de sa compagne. Ce récit intitulé Since you've gone I can do whatever I want, all the time est tout simplement superbe. La deuxième partie du fascicule, bien plus expérimentale, est elle aussi très convaincante. L'auteur parvient en effet à nous plonger dans un poème à la fois graphique et narratif d'une grande beauté. Il joue avec des motifs visuels qui évoquent les errances de son âme depuis la récente "déconstruction" de sa vie. J'envisage ainsi Monologue for the Coming Plague comme une première tentative manquée et The End #1 comme sa version maîtrisée et pleinement aboutie.



5. The ACME Novelty Library #17 par Chris Ware chez Fantagraphics Books (en anglais)

Ce dix-septième volume de la prestigieuse série du génial Chris Ware présente le deuxième épisode consacré à son nouveau personnage nommé Rusty Brown et à ses proches. "Proches" n'est sans doute pas le terme le mieux adapté puisque comme dans Jimmy Corrigan le thème central de cette série est celui du manque affectif. Cependant, Chris Ware ne nous propose pas un réchauffé de Jimmy Corrigan puisqu'il s'attarde sur la représentation du mal-être adolescent. Les couleurs sont plus chaudes (alors que la ville est paradoxalement sous la neige) et les personnages plus attachants. Sans doute cette identification relativement rapide est liée au fait que nous partageons avec ces adolescents quelques souvenirs pénibles des affres de cet âge ingrat. L'auteur apparaît d'ailleurs dans la peau d'un professeur de dessin de la grande soeur de Rusty Brown. Cette implication directe a participé à la mienne. Une autre différence majeure avec son précédent projet tient de l'espace géographique dans lequel se déroule l'action. Chris Ware s'attache à la description d'une région bien particulière des Etats-Unis puisqu'il nous plonge dans une ville perdue en plein centre du pays. Les mentalités y sont différentes des deux côtes américaines et le désespoir semble gagner ses habitants bien plus vite que partout ailleurs. On n'est pas dans l'Elephant de Gus Van Sant ni dans le Bowling for Columbine de Michael Moore mais presque...

Chris Ware continue donc à produire une oeuvre magistrale, pour mon plus grand bonheur!

vendredi, septembre 01, 2006

Notes de lectures (I): fin août 2006

Au vu de l'incroyable quantité de nouveautés annoncées pour cette rentrée de septembre, j'ai eu envie de publier quelques notes de lecture pour ceux qui aimeraient avoir un avis sur certains titres. Mon avis n'est bien entendu qu'indicatif et personnel. Vos réactions (coups de coeur et coups de gueule) sont les bienvenues dans l'espace "commentaires".

© 2006 auteurs et éditeurs respectifs

Libre comme un Poney Sauvage de Lisa Mandel (Delcourt/Shampooing) (sur Bulle d'air)
Ok, j'ai honte. Je n'avais jamais lu le blog de Lisa Mandel avant de découvrir cet album qui compile ses posts d'août 2005 à mars 2006. Et alors? Ca arrive même aux meilleurs... Et puis je tiens à dire que j'avais quand même lu Nini Patalo et Eddy Milveux (qui sont très chouettes). Merci donc à Lewis Trondheim d'avoir publié ce blog en album dans sa collection Shampooing (et d'apporter de nouveaux formats chez Delcourt) pour les retardataires dans mon genre. Lisa Mandel évoque son voyage en Argentine avec humour, autodérision et surtout un langage des plus fleuris. Je n'ai pas le sentiment que j'ai vraiment découvert l'Argentine mais au moins je me suis bien amusé. C'est dans le ton du moment (cf. Frantico et Boulet) mais avec une femme derrière le crayon. Comme le signale Lisa Mandel, c'est donc truffé "de sensibilité, de finesse, de poésie, de spiritualité, de nobles intentions, d'une certaine grâce fragile, de problématiques différentes et magnifiquement complexes". Haha. Surtout la finesse!

