vendredi, janvier 18, 2008

Publisher's Cut (I): Les Enfants Rouges

Le métier de libraire "spécialisé" en bande dessinée demande de faire des choix de plus en plus difficiles. Face à la production toujours croissante de nouveaux titres, il n'est pas aisé de décider quels livres et quelles collections resteront dans le fond et ceux et celles qui devront en être retirés pour laisser place aux nouveautés. Cette situation m'a poussé à m'interroger sur la situation des jeunes éditeurs qui tentent de se faire une place dans un marché qui semble saturé. La passion du livre suffit-elle dépasser les multiples difficultés que l'on peut rencontrer face aux puissantes machines qui font feu de tout bois (en apparence du moins)? Pour le savoir, j'ai tenu à créer un nouvel espace sur XeroXed.be qui sera consacré à ces quelques éditeurs qui ont eu le courage de tenter cette périlleuse aventure. Nathalie Meulemans, fondatrice de la maison d'édition des Enfants Rouges, partage avec nous son parcours et ses aspirations dans ce premier entretrien Publisher's Cut. Cette rencontre, je l'espère, vous permettra aussi d'en savoir un peu plus sur un catalogue qui, en moins de deux ans, se montre déjà digne d'un grand intérêt.

© Les Enfants Rouges

Nicolas Verstappen : Vous avez été libraire durant près de 15 ans. Etait-ce dans une libraire généraliste ou une librairie « spécialisée » en bandes dessinées ?

Nathalie Meulemans : Le "Comic Strip Café" était une librairie spécialisée en bandes dessinées et un café. Venant d’une famille de restaurateurs et ayant un attrait pour les cafés, j’ai eu envie de créer ce lieu par goût de la convivialité. Les discussions et les rencontres autour de la bande dessinée y étaient plus faciles. Là se retrouvaient amateurs de bd et clients du café.

NV : Comment décririez-vous votre parcours de lectrice ? Quels sont les albums qui en marquèrent les tournants les plus importants ?

Nathalie Meulemans : Le chemin est long et les goûts évoluent. J’ai commencé par Franquin, Gotlib et Giménez dont je copiais les dessins. Mes premières années à la librairie (en 1991), j’aimais bien les séries fantastiques ou d’anticipation. Je suivais de près les albums des Humanos. Puis viens ma « période » Casterman. Je craquais sur Boucq, Comès, Baru, Constant, Dumontheuil, Moynot, De Crecy et quelques autres chez Delcourt aussi avec Nuit Noire de Chauvel. Ma préférence allait vers les ambiances noires semi-réalistes. Vers la fin des années ’90, j’ai découvert Daniel Clowes et Charles Burns. J’avoue que pendant une période il m’était difficile de lire tout ce qui sortait en librairie mais j’essayais de rester ouverte à tous les styles afin de conseiller au mieux les lecteurs. Quand j’ai lu Chris Ware, je me rappelle l’avoir conseillé à plusieurs reprises et quand les lecteurs revenaient en disant « c’est génial », je me disais OK, mais maintenant que vais-je lui conseiller !? C’était sans compter sur Alan Moore, Jason Lutes, Adrian Tomine et bien d’autres. J’ai trouvé aussi dans le « manga », des titres passionnants comme Amer Béton, Domû, puis plus récemment Monster. C’est super de pouvoir rester dans l’histoire et suivre des personnages sur autant de volumes et en redemander. Je continue à lire des séries « manga » comme on peut être accro à des series TV. C’est un peu la récré !

NV : Quel fut le déclic qui vous a poussé à vous lancer dans l’aventure de l’édition ?

Nathalie Meulemans : Était-ce vraiment un déclic ? Je crois que cela devait mûrir depuis un moment. Le désir de me diversifier un peu au sein de la librairie, sans doute. J’ai d’abord commencé par ouvrir une petite galerie-expo-rencontres-atelier afin d’élargir l’activité de la librairie et de créer des contacts plus larges. Mais je n’ai pas eu la patience et l’énergie de dynamiser les quelques personnes qui ont répondu présentes... difficile de tout gérer ! Mais l’envie de me lancer dans l’édition était là ; quelques auteurs que je sentais prêts à me suivre ont fait le reste.


© Les Enfants Rouges


NV : Pourquoi le nom des Enfants Rouges ? Est-ce lié au « marché des Enfants Rouges » du quartier du Marais ?

