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Les inscriptions se font par e-mail à l'adresse info@multibd.com (ou directement à la librairie, 124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles).
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Trois fanzines ont rejoint l'espace qui leur est dédié à la librairie en ce mois de février. Le Soap #37 (qui marque hélas la fin de cette belle aventure), le livret Avant la Catastrophe de Max de Radiguès et le Cheval de Quatre #3 (ou numéro "quatre moins un") sont désormais disponibles.
©2009 Kan Takahama & XeroXed.be
L'Eau Amère de Kan Takahama, Casterman (Sakka/Auteurs), 12.50€
La famille Looney
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C. Entretien avec Dash Shaw
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La version originale de cet entretien (en anglais) est disponible sur le site de du9
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NV : Comment avez-vous élaboré le scénario des 720 pages de Bottomless Belly Button ? Envisagiez-vous dès les prémisses de ce projet qu’il serait aussi imposant ?
Dash Shaw : Je n’avais pas de scénario à proprement parler mais plutôt un plan de séquences. Je dessinais des scènes et je décidais ensuite si elles figureraient ou non dans l’album et à quel endroit. Le niveau du dessin a participé à rendre cette expérience plus proche de celle de l’écriture où l’on peut facilement rédiger un paragraphe et ensuite le supprimer ou le déplacer ailleurs. Pour BodyWorld, je ne peux pas travailler selon ce principe mais pour Bottomless Belly Button j’ai eu l’occasion de tenter l’expérience.
Je savais dès le départ que Bottomless Belly Button aurait un tempo très lent mais qu’il se lirait très rapidement. Comme les bandes dessinées japonaises mais avec une forme plus étendue. Ou comme de regarder successivement chaque image d’une bande de film. Ce type de narration demande une pagination conséquente.
NV : L’écriture est aussi importante dans votre œuvre au travers des onomatopées. Vous utilisez de nombreux mots et signes pour traduire les odeurs, les goûts et les textures (la vapeur, la poussière dans l’air, les sons de l’océan…). Est-ce une manière de palier à l’absence de ces « effets » dans la bande dessinée ?
Dash Shaw : Ces mots et ces signes permettent d’inventorier des phénomènes naturels qui se répètent au fil de Bottomless Belly Button. Ils ont diverses fonctions comme celle d’établir des liens entre certains éléments ou de servir d’effet sonore particulier. En cela , ils se rapprocheraient des bandes dessinées japonaises qui possèdent des onomatopées bien plus spécifiques. Ces mots et ces signes sont principalement présents pour créer un environnement. Je ne pense pas que je compense. Le fait que les bandes dessinées n’aient ni son ni odeur me plaît car l’utilisation d’un mot est parfois plus plaisant. Lire les mots « bruit du garage qui s’ouvre » est différent d’entendre ce son ou de voir cette porte s’ouvrir.
Dans mon webcomic BodyWorld, j’accentue l’effet de la pluie tombant sur différentes choses en utilisant des mots comme « pluie qui tombe sur le trottoir » ou « pluie qui tombe sur les cendres ». Cela crée un « effet sonore » mais cela lie également les trois scènes de pluie réparties dans l’album. Les mots permettent d’apporter énormément de choses à la Bande Dessinée.
NV : Vous vous référez plusieurs fois à la Bande Dessinée japonaise dans votre utilisation du rythme et des onomatopées. Vous utilisez par ailleurs des successions de cases assez typiques du manga comme la transition « d’aspect à aspect » ou « sans rapport apparent ». Avez-vous été influencé par la production nippone ?
Dash Shaw : Oui. J’ai grandi en pleine explosion des mangas et des animes ici aux Etats-Unis. Je me souviens m’être rendu dans un vidéoclub qui venait de rentrer Akira et Dominion Tank Police. La semaine suivante, j’y retournai et ils avaient rentré The Guyver et ce fut ainsi semaine après semaine… Ce mouvement ne cessa de croître. D’un coup, il y avait près d’un million de personnes à Otakon et on assistait à l’éclosion rapide de petites conventions consacrées aux animes un peu partout aux Etats-Unis.
Bottomless Belly Button en particulier est le résultat d’un croisement entre le manga de la première période de l’ère post-Tezuka et des comics alternatifs américains comme ceux de Chester Brown et Chris Ware. Ce livre fait plus de 700 pages mais il se lit en moins de quatre heures. Il se passe en réalité très peu de choses dans cette histoire. Il est donc à la fois un ouvrage très long et très court. Cette expérience de lecture est inspirée sans conteste de la Bande Dessinée japonaise.
NV : Sammy Harkham m’écrivait qu’il désirait faire ressentir à ses lecteurs que son Poor Sailor était une histoire racontée sur le mode passé, comme si tout était déjà arrivé. J’ai eu le même sentiment en lisant Bottomless Betty Button et je crois que cela tient du choix de cette encre au ton brun. Etait-ce le sentiment que vous désiriez procurer ?
Dash Shaw : Je ne parlerais de mode passé mais j’exprime en effet les choses en partant du principe que les lecteurs connaissent déjà la suite des événements, comme s’ils lisaient le récit pour la seconde fois. Mes bandes dessinées sont généralement conçues dans l’idée que l’on puisse saisir l’entièreté du livre de manière immédiate. Ce brun évoque peut-être le sépia ou une couleur délavée mais je l’envisage comme rappelant celle du sable. J’aime particulièrement le rendu de cette encre sur les couvertures.