La Sirène des Pompiers d'Hubert & Zanzim (Dargaud/Poisson-Pilote) (sur Bulle d'air)

Un one-shot dans la collection Poisson-Pilote, c'est une bonne nouvelle en soi. Une nouvelle qui s'annonce d'autant plus agréable si l'on sait que cet album est scénarisé par Hubert (dont j'avais bien aimé le Miss Pas Touche #1). L'installation de l'album est assez accrocheuse, l'univers bien installé. Paris, fin XIXième. Gustave Gélinet, un jeune peintre dont les débuts ont été fort critiqués, connaît soudain un succès foudroyant grâce à un tableau représentant une sirène. Cette toile surprend tous les critiques par la qualité de son rendu réaliste. Fulmel, le détracteur le plus féroce de Gélinet, est persuadé que le peintre est dénué de toute imagination artistique et qu'il ne peut donc avoir réalisé cette oeuvre au thème mythologique. Fulmel a à la fois tort et raison. Si Gélinet est bien l'auteur de la toile, il n'a pas imaginé la créature. La sirène existe bel et bien, cachée à l'abri des regards indiscrets dans l'atelier de l'artiste. Mais la curiosité du critique d'art, les ambitions du peintre et les désirs de la sirène vont mettre la pérénnité de ce fragile secret en péril. Le récit s'annonce donc prometteur mais il souffre hélas d'un problème de rythme. Ou plutôt de "souffle". J'ai le sentiment qu'il y a certaines longueurs et quelques rebondissements mal gérés. La lecture reste agréable dans l'ensemble et le trait de Zanzim s'accorde bien au ton mais l'album ne m'aura pas séduit comme le premier Miss Pas Touche.


Le Sang des Voyous de Loustal & Paringaux (Casterman) (sur Bulle d'air)

Loustal nous revient avec de grandes images. Des images qui marquent par la justesse des plans choisis. Toujours le plan de Loustal complète le texte de Paringaux, le souligne par un rappel ou le sublime. C’est une nouvelle leçon d’«écriture bande dessinée » que nous offre ce duo à qui l’on doit déjà Kid Congo et La Nuit de l’Alligator. La forme est donc parfaitement maîtrisée et fait honneur au « Neuvième Art ». Mais l’esthétique n’est pas tout et le récit doit encore convaincre. Il nous fait emprunter les pas de Louis, un tueur à gages dont la route s’achèvera bientôt. Louis est malade. Ses jours sont comptés. Il trouvera cependant la force de quitter le mouroir où il gît pour tenter d’accomplir un dernier contrat, un contrat qu’il a passé avec lui-même. Si Moebius signalait qu’on pouvait imaginer « une histoire en forme d’éléphant, de champ de blé, ou de flamme d’allumette soufrée », Paringaux a conçu la sienne en forme de rose. Des épines de cuivre et des pétales de sang jailliront inexorablement tout au long de la traque menée par Louis. Bon, je vais arrêter mes métaphores à deux francs cinquante et vous dire que j’ai beaucoup aimé. Je pourrais aussi dire que j'ai trouvé un petit côté Dark Knight Returns à cet anti-héros vieillissant dont le corps en ruine est animé par une détermination aveugle. Mais là aussi je ne vais pas me perdre dans une comparaison du même tonneau que mes métaphores. Bref, du grand Art. Seul bémol: j'ai eu un sentiment de "déjà vu" pour certaines séquences de l'album. J'ai dû trop souvent regarder les films de Kitano...


Monologues for the Coming Plague d'Anders Nilsen (Fantagraphics).

Avec cet album (uniquement en v.o. anglaise), Anders Nilsen nous emmène bien loin de son superbe Des Chiens, de l’Eau (Actes Sud). L’album volumineux compile deux carnets de croquis où se succèdent plusieurs séries de dialogues improbables. On y retrouve des oiseaux à la répartie surprenante (comme dans ses Big Questions), un débat délirant sur la sémiotique et des mini-récits totalement décalés. Quelques séries de dessins fonctionnent sur un système de running-gag assez réussi, d’autres pas du tout. L’ensemble est dessiné de manière très naïve et minimaliste (un dessin par page). C’est donc vite lu (mais ce n'est pas un reproche) et assez peu convaincant au final (surtout pour 18.95 $). Cette déconstruction est sans doute liée à la période de troubles qu’a vécu l’auteur suite au décès de sa compagne. L’album autobiographique qu’Anders Nilsen a écrit suite à ce drame devrait bientôt être disponible (Don’t Go Where I Can’t Follow chez Drawn & Quarterly) et s’annonce plus intéressant.