Nathalie Meulemans : Oui, la première fois que je me suis promenée dans ce quartier, j’ai découvert le marché des Enfants Rouges, j’ai été séduite. C’est en cherchant un nom me correspondant pour la maison d’édition naissante, que Les Enfants Rouges fut une évidence. L’historique de ce marché est très intéressant. Pour résumer, un orphelinat existait dans ce quartier et les enfants étaient vêtus d’une cape rouge. Bien des années plus tard, le nom existe encore en hommage à ces gamins.

NV : Avez-vous lancé votre maison d’édition en considérant que vous pouviez couvrir un espace de la production qui était négligé par les autres éditeurs ?

Nathalie Meulemans : Non, certains restent dans leurs domaines qu’ils défendent très bien en publiant toujours de très bons auteurs, d’autres présentent des choses très variées, touchent à tout, d’autres « copient » un peu mais en moins bien. Il y a de la place pour tous puisque la création n’a pas de limite. Les éditeurs sont là pour la découvrir partout à travers le monde et pour faire un bout de chemin avec les auteurs. Je ne pense pas qu’il y ait un espace de la production qui ait été négligé, mais plutôt que Les Enfants Rouges publient encore autre chose. La relation auteur-éditeur est importante pour moi, on va passer plusieurs mois côte-à-côte, alors la décision de publier une bande dessinée passe par cette relation autant que par le choix du projet.

NV : Comment cet aspect relationnel se développe-t-il ? Vous recontrez les auteurs plusieurs fois pour de longues discussions avant même de les inviter à rejoindre votre catalogue ?

Nathalie Meulemans : Non, parfois je les vois après avoir signé. Mais par téléphone ou mail on sent si les mois de travail vont se dérouler dans une bonne harmonie ! C’est souvent le projet que je vois, rarement l’auteur et son projet. Quand je reçois un dossier et si il me plaît, on discute. La confiance et le respect mutuels sont indispensables. Récemment j’ai eu l’occasion de contacter des auteurs pour un projet commun autour de nouvelles écrites par Joseph Incardona (qui a aussi participé à Ce qu’il en reste). J’ai donc envoyé ses histoires à des auteurs que je n’avais jamais rencontré. Certains m’avaient envoyé des projets qui ne correspondaient pas à la ligne éditoriale des Enfants Rouges, mais le contact était là. Aujourd’hui, Dans les Cordes est en route. Joseph est un auteur avec lequel les projets se succèdent. Nous sortons en janvier Fausse Route un récit que Vincent Gravé s’est « accaparé » pour en faire une roman-graphique de 232 pages en noir et blanc. Un bijou. Je crée le lien entre un écrivain de roman-noir et un auteur-dessinateur, puis chacun décide d’entrer dans le domaine de l’autre pour unir leur talent et aboutir à la même oeuvre. C’est magique. Je prends beaucoup de plaisir à me retrouver avec les auteurs. Quand un projet est terminé, il y a l’excitation de la sortie, les salons, les dédicaces, puis il arrive un moment où on se perd un peu de vue. C’est important de garder le contact, alors on décide de refaire un nouveau livre !

NV : Vous suivez jusqu’à présent des auteurs francophones. Envisagez-vous de publier en français des ouvrages et des auteurs étrangers ?

Nathalie Meulemans : Il y a déjà au catalogue un titre d’un auteur italien : Love Stores d’ Elfo. Nous allons d’ailleurs en publier un second. Un roman-graphique sur les événements qui ont marqué le début de la révolution étudiante et ouvrière en Italie à de la fin des années 60 au début des années 70. Le titre est La faute à ’68 et sortira fin avril pour fêter les 40 ans de contestations de toute une génération. Et, j’envisage, bien sûr, si cela se présente, de publier d’autres auteurs étrangers...


© Les Enfants Rouges

NV : Dans la présentation de votre site, vous parlez d’une « préférence pour le roman-graphique, le noir et blanc et la bichromie ». Publier en noir et blanc et en bichromie n’est donc pas pour vous qu’un choix « économique » mais il est aussi esthétique. Qu’est-ce qui vous plaît dans cette approche graphique ? Son aspect plus direct (où la couleur n’est pas utilisée pour tricher ou camoufler) ?