NV : Vous utilisez de la gouache sur film acétate pour la mise en couleurs de plusieurs de vos récits. D’où vous vient cette technique généralement liée au cinéma d’animation et pour quelle raison avez-vous préféré le noir et blanc (ou le « sable et blanc ») pour The Mother’s Mouth et Bottomless Belly Button ?
Dash Shaw : Plusieurs chapitres de The Mother’s Mouth ont été conçus en couleurs sur du film acétate mais ont été imprimés en niveaux de gris. J’ai aussi travaillé la couleur sur des histoires plus courtes et des sections d’un récit plus long. Dans le temps, cette technique du film acétate était courante en bande dessinée comme sur le Batman : Année Un brillamment mis en couleurs par Richmond Lewis. Plusieurs intérieurs de couvertures des THB de Paul Pope ont aussi été réalisés de cette façon. En fait, de nombreux auteurs utilisent cette technique. Pour ma part, je combine des couches d’acétate avec une mise en couleurs par ordinateur.
Je ne crois pas qu’une colorisation de Bottomless Belly Button aurait donné un résultat probant. Chaque livre a son atmosphère et son propre aspect visuel. Le projet qui suivra BodyWorld sera divisé en deux parties. La première sera dessinée à l’encre et la seconde en couleurs mais avec une technique différente de celle de BodyWorld.
NV : Vous utilisez aussi de nombreux diagrammes dans vos récits comme Kevin Huizenga dans ses Glenn Ganges. L’utilisation de ces motifs vous est-elle apparue comme naturelle ?
Dash Shaw : J’aime les cartes et les diagrammes ainsi que les combinaisons mot/image comme on les retrouve dans la bande dessinée. Kevin Huizenga et moi utilisons des diagrammes mais nous sommes cependant des auteurs très différents.
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Plan de BodyWorld et règles du DieBall
Le strip Two PLaces
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NV : Vous présentez Bottomless Belly Button comme une « trame où s’entrecroisent plusieurs bandes dessinées autobiographiques ». Cette idée est-elle le développement de votre strip baptisé Two Places écrit en 2006 ?
Dash Shaw : J’ai commencé à travailler sur Bottomless Belly Button en 2005. C’est par la suite que j’ai écrit le strip Two Places qui explicitait ce concept et qui est paru dans la revue The Drama.
NV : Plusieurs de vos premiers strips (comme Two Places) ont un format carré. De même que certains de vos albums. Comment s’explique cette particularité ?
Dash Shaw : The Drama, l’anthologie Meathaus 7 : Love Songs et Visual Opinion (la revue de School of Visual Arts de New York), avaient toutes trois un format carré. Ayant participé à ces projets, j’ai conservé ce format pour plusieurs autres de mes histoires.
NV : BodyWorld est une série que vous publiez directement sur internet. Envisagiez-vous qu’elle pourrait être un jour éditée sous la forme d’un livre et que son aspect en serait profondément modifié ?
Dash Shaw : Au départ, j’avais imaginé que BodyWorld serait soit une série mensuelle pour Dark Horse soit une bande dessinée sur internet. Dark Horse publie Star Wars et je me suis dit que ce serait fabuleux s’ils éditaient BodyWorld tous les mois d’autant que j’étais certain de pouvoir respecter les délais. Ils n’étaient cependant pas intéressés par ce projet et ne m’ont jamais recontacté (jusque tout récemment). Mon optique est d’essayer de travailler sans penser aux questions d’édition. J’ai alors simplement envisagé d’en faire un « webcomic ». De cette manière, je contrôle tous les aspects de mon travail et je ne dois dépendre de personne. De plus, j’aime les webcomics et j’ai souvent pensé en publier un. J’ai donc planifié sa publication en préparant deux chapitres à l’avance et j’ai débuté la mise en ligne le premier janvier 2008.
La version « livre » de Pantheon tentera de recréer le format de lecture de l’ordinateur. Ce sera un album vertical (avec une page supérieure et inférieure à la place d’une page de gauche et de droite) et les cartes se déplieront comme les différents onglets d’un navigateur internet.
Voici mon opinion concernant la lecture de BodyWorld. Si vous voulez jouer le jeu et profiter de l’expérience originale publiée en épisodes, il vaut mieux lire la version internet. Si vous voulez lire le récit d’une traite, la version imprimée sera la plus appropriée. Elle fera plus de 300 pages et il sera plus agréable de la lire sur papier. Après sa publication en épisodes, la version imprimée sera le produit final.
Une fois BodyWorld terminé, j’aurai besoin de me dédier à d’autres projets pour un temps. Je retournerai certainement au webcomic à nouveau mais avec pour objectif de créer une œuvre qu’il sera impossible d’imprimer. Je suis content que BodyWorld soit imprimé mais j’éprouve une certaine frustration que le résultat ne soit pas un webcomic car c’est le travail sur ce support qui m’intéressait. Mon prochain webcomic sera donc conçu dans un format que l’on ne pourra pas reproduire sur papier. J’y insérerai peut-être des séquences animées ou j’utiliserai un personnage protégé par le copyright. Les webcomics étant gratuits et libres, je POURRAIS sérieusement envisager l’adaptation d’un film en roman graphique ou l’utilisation d’un personnage protégé par le droit d’auteur. Cela offre des possibilités passionnantes dont je veux pouvoir tirer profit dans l’avenir.
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