Cosmos de Kim Sung Yun (Dargaud/Made In) (sur Bulle d'air)

J'ai été assez séduit par la couverture et les quelques planches rapidement feuilletées de cet album coréen. Les couleurs directes posées avec beaucoup de talent avaient tout pour séduire. Hélas, ce recueil d’histoires courtes ne m’a finalement pas convaincu outre mesure. J’ai décroché un peu plus à chaque histoire, sans doute à cause du côté un peu « fouillis » de cette compilation. Notons cependant que l’utilisation de la couleur est assez remarquable tout comme le rendu de quelques scènes érotiques. L’auteur s’amuse aussi avec quelques expériences narratives intéressantes. J’espère que toutes ces qualités pourront s’exprimer de manière plus aboutie dans un prochain album.


Le Retour à la Terre #4 de Jean-Yves Ferri & Manu Larcenet (Dargaud/Poisson-Pilote) (sur Bulle d'air)

A la sortie d’un nouveau Retour à la Terre, je me retrouve dans une situation terrible. Pareil pour Sandra. Qui de nous aura le privilège de le lire en premier en rentrant à la maison ? Je suis parvenu à mettre le grappin dessus, Sandra préférant se le réserver pour clore notre soirée-lecture. J’ai bien aimé même si j’ai un peu moins ri que pour les précédents. Mais j’imputerai cela à la fatigue car l’alchimie continue à opérer entre Ferri et Larcenet. Je me suis quand même bien amusé avec Sandra lorsque nous avons passé en revue nos gags préférés. La série garde donc un bon niveau et reste l’une de mes favorites tant ces tranches de vie de couple me semble bien observées. Et je ne crois pas que je dois m’éterniser sur ce titre qui a déjà très bien été défendu et mis-en-avant.


Lucha Libre #1 de Bill & Jerry Frissen avec Tanquerelle, Fabien M., Ines Vargas, Gobi & Witko (Humanoïdes Associés) (sur Bulle d'air)

Ce petit fascicule au format "américain" m'aura fait passer un très agréable moment. Et mon problème pour cette chronique, c'est que Lucha Libre, ça ne se résume pas; ça se lit! Mais bon, je vais faire un effort pour les plus sceptiques. Disons que cet univers déjanté où une bande de cinq copains aux masques de catcheurs mexicains affrontent des loups-garous en plein quartier résidentiel paumé de Los Angeles tandis que deux martiens s'exclament, l'air grave, devant un dinosaure errant dans la ville: "Le grand Ballet cosmique se met en place...". Il y a un côté Bill Plympthon qui... Non. J'ai dis que j'arrêtais les comparaisons... C'est tout simplement un bon gros délire qui tient la route (eh oui). Car cet univers a sa propre cohérence (si si) et surtout un ton qui permet de s'y plonger et ne plus vouloir en sortir. Le tout est servi par une "dream team" composée de Jerry Frissen, le scénariste des Zombies qui ont mangé le Monde (un Belge qui sait rire de sa belgitude, ça fait du bien à l'heure où Delcourt sort ses "blagues belges"), Bill & Gobi (au dessin bien pêchu), Tanquerelle (dit "le Talentueux" qui signe des gags en une planche), Witko (l'auteur de Muerto Kid aux Requins Marteaux qui signe lui aussi des histoires courtes) ainsi que Fabien M. et Ines Vargas. J'attends la suite avec impatience. GOJIRA!