Nathalie Meulemans : Effectivement le noir et blanc triche moins. J’aime les noirs profonds, les contrastes, les ombres, les traits pleins, les hachures, on peut tout se permettre. Les matériaux sont nombreux, ce qui donnent pour chacun un rendu différent. Le noir et blanc est très riche mais, certains lecteurs n’envisagent pas la bande dessinée sans couleurs. La bichromie est une alternative, elle peut être traitée de différentes façons, en aplats ou avec des nuances. Dans Waterloo qui sortira en février, Patrick Pirlot a utilisé une technique de clair-obscur à la façon de certains expressionnistes. Le résultat est époustouflant. La bichromie peut aussi « servir » un trait noir très précis et créé la profondeur et la chaleur dans la narration. C’est le cas dans Quatre, qui en noir et blanc aurait pu paraître trop « glacial ». Le lecteur suit une histoire sur quatre saisons et la bichromie l’accompagne et l’aide à passer l’hiver...
Quand je pense à la bande dessinée en noir et blanc, je pense à Charles Burns, Daniel Clowes, Adrian Tomine, Jason Lutes, Jaime Hernandez. Nous retrouvons ces influences dans l’oeuvre de Tanxxx avec qui nous avons publié Double Trouble. Pour Dans les Cordes, un album à paraître en avril, cinq auteurs dessinent une nouvelle écrite par Joseph Incardona. Du noir et blanc pour tous les goûts. Feutres - pinceau - stylo-plume - Rotring - Pastel - lavis d’encre de chine - ordinateur - des influences allant de Ted Benoit et Savard pour l’un à Franck Miller et Matsumoto pour un autre.

NV : Quelle part de votre temps de travail d’éditrice est occupée par la promotion de vos ouvrages ? Dans une telle période de (sur)production, n’est-il pas difficile de les faire vivre en librairie ?

Nathalie Meulemans : Difficile de répondre précisément à la première partie de la question. Sans doute pas assez. La promotion des albums est un domaine dans lequel j’aurais bien besoin d’aide, une personne dont ce serait le métier (mais n’ayant pas les moyens, un(e) bénévole serait le(a) bienvenue) ! C’est vraiment un travail de longue haleine fait de suivi et de relances... Je ne suis pas très forte à ce jeu... Je préfère me concentrer sur la lecture, sur la relation avec les auteurs puis sur la maquette. Pour la seconde partie : surproduction, oui, visibilité difficile, oui, je devrais donc communiquer davantage ! J’aime bien le bouche à oreille, ça fonctionne mais, c’est sur du long terme et les libraires (dans leur grande majorité) ne gardent pas les titres en facing, voire même dans leurs rayons très longtemps. Je crois qu’il faudrait davantage de festivals dédiés aux éditeurs indépendants, aux petites structures. Des festivals gratuits où les auteurs auraient la parole, la possibilité de vraiment rencontrer les lecteurs. Puis sans une bonne diffusion/distribution, c’est dur d’être vu. A quand une vraie structure qui représenterait des éditeurs indépendants en défendant chaque titre ? Ca aussi c’est un métier !

NV : Cette remarque tend à laisser penser qu’une structure comme celle du « Comptoir des Indépendants » ne répond pas à toutes vos attentes.

Nathalie Meulemans : J’ai bien sûr pensé au Comptoir, mais une chose m’a arrêtée : la structure manque de représentants en province. Pendant mes années de librairie, j’ai toujours eu de très bons rapports (téléphoniques) avec l’équipe, mais je pense qu’aujourd’hui, malgré de nouveaux outils mis en place, rien ne remplace les visites de représentants. Elles seront toujours plus efficaces. Les libraires aiment que l’on s’occupe d’eux, qu’on les écoute, que l’on prenne leurs problèmes en compte. Un échange sur « bon de commande », ça n’est pas la même chose ! La structure est là, il ne manque pas grand chose..... A l’inverse dans d’autres structures, malgré une équipe de représentants, si celle-ci n’est pas spécialisée en bande dessinée (et la bande dessinée d’auteur en particulier), la mise en place d’un titre est aussi difficile. Ils doivent apprendre à connaître les libraires ayant un rayon de labels indépendants et passer les voir régulièrement, mais on en est loin.....

© Les Enfants Rouges

NV : Comme vous l’avez signalé plus haut, vous portez un soin très particulier aux maquettes de vos ouvrages (ainsi qu’à la qualité de l’impression tout en jouant avec des formats variés). Le coût de fabrication doit donc être relativement élevé. Parvenez-vous à maintenir un équilibre financier sur base de ces considérations ?