London Calling #1 de Sylvain Runberg & Phicil (Futuropolis/"32") (sur Bulle d'air)

Là aussi, ce fut un petit rayon de soleil. Trop bref hélas! Il y a une vraie frustration quand on referme la dernière page de ce premier chapitre (sur neuf prévus). Le découpage de Phicil, l'auteur de Georges Frog #1, est d'une grande fluidité. Son dessin rajoute au plaisir des yeux. Tout comme les très belles couleurs de Drac. Le scénario de Sylvain Runberg nous plonge dans le Londres du début des années '90. Nous découvrons la capitale au travers des yeux de Thibault, un jeune Français de 20 ans qui a décidé de s'y installer avec un ami. Il garde en mémoire l'excellent souvenir d'un voyage qu'il y a fait précédement. Mais la situation a bien changé depuis son permier séjour et le Londres qu'il va retrouver est moins accueillant que prévu. Les complications s'enchaînent durant le voyage mais ne semblent pas émousser la volonté de Thibault qui est animé par l'effervescence propre à la scène musicale de l'époque. Un vrai plongeon dans la nostalgie. Et puis c'est pas cher (4.90€) !

A+

mercredi, novembre 09, 2005

Chronique (II): DES CHIENS, DE L'EAU

A propos de l'album Des Chiens, De l'Eau d'Anders Nilsen (Actes Sud bd)

copyright: Anders Nilsen/Actes Sud 2005


Anders Nilsen fait partie de la nouvelle génération d’auteurs alternatifs américains. Avec ses acolytes du groupe The Holy Consumption (Paul Hornschemeier, Jeffrey Brown et John Hankiewicz) et Sammy Harkham, il redéfinit les codes du comix au travers d’une approche qu’Igort qualifie d’« anti-spectaculaire ». Sa série autoéditée The Big Question traduit bien celle-ci par une mise en page épurée (contours de cases tendant à disparaître) et un décor réduit à sa plus simple expression. Anders Nilsen joue avec cet espace libre pour développer des dialogues philosophiques décalés mais aussi de superbes séquences muettes, tantôt surréalistes, tantôt oniriques. Ces éléments se retrouvent dans son album Dogs and Water publié chez Drawn & Quarterly et adapté en français par Actes Sud. Je parle ici d’adaptation et non pas de traduction car la version française a été augmentée de deux chapitres consacrés au personnage de Sisyphe qui encadrent le récit original. Celui-ci peut susciter la perplexité. Un personnage emmitouflé dans un anorak erre dans une contrée inhospitalière et violente avec un ours en peluche pour seul compagnon et interlocuteur. Le reste n’est que supposition. Anders Nilsen veut nous voir perdu comme son personnage. Il nous abandonne dans un univers sauvage et désolé où l'on ne croise que des ruines, des pillards, des chiens errants, des cadavres ou quelques survivants qui ne le resteront probalement pas longtemps. Les diverses rencontres qui ponctuent le récit ne nous éclairent pas plus sur ce qui a poussé notre "héros" en ces lieux. Les dialogues s’effacent au moment où l’on s’attend à une réponse. Seul compte un fil ténu, celui des liens qui se tissent et de ceux qui se brisent. Ce fil, on le retrouve dans le dernier chapitre intitulé Sisyphe et le Minotaure au travers de la furtive apparition d’Ariane. Il nous guide vers la sortie du labyrinthe que l’auteur avait refermé sur nous. En cela, les deux chapitres rajoutés dans la version française nous aident à mieux apprécier le sens de ce récit. Plusieurs éléments se répondent ainsi pour apporter une lumière nouvelle sur le concept d'apprivoisement et le sentiment de fatalité qui sont omniprésents dans l’ouvrage. Ils rendent ainsi ce dernier plus accessible. Version noire et crue du Petit Prince de Saint-Exupéry, Des Chiens, de l’Eau est un nouveau petit joyau de la collection bd des éditions Actes Sud. Il est à classer aux côtés de l'Homme sans Talent de Tsuge qui procure ce même sentiment de langueur une fois la dernière page refermée.

P.S.: Je vous conseille aussi de découvrir chez Actes Sud l'incontournable Notes pour une Histoire de Guerre de Gipi.

P.P.S.: La rédaction de chroniques n'est pas mon fort; je fais de mon mieux pour ne pas vous infliger mon style ampoulé. Merci pour votre indulgence.