Nathalie Meulemans : Merci d’abord pour vos remarques. J’en profite aussi pour remercier les auteurs qui font beaucoup pour que les albums soient réussis. Nous travaillons ensemble pour que la réalisation finale corresponde à leurs désirs, du choix du format et celui du papier à l’élaboration de la maquette. Le suivi de la fabrication chez l’imprimeur est très important (on est loin du sans-faute, mais je suis pour l’instant assez contente de leur travail). L’équilibre financier... quand je fais faire des devis pour pouvoir donner un prix de vente, j’essaie de trouver cet équilibre, mais là on rejoint une question précédente, celle de la visibilité. On a beau faire des albums de qualité, dont on est fiers, il n’en reste pas moins que si personne ne les voie, l’équilibre est rompu ! De plus, nous faisons de petits tirages, ce qui n’est pas très avantageux en terme de coût à l’unité, mais c’est un choix, je n’aime pas que les albums restent stockés trop longtemps chez le distributeur, je préfère réimprimer. Je suis quand même satisfaite de l’accueil que nous avons reçu pour notre première année, les libraires, critiques et lecteurs reconnaissent ce travail. Puis il faut du temps pour réaliser un livre, publier entre dix à douze titres par an est aussi bien une question d’équilibre que de choix.

NV : Ce qu’il en reste est un album un peu particulier puisqu’il est édité de manière limitée (numéroté et signé). Pourquoi avoir choisi de le publier avec cette spécificité ?

Nathalie Meulemans : Au départ Ce qu’il en reste avait été envisagé comme un livre à part entière, mais au moment de la maquette, des questions se sont posées. En écrivant, Loïc Dauvillier a appris à connaître ses personnages, à leur donner corps. Un peu comme si il nous invitait à rentrer dans leur intimité. Le récit global ne tient que sur des bouts de rien, des scènes de vie et le coté intime est primordial. Mais était-il suffisant ? Après de longues discussions, nous avons décidé de faire vivre cet album avec un tirage de 1000 exemplaires et il ne sera réimprimé que lorsque Théo sera prêt. Théo n’est pas une suite comme on a coutume de l’entendre. Ce sera un livre dont on vient de rencontrer les personnages, et qu’on a envie de connaître.

© Les Enfants Rouges


NV : Vous vous êtes aussi lancée dans la publication d’une revue « gratuite » de bandes dessinées. En quoi cela vous semblait-il important ?

Nathalie Meulemans : Oui, avec Loïc Dauvillier (auteur et éditeur des éditions Charrette), il nous est apparu évident qu’il manquait, dans notre petit milieu, une revue destinée à la nouvelle création ou un support libre d’expression pour les auteurs. Nous avons donc imaginé Ping-Pong. Petit format de 48 pages en quadri, tirage de 5000 exemplaires et GRATUIT. Nous finançons son impression. Mais nous espérons des coups de pouce de libraires, de salons ou toute manifestation se rapportant à la bande dessinée en leur proposant un « encart » publicitaire. La distribution est assurée par « Le Comptoir des Indépendants » chez tous les libraires qui en font la demande. Ping-Pong permet de publier des auteurs qui n’ont pas leur « place » dans les magazines classiques de BD (accaparés par la pré-publication de gros éditeurs). C’est aussi une possibilité pour les auteurs confirmés de publier des histoires courtes inédites. Il n’y a pas de thème dans Ping-Pong. Les auteurs peuvent présenter des projets en noir et blanc, bichromie ou quadrichromie entre une et huit pages ! Le numéro 3 sortira fin février, quelques semaines avant le festival de Floirac qui soutient notre revue pour ce nouveau numéro. Nous espérons pouvoir continuer longtemps notre revue, mais nous avons besoin pour cela, d’un peu d’aide extérieure. J’ai également fait une demande d’aide à la région Paca. J’espère que le projet les séduira ! Et si parmi vous, lecteurs, certains sont animés par le même désir que nous de mettre au jour la création en bandes dessinées, vos dons sont les bienvenus (contact)!



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mercredi, janvier 16, 2008

Entretien avec Shaun Tan en V.O.

© 2008 "du9"/Shaun Tan
L'entretien XeroXed avec Shaun Tan est désormais disponible en version originale sur le site de du9 (ainsi que dans sa version française) .


mardi, janvier 15, 2008

Previews Xeroxed #5: James Kochalka

© 2008 James Kochalka/Nicolas Verstappen

Et voici la première de couverture du cinquième carnet XeroXed. Il sera consacré à James Kochalka et reprendra un entretien avec l'auteur américain ainsi que quatre illustrations inédites de son chat Spandy. Ce livret sera offert à l'achat d'un album de James Kochalka à l'occasion de la sortie de la version française d' American Elf chez Ego comme X (le 25 janvier 2008).
La première version du XeroXed #5 (avec couverture sur film transparent) sera limitée à 50 exemplaires.

© 2008 James Kochalka/Ego comme X

vendredi, janvier 11, 2008

Linda Medley: séance de dédicaces

© 2008 Cà et Là & Linda Medley
C'est avec beaucoup de plaisir que nous accueillerons la dessinatrice américaine Linda MEDLEY à l'occasion de la sortie de son magnifique album Château L'Attente qui a ravi l'ensemble de l'équipe de la librairie.

Plus d'informations sur cet album à la fois sélectionné au Festival d'Angoulême et au Prix des Libraires Canal BD sur le
site des éditions Cà et Là.

La séance de dédicaces aura lieu le lundi 28 janvier entre 15h et 18h30 à la Bulle d'Or (124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles). Les réservations sont obligatoires, par mail uniquement (à l'adresse
goldenchronicles@yahoo.fr) ou directement à la librairie.

mercredi, janvier 09, 2008

Nouvel espace alternatif

Suite à l'agrandissement de la librairie (n°122 & 124 du boulevard Anspach), le rayon alternatif de la Bulle d'Or a été déplacé (de quelques mètres seulement, je vous rassure). C'était l'occasion rêvée pour étendre l'espace consacré aux éditeurs indépendants et surtout de mettre en avant ceux qui oeuvrent vaillamment dans notre plat pays. Les albums de l'employé du Moi et quelques fanzines locaux sont ainsi mis à l'honneur dans deux meubles qui leur sont dédiés.

© l'employé du Moi



lundi, décembre 31, 2007

Een beetje van alles (XII): du neuf!

Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, j'ai le plaisir de vous annoncer que je rejoins l'équipe de du9 - l'autre bande dessinée dès le mois de janvier 2008. Plusieurs de mes anciens entretiens XeroXed devraient y être publiés ainsi que de nouveaux articles.

Une bonne année à tous (et plus particulièrement à Esteban)!

vendredi, décembre 14, 2007

Un parrain comblé

J'ai dû vous promettre plein d'entretiens et d'articles dernièrement mais il y avait une autre promesse, bien plus belle, qui s'est accomplie en ce lundi 10 décembre. J'ai l'immense plaisir de vous annoncer la naissance du petit Esteban dont les parents, dans un élan d'inconscience totale, m'ont choisi comme parrain. Au vu de la photographie, mon filleul partage déjà avec moi un goût immodéré pour le hip-hop. Ses parents regretteront amèrement de m'avoir confié une quelconque responsabilté dans sa vie lorsque Esteban et moi reprendront à tue-tête les titres de 50 Cent en français à la manière de Pascal Brutal. Et en parlant de ça, je viens de me rappeler que je dois aller chercher une gourmette en argent (au nom de Pascal, bien entendu, c'est notre maître à tous). Et terminer les faire-parts de naissance aussi... Je leur avais bien dit que c'était une mauvaise idée de me choisir pour ce rôle! Mais bon... allez comprendre les désirs d'une femme enceinte?!

PS: Merci Redwane. Merci Caro. Je vous jure que je bosse sur ces faire-parts!!!

jeudi, décembre 06, 2007

Een beetje van alles (XI): Dominique A

© 2007 Dominique A, Bézian, Alfred & les éditions Charrette

Les éditions Charrette consacrent un superbe ouvrage aux textes du plus bruxellois des Nantais. Les paroles du talentueux auteur-compositeur et interprète ne sont pas ici adaptées en bande dessinée mais illustrées par une trentaine d'auteurs et non des moindres. Bézian, Stefano Ricci, Alfred, Pascal Rabaté et Cécil font partie de ces musiciens du dessin qui accompagnent le temps d'un concert de papier des morceaux aussi réussis que "Le Courage des Oiseaux", "Pour la Peau" ou "Sous la Neige".
A NOTER: cet ouvrage est un tirage unique limité à 1000 exemplaires!


jeudi, novembre 22, 2007

Séance de dédicaces (rappel) et Yoann sur le Spirou #51

© Atrabile & l'employé du Moi

Après une longue journée à installer de nouveaux meubles pour la librairie et à en déménager le lourd contenu, je n'ai pas le courage de me lancer dans le "Previews Reviews #2". Le sujet attendra la fin du week-end... Sorry.
Sinon, pour rappel, Pascal Matthey & Cédric Manche seront en dédicaces à la Bulle d'Or ce samedi. Pour plus d'infos, voir quelques posts plus bas.
Et puis, on m'a signalé que Yoann devrait reprendre le dessin de Spirou et Fantasio à partir du tome 51. A suivre (et surtout à confirmer)!

mercredi, novembre 21, 2007

Een beetje van alles (X): Alex Robinson

© Alex Robinson & Rackham

Une entrevue avec Alex Robinson est disponible sur le site de l'émission radio Dans ta Bulle!.


dimanche, novembre 18, 2007

Chronique: "L'Idiot" de Kang Full

Mon article pour le White Night de décembre:

© Kang Full - Casterman

Avec des joyaux comme Histoire Couleur Terre (de Kim Dong-Hwa chez Casterman) ou Massacre au Pont de No Gun Ri (de Park Kun-woong chez Vertige Graphic), la Bande Dessinée coréenne s’impose à mes yeux comme l’une des meilleures surprises de ces dernières années. Une véritable culture du Neuvième Art s’était en effet établie au Pays du Matin Calme depuis plusieurs décennies déjà mais de manière plus discrète que chez son voisin nippon. Ses artistes ont ainsi pu développer une sensibilité qui leur était propre et un catalogue d’œuvres fortes qui ne demandaient qu’à être découvertes. Les « manhwa » de Kang Full font partie de ces lectures indispensables qui feront entrer le lecteur dans un univers entièrement neuf. L’art de Kang Full se caractérise par un style graphique naïf qui ne laisse en rien présager la profondeur et la complexité des sentiments qu’il désire partager. L’auteur parvient en effet à décrire avec une grande justesse chacune des couleurs qui forment la palette des émotions, qu’il s’agisse de l’angoisse et de l’horreur dans L’Appartement ou de la nostalgie et de la tendresse dans L’Idiot. Ce dernier album nous invite à suivre le parcours de Ji-rho, une pianiste virtuose qui revient dans son quartier natal de Séoul après dix années passées aux Etats-Unis. Elle retrouvera ses amis d’enfance et surtout Seung-lyong, un jeune homme attardé à qui personne n’a jamais porté la moindre attention. Au travers de ce récit « chorale » dont la construction narrative tient du travail d’orfèvre, Kang Full nous dévoilera par touches successives comment cet enfant jadis méprisé a bouleversé la vie de chacun des habitants de ce quartier populaire sans qu’aucun d’eux ne s’en soit jamais aperçu. L’auteur signe là l’un des plus beaux albums de l’année dont le second (et dernier tome) devrait paraître sous peu (chez Casterman dans la collection Hanguk).


jeudi, novembre 15, 2007

XeroXed: James Kochalka !!!!

© James Kochalka

Les éditions Ego Comme X annoncent une nouvelle fois la parution en français de l'un des ouvrages autobiographiques les plus attendus et les plus imposants de ces dix dernières années, à savoir le American Elf de James Kochalka! Sa sortie est prévue pour le 25 janvier 2008. Le carnet XeroXed #5 consacré à l'auteur (et annoncé lui aussi depuis septembre 2004) paraîtra donc le même jour! Je vous donnerai plus d'informations bientôt. Promis!

dimanche, novembre 11, 2007

Séance de dédicaces: Pascal Matthey & Cédric Manche

Pascal est enfoncé: Chaque soir avant de s’endormir, le petit Pascal fait une prière en compagnie de sa famille où il confie ses craintes et ses espérances. Lorsqu’il se retrouve seul pourtant, il prie encore une fois, afin de chuchoter ce qu’il n’ose pas dire tout haut : il a peur de la mort.
Pascal est enfoncé est un récit muet d’inspiration autobiographique sous le trait d’un dessin délicat. Par petits détails et différentes anecdotes, le récit se développe et une évidence gagne l’esprit du petit personnage : ce sont des adultes qui écrivent les bandes dessinées pour enfants et le monde est plus compliqué qu’il n’y paraît.
Après le Verre de Lait, Pascal est enfoncé est le deuxième album de Pascal Matthey chez l’employé du Moi, ou comment un gag obscur de Boule et Bill et le décès d’un ami nous dessinent l’enfance en creux (source: l'employé du Moi).
A propos de J'ai tué Géronimo: entretien avec Cédric Manche

PS: La Bulle d'Or, 124 bd Anspach, B-1000 Bruxelles, tél: 02/513.72.35.

samedi, novembre 10, 2007

jeudi, novembre 08, 2007

XeroXed: le programme

Anders Nilsen a accepté un entretien! Un carnet Xeroxed consacré à l'auteur de Des Chiens, de l'Eau et de The End #1 devrait donc paraître dans les mois qui viennent.
Les carnets d'entretien avec Sammy Harkham (Poor Sailor) et James Kochalka (American Elf) sont toujours prévus au programme. Patience!
Je travaille aussi sur un entretien avec Nathalie Meulemans, la responsable de la maison d'édition des Enfants Rouges (pour une nouvelle section baptisée Editor's Cut).
Voilà pour les news!

mercredi, novembre 07, 2007

Een beetje van alles (VIII): Dans ta bulle !

L'émission radio québécoise Dans ta bulle! (sur Choq.fm) de cette semaine est consacrée (en partie) à l'album Les Dunes de David Libens & Philippe Vanderheyden. La sympathique équipe de ce programme consacré à la Bande Dessinée (souvent indépendante) recevra la semaine prochaine l'un des responsables de Drawn & Quarterly (à savoir Jamie Salomon) pour une rencontre que j'attends avec impatience.

Pour écouter les émissions, cliquez sur le lien Dans ta Bulle! (cfr. plus haut) ou directement sur Choq.fm (ICI)


lundi, novembre 05, 2007

Een beetje van alles (VII): la projection de "Panorama"

L'affiche du film pour le Festival Pink Screens et la réalisatrice Loo Hui Phang lors du débat (© Loo Hui Phang & Xeroxed.be).

Je me suis donc rendu à la projection de Panorama, l'adaptation cinématographique de l'album éponyme de Cédric Manche & Loo Hui Phang. Cette dernière, qui signe aussi la réalisation du film, était présente avec Cédric Manche lors de l'événement qui se tenait dans le cadre du Festival Pink Screens.

Le mensuel #99 du cinéma Nova présentait le film comme suit: "Panorama raconte l'étrange histoire du photographe Pu Dchié et de son voisin Liu, étudiant solitaire et discret. Entre eux s'est nouée une relation ambigue, faite de confidences et de non-dits. Le mystère qui entoure le comportement de Pu Dchié intrigue Liu jusqu'à l'obsession: il va l'espionner et découvrir peu à peu la face cachée de son ami. Loo Hui Phang réalise ici un premier film fascinant et rigoureux, adapté de sa bande dessinée éponyme".

Ceux d'entre vous qui ont lu l'album constateront déjà ici quelques différences notables malgré une intrigue relativement similaire entre les deux oeuvres (et ceux qui n'ont pas lu l'album devraient se l'acheter!). De fait, pour réaliser l'adaptation dans les limites du budget imposé, Loo Hui Phang a transposé son récit au coeur de la communauté chinoise de France et non pas au Japon. De même, l'intrigue se déroule de nos jours et non plus dans les années 1920. En dehors de ces changements majeurs, le fond de l'histoire et son ambiance étrange sont conservés.

J'ai trouvé à ce film tous les défauts et toutes les qualités d'une première réalisation. Loo Hui Phang s'en sort donc bien. Je trouve son travail remarquable sur de nombreux points comme ceux du rythme, du découpage et des plans. Mes seuls regrets résident dans la qualité parfois pauvre de la photographie et des prises de son ainsi que du jeu de certains acteurs.

Le débat qui a suivi la projection était très intéressant car Loo Hui Phang a répondu de manière très profonde aux quelques questions pertinentes qui furent posées.
Elle a évoqué la difficulté de trouver des acteurs pour ce film car la communauté asiatique est très peu représentée sur les écrans français (tant à la télévision qu'au cinéma). C'est au théâtre qu'elle a découvert les acteurs et actrices de son film. Ces derniers étaient ravis de jouer d'autres rôles que ceux qui leur sont habituellement proposés pour le grand écran (à savoir ceux de "voyous" pour les hommes et de "femmes soumises" pour les actrices). Cette situation explique peut-être en partie le problème que j'ai rencontré avec le jeu de certains d'entre eux. Une certaine "théâtralité" ne passe pas forcément bien sur la toile. Quoi qu'il en soit, Loo Hui Phang signala aussi que ce film lui avait donné envie de réaliser un documentaire sur cette communauté souvent négligée et que de travailler au sein de la communauté qui était la sienne lui avait permis de mieux comprendre une partie des éléments personnels abordés dans sa bande dessinée.
Elle s'est expliquée sur une autre modification de son récit qui tient en l'absence de représentation de "bondage" dans son film. Si cet élément est présent dans l'album, il a été remplacé par des photographies d'hommes et de femmes sans pilosité (ni cheveux, ni sourcils, ni poils pubiens). Elle justifiait son choix par le fait que si le "bondage" pouvait apparaître comme étant dérangeant dans le Japon des années 1920, ce n'était plus autant le cas aujourd'hui. Les photographies présentées dans le film me semblent en effet plus appropriées à l'effet recherché.
Elle n'a, par contre, pas tenu à s'expliquer sur d'autres points plus obscurs de son récit. Elle désire en effet que chacun en retire sa propre interprétation. "Il n'y a pas une vérité unique. J'ai la mienne, je tiens à ce que vous conserviez la vôtre" a-t-elle conclu à cette question.
Il a aussi été intéressant d'écouter le développement de sa réflexion sur les ressorts dramatiques ou comiques de son film. Elle cherche à créer une émotion nouvelle pour le spectateur, une émotion qui la touche elle-même en tant que spectatrice. Elle se refuse à présenter des scènes qui seraient dramatiques dans le seul but d'être dramatiques ou drôles dans celui d'être drôles. Une des scènes de son film présente une repas dans la famille du photographe dont le frère, totalement fou, se prend pour Elvis Presley. La scène fait sourire mais elle met en avant le drame que vit Pu Dchié qui est méprisé par ses parents car il fait un travail indigne (celui de "capteur d'images") alors que ceux-ci vénèrent leur fils dément. Loo Hui Phang mélange ainsi tragédie et humour (sans être vraiment dans l'oxymore) pour créer une émotion décalée et inattendue. J'ai cependant ressenti pleinement cette émotion bien plus au travers de sa bande dessinée que de son film. Il faut dire que le travail de Cédric Manche reste en tout point remarquable. Son dessin et son découpage sont tout simplement parfaits en ce qu'ils perdent totalement le lecteur dans des sensations étranges qui le laissent perplexe tant ce dernier ne parvient à les définir (comme dans Des Chiens, de l'Eau et The End #1 d'Anders Nilsen ou l'Homme sans Talent de Tsuge Yoshiharu).

J'ai cependant bon espoir, au vu de ce premier film, que Loo Hui Phang nous offre bientôt de très belles oeuvres cinématographiques car il est indéniable qu'elle dispose d'un talent certain et d'une approche aussi "fascinante que rigoureuse".

Panorama de Loo Hui Phang, moyen-métrage de 59 minutes, projeté le 1er novembre 2007 dans le cadre du Festival Pink Screens au cinéma Nova (Bruxelles).

Wikipédia (II): Cédric Manche

Et voici une nouvelle page pour Wikipédia: celle de Cédric Manche!
J'en ai profité d'avoir des infos de première main grâce à notre entretien pour la créer sans attendre...

dimanche, novembre 04, 2007

Et de deux !

Les Xeroxed & le Totem (© Xeroxed.be)

Il y a tant de cartons à déballer pour le moment que j'en ai oublié de fêter le deuxième anniversaire du blog! XeroXed.be Forever!



jeudi, novembre 01, 2007

Een beetje van alles (VI): "Panorama", le film

Le film "Panorama" (adaptation cinématographique de l'album éponyme de Cédric Manche & Loo Hui Phang) sera projeté ce jeudi 1er novembre à 17h30 au cinéma Nova (à Bruxelles).

PS: je sais, je m'y prends tard, mais je n'avais pas de liaison internet lorsque l'info est tombée, sorry...